L'Expresso du 21 Décembre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

20 272 postes aux concours

ÉDITORIAL

Les leçons d'humanité de Paul Le Bohec

LE SYSTEME

24 janvier : 6 fédérations appellent à faire grève l Listes d'aptitude : Les textes sont sortis l Pisa : Pour J.L. Martinand, des conclusions peu significatives  l Maternelle : Le rapport Bentolila veut faire des enfants sages  l Bac pro : Darcos contre la jeunesse populaire ? l L’enseignement agricole public toujours mobilisé

L’ÉLÈVE

Le calendrier du bac

LA CLASSE

Concours Voyageur et citoyen l Un blog en 3ème

LA RECHERCHE

L'école au défi du socle l Peut-on mesurer l'intelligence ?

LES DISCIPLINES

EPS : Des profs bien impliqués l Histoire-Géo : Bac STG l Langue des signes : Epreuve du bac l Professionnel  : La formation continue au Sénat

LES TICE

Faille dans Opera

 

 

Le fait du jour

 

20 272 postes aux concours

Le ministère a publié le nombre de postes mis aux concours d'enseignant.  Au total, la rue de Grenelle propose 20 272 postes, près de 10 000 postes en moins par rapport à 2005.  Dans le primaire, 10 047 postes sont proposés dont 9 359 au concours externe.  Dans le secondaire, les 10 225 postes comptent 1245 postes à l'agrégation externe et 760 à l'interne, 5062 postes au capes externe.

2d degré

1er degre

Surle Café Les concours 2008

 

 

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Les leçons d'humanité de Paul Le Bohec

Foin des éditoriaux dénonciateurs, donneurs de leçons, preneurs de distance ou encore synthétiseurs à problèmes. Qu'on nous permette pour une fois de mettre cet  éditorial au service du témoignage humain, celui de Paul Le Bohec. Retenez ce nom.

 

De lui, Philippe Meirieu écrit : "J'aurais vraiment aimé découvrir cet ouvrage de Paul Le Bohec bien plus tôt. Il m'aurait infiniment aidé aussi bien dans mon travail de recherche que dans mes pratiques d'enseignant". C'est que Paul Le Bohec est d'abord un infatigable chercheur, un libre expérimentateur permanent en matière de pédagogie.

 

Nommé instituteur durant la seconde guerre mondiale, il tombe un peu par hasard sur les ouvrages de Freinet. S'en suit des dizaines d'années de correspondances  et de confrontation avec le maître. Car Paul Le Bohec est un Freinetien convaincu. C'est-à-dire que c'est d'abord un esprit libre, capable d'imaginer ses propres solutions et de s'écarter de  la doxa du maître quand il l'estime nécessaire.  Il remet en question le journal, le conseil, la coopérative mais garde jalousement ses techniques d'expression. "Je n'ai pas toujours suivi Freinet parce que la vie avait changé", nous écrit, dans un mail, à 86 ans, P. Le Bohec. "Par exemple, lors de l'apparition des maths modernes, j'ai compris qu'on ne nous demandait plus de former des calculateurs, mais des  mathématiciens. Cela changeait la donne. Il fallait  se désengluer du réel alors qu'il était à la base des conceptions de Freinet. Ce qui lui avait permis, en son temps, de faire effectuer un pas considérable à la pédagogie".

 

Impossible ici de retracer 60 années d'enseignement, de recherche où P. Le Bohec s'est dévoué à faire progresser les 6 – 9 ans en misant sur les activités d'expression. Le rôle de l'enseignant ? Accoucheur d'enfants ! " Le "freinétien" est dans cette situation" nous dit-il" "le chaos existe en l'enfant. Il faut en faire un monde et réduire ses pulsions à des formes élégantes afin de lui permettre de retirer un  maximum de bénéfices de sa trajectoire particulière de vie".

 

Voilà un livre à méditer. Pour la leçon d'histoire des mouvements pédagogiques qu'il nous donne. Mais aussi pour la leçon d'humanité qu'il partage avec nous. Offrez-vous cette rencontre avec P. Le Bohec !

P.Le Bohec, L'école réparatrice de destins, L'Harmattan, 2007.

 

 

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24 janvier : 6 fédérations appellent à faire grève

La Faen rejoint finalement le camp des grèvistes. Avec elle, la Cgt, la Fsu, l'Unsa, FO et le Snalc appellent à cesser le travail le 24 janvier. Il s'agit de demander une revalorisation salariale.

Communiqué

 

Listes d'aptitude : Les textes sont sortis

Le B.O. du 20 décembre publie les conditions requises pour accéder aux listes d'aptitude d'agrégé, d'agrégé hors clase, de certifiés, de PEPS, de PLP de CE, PEGC et AE.

Au B.O.

 

Pisa : Pour J.L. Martinand, des conclusions peu significatives

"On peut reprendre les messages que la DEPP souhaite faire passer; mais à vrai dire, le sens précis n'est pas net, surtout dans une optique d'évaluation pour des réorientations de politique éducative". Interrogé par le Café sur les analyses portant sur l'enquête internationale Pisa, Jean-Louis Martinand, professeur à l'ENS de Cachan, estime que les conclusions qu'en tire la Depp (Division des études et prospective du ministère) sont "peu significatives et objectives".

