L'Expresso du 7 Janvier 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

L'Unesco s'engage pour les Tice

ÉDITORIAL

2008 : Le "nouveau métier" ?

LE SYSTEME

Carte scolaire : Ce que nous apprend l'exemple belge l 2008 : Le ministre noté  l Deux semaines d'éducation résumées l Pas d'école Jack Lang

L’ÉLÈVE

Bac : Modification des épreuves anticipées l En Angleterre, le podcast vaut la dissert

LA CLASSE

Le programme du Forum Retz Le Monde

LA RECHERCHE

PédagoPsy, le nouveau site de J. Nimier l Décrochage : Le quartier pas seulement l'école

CITOYENNETE

Sarkozy et l'Eglise

LES DISCIPLINES

Maternelle : La directrice et le rapport Bentolila l Histoire – Géo : 15% des élèves de 3ème n'acquièrent pas les bases l Cinéma : Le Prix Cannes 2008

LES TICE

Angleterre : Les profs "trous de sécurité" dans les fichiers élèves l Faille dans Real Player

 

 

Le fait du jour

 

L'Unesco s'engage pour les Tice

"Les Standards de compétences TIC des enseignants offriront un outil qui aidera les décisionnaires politiques et les développeurs de formation pour les enseignants à organiser leur utilisation des technologies de l’information et de la communication". L'Unesco présentera le 8 janvier à Londres ses directives pour l'intégration des Tice à l'enseignement à une centaine de ministres de l'éducation.

 

Selon le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, "ces standards consistent en des modules qui aideront les formateurs à hiérarchiser leurs besoins et à concevoir des programmes adaptés à des besoins et des ressources spécifiques, reflétant la conviction de l’UNESCO que les pays doivent piloter l’organisation éducationnelle". Les standards sont déjà proposés en ligne et un site Internet permettra un suivi des formations proposées dans les pays.

 

La démarche de l'Unesco vise d'abord à sensibiliser les gouvernements à l'importance de l'enjeu. "Les enseignants doivent être préparés à permettre aux étudiants de s'emparer des avantages que la technologie peut apporter". Concrètement, l'organisation a ciblé des compétences que les enseignants doivent acquérir. Par exemple, "savoir quand et comment utiliser les tice en classe", "utiliser les tice en classe entière ou en groupe", "acquérir des savoirs pédagogique sur le web", "être capable d'aider ses collègues", "être capable de créer des communautés virtuelles pour apprendre continuellement". Une dernière partie ouvre des pistes pour monter des formations professionnelles capables d'atteindre ces objectifs.

Le communiqué Unesco et l'accès aux standards

 

 

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2008 : Le "nouveau métier" ?

Ce sera sans doute l'événement principal de l'année pour le million d'enseignants que compte la France :le rapport de la commission Pochard sur le métier d'enseignant, attendu fin mars, et les décisions qui le suivront.

 

A l'évidence, elles arriveront dans un contexte défavorable pour les enseignants. Alors que la commission doit statuer sur la rémunération et les conditions d'exercice du métier, le cadre budgétaire est déjà voté et laisse peu d'ouverture si ce n'est du côté du "travailler plus" et des heures supplémentaires. Pire encore, l'accumulation de mauvais résultats du système éducatif français aux enquêtes internationales (Pisa, Pirls) peut être exploitée politiquement pour imposer des réformes violentes. Enfin l'Ecole est sous la pression constante de lobbys réactionnaires particulièrement influents à droite (même quand ils se réclament de l'extrême-gauche !) qui peuvent faire craindre tous les dérapages.

 

On sait pourtant que le métier d'enseignant est pénible. Selon le ministère, le professeur du secondaire travaille 39 h 47 par semaine. Aux 18h 46 d'heures d'enseignement, s'ajoutent 21 heures consacrées aux préparations, corrections, suivi des élèves,  rencontres avec les parents ou encore réunions avec les collègues. Le rappel de ces chiffres, la pénibilité des heures de cours affirmée par 83% des enseignants, montrent d'ailleurs les limites du slogan "travailler plus pour gagner plus". La pénibilité du métier est aussi liée à l'isolement de l'enseignant, à l'émiettement des temps de formation, au climat scolaire souvent lourd dans nombre d'établissements. Les experts ont pu mettre en avant une complexification croissante du métier, liée aux réformes, génératrice d'un "malaise enseignant" que les études officielles confirment.  Selon une étude de l'Esen, "9 enseignants sur 10 reconnaissent l'existence d'un malaise interne. 6 sur 10 se sentent personnellement concernés". Il touche particulièrement les enseignants les plus expérimentés, le cap des 20 ans de métier étant déterminant".  Pour C. Maroy, "les enseignants vivent des sentiments de déprofessionalisation ou de tensions entre leurs orientations normatives et celles des politiques… La surcharge de travail peut aussi être paradoxalement liée dans ces contextes aux tentatives des enseignants de satisfaire simultanément les demandes officielles et leurs propres conceptions du métier".

