Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Première lecture officielle de Pirls et Pisa
ÉDITORIAL
PISA cherche pizzaiolo
LE SYSTEME
Pour le Sgen Cfdt, Pisa donne l'occasion de changer l'Ecole l PISA : Le Japon catastrophé l Etats-Unis : Les résultats en lecture ne sont pas proportionnels au nombre d'heures de cours l Angleterre : Les évaluations nationales vivement critiquées l Polynésie : Le premier kit d'éducation au patrimoine polynésien l Au Bénin, école des filles et développement marchent ensemble
L’ÉLÈVE
Blocages : La Peep fulmine l Une association milite pour le retour des châtiments corporels l L’enfant dans le monde au Cddp 95 l Une proposition de loi contre les cigarettes bonbons
CITOYENNETE
Prisons : Une situation honteuse
LES DISCIPLINES
Primaire : Les TICE à la une du Nouvel éducateur l Lettres : Publication d'un texte inédit de Stendhal l EDD : Le concours du "Grenelle environnement" au B.O. l Histoire : Histoire et mémoire de la guerre d'Espagne
LES TICE
Autrans 2008 c'est parti
Première lecture officielle de Pirls et Pisa
Il revenait hier à la Depp, direction des études du ministère de l'éducation nationale, de donner une première interprétation officielle des deux grandes enquêtes qui nous occupent depuis une semaine : Pirls et Pisa. Pour la première, la Depp retrouve les analyse de 2001.
L'analyse de Pisa 2006 permet de situer sur des compétences précises les faiblesses françaises. "Les élèves français réussissent mieux dans le domaine des raisonnements scientifiques que dans celui faisant appel à une utilisation des connaissances" relève la Depp. Mais une information mériterait davantage d'analyse : "Entraînant une baisse globale de 17 points entre 2000 et 2006, le pourcentage des élèves de niveaux faible et très faible est passé de 15 à 22% (en moyenne dans l’OCDE on est passé de 18 à 20%), avec dorénavant 8,5% des élèves de niveau très faible, contre 4% en 2000."
Surle Café,lire le compte-rendu de F Solliec
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PISA cherche pizzaiolo
Le silence ministériel sur les résultats de l'enquête Pisa est étourdissant. Il se prolonge maintenant depuis une semaine, quand les premières informations ont filtré dans la presse. Pourtant X. Darcos bénéficie des analyses de la Depp et de celle de l'Inspection générale dans lesquelles il peut emprunter des éléments de sa réponse. Certes il "bénéficie" aussi de l'invitation ferme du Snes à ne pas prendre en compte l'enquête Pisa. Mais cette ligne n'est pas majoritaire dans les organisations syndicales comme en témoignent les déclarations du Snuipp et du Sgen. On s'interroge donc sur les raisons de ce silence, qui, après tout , n'est peut-être que tactique.
Le ministre hésite-il à descendre sur le terrain pédagogique ? Car les analyses venues de son ministère se situent strictement dans ce périmètre. On le voit dans les travaux de la Depp qui isolent des points faibles chez les élèves français. Ainsi leur peur devant les questions, leur difficulté à réutiliser des connaissances etc. Ces observations avaient déjà été faites sur Pisa 2003. Sans que le système soit capable d'y remédier. La défense de la liberté pédagogique peut-elle aller jusqu'à laisser les enseignants ne pas tenir compte de ces travaux ? Ce serait surprenant.
Le ministre hésite-il à aller sur le terrain social ? Car la grande leçon de Pisa c'est la forte progression en nombre des élèves faibles et leur baisse de niveau. Ainsi la Depp révèle que, pour la culture mathématique "le pourcentage d’élèves faibles passe de 18% à 22% et leurs performances chutent de 20 points". En culture scientifique, "les résultats en culture scientifique sont globalement proches de ceux de l’OCDE … Les élèves français sont moins nombreux (78,9 %) que la moyenne des élèves de l’OCDE (80,7 %) à atteindre le niveau 2... Ceci a tendance à tirer les résultats de la France vers le bas de l’échelle globale". Evidemment ce creusement des inégalités sociales à l'Ecole depuis 2003 semble une claque pour les responsables précédents dont certains sont encore aux affaires… Mais nul ne sait quelle est la part de l'Ecole et celle de l'aggravation des inégalités sociales dans le pays dans ces mauvais résultats. Est-ce cette question que l'on doit éviter de poser ?