 

J.-L. Martinand y voit trois raisons. "Les différences comparatives entre pays sont statistiques et le plus souvent marginales. Il n'est sûrement pas possible de passer directement à des préconisations, qui ont souvent un caractère absolu, et il apparaît risqué de dégager des résultats quelques "faits" avérés. La question de la "culture scientifique scolaire" est appréhendée, ( de manière très diverse selon les pays (même  accompagnée de discours semblables), les réalités de l'éducation scientifiques sont contrastées. Et il y a parfois une forte variabilité dans chaque pays (en particulier le nôtre aujourd'hui, qui voit passer des modifications presque annuelles de programmes et de "dispositifs" éducatifs);  c'est peut-être une des causes de dispersion des résultats pour la France. En tout cas l'enquête PISA était une gageure. Un travail d'"euphémisation" et voire de brouillage de la DEPP sur les résultats de l'enquête; peut-être pour ne pas affoler politiques, enseignants et parents, ce qui est d'ailleurs assez raisonnable, s'agissant de la culture scientifique à 15 ans".

 

Pour JL Martinand, Pisa est l'occasion d'interroger le système éducatif sur son rapport aux sciences. " Il est vraisemblable qu'on risque de passer ainsi à côté de questions majeures; par exemple comment est-il possible, alors que c'est obligatoire depuis 1882 (125 ans), que les sciences et technologie à l'école primaire ne soient pas présentes conformément aux programmes eux aussi obligatoire? Comment est-il possible qu'on puisse à la fois dire que la démarche d'investigation par les élèves est la démarche fondamentale au collège, et que ni les groupes ni les équipements ne soient mis en conformité avec la préconisation? Et finalement de ne jamais élaborer de réponse explicite à la question de savoir ce qu'on peut entendre aujourd'hui en France par "culture scientifique (et technologique) pour tous" à l'issue du collège".

 

Il termine sur une boutade. "Il se trouve que le classement de la France dans la dernière enquête PISA correspond bien au classement de la France pour les salaires des enseignants, qui est un bon indicateur de l'intérêt stratégique porté à l'éducation. En 2003, la France occupe la 21ème position des pays de l'OCDE. De quoi se plaint-on?"

Le dossier Pisa du Café

Article de JL Martinand dans le Café

 

Maternelle : Le rapport Bentolila veut faire des enfants sages

Des enfants qui découvrent "les vertus du silence". Des femmes qui sont d'abord des mères ("Il convient d’insister encore sur l’absolue nécessité qu’une femme puisse conjuguer avec sérénité son travail et son rôle de mère. On ne peut pas condamner un enfant de deux ans à ne voir sa mère qu’une heure à peine par jour pendant la semaine ; on ne peut pas condamner une mère à laisser toute la journée son enfant").  Une école où l'on travaille ("L’école maternelle a souvent privilégié ce qui se voit, s’expose, s’affiche, au plus grand plaisir des parents et des élèves. Le « bien vivre » a parfois pris le pas sur le « bien apprendre »). Le rapport d'Alain Bentolila, que le Café s'est procuré et vous propose de lire,  donne d'abord avec générosité les leçons de morale. Au risque de flirter parfois avec le mépris, par exemple quand il décrit ces parents : "On peut espérer, peut-être, que les parents, au lieu de n’avoir comme principal sujet de conversation la dernière exclusion de « La ferme des célébrités » ou de la Star Académy, pourront parler avec leurs enfants et entre eux de la beauté de certains poèmes ou de l’énigme de tel ou tel récit".

 

Mais alors où est l'école maternelle, objet du rapport demandé par Xavier Darcos ? Pour A. Bentolila, l'école maternelle est en perdition. "L'école maternelle vit aujourd’hui sur ses acquis. Suivie par la quasi-totalité des enfants bien que non-obligatoire, surpeuplée, elle fait illusion aux parents… Elle fait illusion à certains enseignants qui pensent créer une pédagogie active et efficace fondée sur l’interaction, la participation, l’action en classe…. A trop vouloir faire de l’école maternelle une école « autre », on risque de contribuer - par endroit - à en faire « autre chose » qu’une école… Les séquences où l’apprentissage s’effectue sous le contrôle attentif et lucide de l’enseignant sont en fait extrêmement réduites".

 

Il faut donc préparer le jeune enfant à ce qu'est la vie d'un écolier et d'abord lui donner le goût du travail scolaire. "Il faut qu’il accepte le fait que le plaisir de lire est au bout d’un apprentissage qui sera parfois aride". Le jeune devra affronter les grands textes. "Tous les textes ne se valent pas et qu’il en est de superbes et de fort médiocres. En la matière, la « modernité » n’est pas toujours une garantie ; certains textes et poésies classiques charmeront les oreilles et les esprits de jeunes enfants plus sûrement que certains albums de littérature jeunesse. En bref, l’école maternelle doit commencer à créer les fondements d’un patrimoine littéraire de qualité". A vrai dire aucune référence ne vient appuyer ces prises de position.

 

Les recommandations vont donc dans le sens de la tradition. Il faut "que la maternelle (soit) une école à part entière et non « entièrement à part » en rendant obligatoire la scolarité dès trois ans révolus.  Présenter clairement les objectifs prioritaires de l’école maternelle et détailler pour chacune des trois années des programmes et les progressions spécifiques. Se désengager progressivement de la scolarisation à deux ans".

Sur le Café, le rapport (enpdf)

 

Bac pro : Darcos contre la jeunesse populaire ?

"Quand la jeunesse