Pourtant Pisa est aussi une chance pour X. Darcos. Alors que Pisa 2001 et 2003 avaient été accueillies avec scepticisme et résistance dans la profession enseignante, Pisa 2006 participe d'un débat engagé sur l'Ecole. L'enquête peut constituer un levier pour changer l'Ecole. Une certitude : la pisa se mange chaude…
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Pour le Sgen Cfdt, Pisa donne l'occasion de changer l'Ecole
"Ne nous disputons pas autour du thermomètre et attaquons nous aux causes de la fièvre !" Le Sgen-Cfdt prend nettement position devant les résultats de Pisa. "Faut-il s'interroger longuement sur la place exacte du système éducatif français dans un classement international, alors que tous les observateurs de ce système s'accordent pour reconnaître la « panne » dont il est victime depuis une dizaine d'années : coup d'arrêt à l'élévation générale des niveaux de qualification et échec dans la lutte contre les sorties sans qualification".
Le syndicat propose "la reconnaissance des équipes éducatives ; la mise en place d'un système d'évaluation collective des personnels sur la base des projets d'établissement ; une action politique, concertée avec les collectivités locales pour développer la mixité sociale dans les établissements scolaires ; un socle commun ambitieux visant la réussite de tous les élèves".
PISA : Le Japon catastrophé
"Le relâchement de la politique éducative a conduit à plus de mollesse" tonne le porte parole gouvernemental. "Des inquiétudes sont en train de naître quant à l'avenir de notre pays en tant que puissance scientifique et technologique", titre le Yomiuri. Le Japon reste pourtant en tête de Pisa mais il est classé au 10ème rang en maths.
Article Agefi
Etats-Unis : Les résultats en lecture ne sont pas proportionnels au nombre d'heures de cours
Avec 540 points en moyenne dans l'enquête PIRLS, qui mesure internationalement les compétences en lecture des écoliers de CM1, les Etats-Unis pourraient être satisfaits. Après tout nous sommes en France loin derrière, à 522. Mais la presse américaine souligne deux déceptions. La première est sociale. Malgré les efforts de la loi No Child Left Behind, malgré un système dévaluation qui oblige les écoles à faire progresser les minorités, l'écart entre les groupes ethniques demeure : les écoliers "blancs" obtiennent 560 points, soit presque le score maximum, les "noirs" 503, les "hispaniques " 518.
L'autre déception vient de l'écart entre les investissements et les résultats. Les écoliers américains bénéficient maintenant de plus de 6 heures de lecture par semaine, ce qui est nettement plus que la moyenne Ocde. Visiblement tout ce temps ne suffit pas à faire progresser les minorités.
Article Education Week
Angleterre : Les évaluations nationales vivement critiquées
"Au mieux ce classement (des établissements) montre simplement où les riches vivent. Au pire, il démoralise des écoles qui travaillent dur pour apporter une éducation de qualité à des jeunes qui en ont été privés". Sur BBC News, le président du syndicat des chefs d'établissement n'a pas de mots assez durs sur le système national d'évaluation. Pourtant les résultats des tests nationaux pour les écoliers de 11 ans viennent d'être publiés et le gouvernement se félicite d'une montée régulière du niveau dans 54% des écoles. 80% des jeunes ont atteint le niveau attendu.
Le problème c'est que ces bons résultats paraissent quelques jours après la publication de Pisa qui est marquée par une nette dégringolade pour l'Angleterre. Enfin 5 écoles, parmi les plus cotées, ont été convaincues de tricherie. En effet, comme ce classement est utilisé par les familles pour sélectionner leur école, il est important pour les écoles d'être bien classées et une forte pression s'exerce sur les enseignants, particulièrement dans les écoles des quartiers défavorisés. Des incidents similaires se sont produits également aux Etats-Unis.
Article Guardian
Article BBC News
Polynésie : Le premier kit d'éducation au patrimoine polynésien
Selon Tahiti Presse, le kit d'éducation au patrimoine polynésien sera envoyé à toutes les écoles primaires de Polynésie. Réalisé parla Jeune chambre économique de Tahiti, il invite les écoliers à respecter le patrimoine culturel polynésien. Il évoque la biosphère de Kakarava, les instruments de musique traditionnelle, la construction d’une pirogue traditionnelle, la protection du requin, la mise en terre du placenta etc.
Présentation du kit
Article Tahiti Presse
Au Bénin, école des filles et développement marchent ensemble
"Dans le village, la majorité des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Du coup, pour ces familles paysannes, l'école coûte cher. Les parents doivent payer les fournitures, les frais d'inscription, le salaire des enseignants communautaires. Or, le mariage précoce, le travail et la traite des enfants leur rapportent de l'argent. Dès lors, les parents préfèrent ne pas scolariser leurs filles". Larisse Houssou, dans Fraternité, montre excellemment la difficulté à faire progresser la scolarisation des filles dans les villages.
Elle avance grâce à un programme Unicef qui s'appuie sur les mères. L'organisation les alphabétise puis les aide à démarrer des activités économiques grâce à des micro crédits. C'est en changeant la position sociale des femmes que l'ont améliore celle des filles. C'est aussi en amenant les jeunes filles à s'entre aider.
Article Fraternité
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