 

C'est dire qu'en isolant la question du métier d'enseignant de celle plus générale de l'Ecole, la démarche gouvernementale ajoute à ces contradictions et à ces tensions. A quoi bon augmenter le temps de présence des enseignants dans les établissements si, en même temps, on ne vise pas la démocratisation scolaire c'est-à-dire le collège unique ? A quoi bon imposer aux enseignants de vrais travaux d'orientation scolaire si on accentue la ségrégation et la sélection scolaire ? Comment "professionnaliser" le métier en vantant le modèle du prof traditionnel et l'enseignement frontal ? Comment réformer la formation des enseignants sans aborder la question des publics scolaires, des savoirs à transmettre et de l'école démocratique ?

 

Faut-il s'en tenir au statu quo ? Dans ces conditions la tentation est forte de se cramponner à l'existant et de refuser tout changement. Cette position est pourtant intenable. D'abord parce que les valeurs de l'Ecole imposent qu'elle poursuive sa démocratisation ce qui aujourd'hui passe par sa transformation radicale. D'autre part parce qu'il serait inacceptable de perpétuer le "malaise enseignant". Enfin parce qu'une réforme bien menée doit pouvoir dégager les moyens qui lui sont nécessaires même dans un cadre budgétaire contraignant. Entre toutes ces exigences, cherchons la route.

Sur le Café, conférence surle métier

La commission

 

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Carte scolaire : Ce que nous apprend l'exemple belge

Il y a quelques semaines les médias belges, et même au-delà, montraient les queues formées à la porte de quelques écoles de la Communauté française de Belgique par des parents souhaitant inscrire leur enfant. Dans ce pays où les parents disposent d'un libre choix total de l'école, ce phénomène résultait de l'application d'un nouveau texte qui oblige les établissements scolaires à ouvrir le même jour un registre d'inscription numéroté afin de lutter contre les discriminations. La mesure vise à  obliger les écoles à mettre fin à la sélection et à prendre les enfants par ordre d'arrivée. Quelques semaines plus tard, Benoît Galand (UCL) publie, sur le site de l'association  Changements pour l'égalité, une étude sur les "inscriptions scolaires et la mixité sociale".

 

Pour nos lecteurs belges, soulignons que l'étude apporte une étude très fine des refus d'inscription. "La réputation de l’école dont est issu l’élève et le bulletin constituent les principales sources de « priorisation » des inscriptions dans certaines écoles, viennent ensuite l’origine sociale et ethnique" écrit B. Galand et il rapporte plusieurs cas de discrimination ethnique ou sociale qui justifient la démarche de la Communauté française.

 

Mais plus généralement, l'étude de B. Galand donne à voir ce que peut être un système éducatif où n'existe aucune carte scolaire et qui garantit aux parents la liberté totale de choix. Une situation que la France va connaître à la rentrée prochaine. Le libre choix peut-il avoir un impact sur la mixité sociale à l'école ? B. Galand montre que "concernant les établissements scolaires, le libre choix des familles a pour conséquence de les mettre en concurrence pour capter les élèves…Plus précisément, les recherches en sciences de l’éducation montrent que cette mise en concurrence a généralement pour effet d’inciter les écoles à sélectionner les publics les plus rentables" c'est-à-dire les élèves les mieux adaptés àl'Ecole, c'est-à-dire généralement ceux des milieux favorisés. Le mouvement est renforcé par les démarches des parents de milieu défavorisé. "Schématiquement, les parents peu ou pas scolarisés et/ou vivant dans une certaine précarité économique tendent à privilégier le critère de proximité, l’école du quartier". Sans dispositif compensateur, le libre choix augmente la ségrégation scolaire. La Belgique réussit d'ailleurs, Pisa 2006 l'atteste, à être encore plus inégalitaire que l'école française.

 

Quels correctifs apporter ? Imposer la tenue de registre d'inscriptions, pour la raison qui vient d'être donnée, semble insuffisant à B. Galand. Alors la discussion se porte en Belgique sur d'autres solutions. D'abord la "gestion collective des préférences" c'est-à-dire une gestion par bassin scolaire. Ensuite un financement modulé selon le degré de mixité sociale.  Enfin "la création d’un véritable tronc commun dans les premières années du secondaire. L’idée centrale est d’offrir à tous les élèves une véritable formation commune qui ne soit pas calquée sur la filière générale, mais prépare à l’ensemble des filières, ce qui en fait une structure scolaire permettant davantage des choix positifs et un véritable travail d’orientation progressive".

 

Ce qu'apporte l'étude de B. Galand c'est la confirmation que la mesure envisagée par le gouvernement français pour lutter contre la ségrégation sociale qui accompagne le retrait de la carte scolaire, à savoir la priorité donnée aux boursiers dans le choix de l'établissement, a peu de chance d'être efficace.

L'étude

 

2008 : Le ministre noté

Le Monde annonce que les ministres du gouvernement Fillon seront évalués par le cabinet d'audit Mars & Co. "Sur la feuille d'évaluation de Xavier Darcos", écrit le quotidien, "on trouve le nombre d'heures supplémentaires réalisées par les enseignants et l'ancienneté des enseignants en zep". La première mesure est à lier à la réduction des postes d'enseignants, la seconde à l'installation de véritables équipes pédagogiques en zep. A partir de ces critères, que vise X. Darcos : redoubler ou monter en classe supérieure ?

Article du Monde

 

Deux semaines d'éducation résumées

Durant les vacances, le Café a maintenu sa veille. Deux numéros de l'Expresso ont été publiés. Parmi les nouvelles importantes : le rapport sur la série S, le rapport Gross sur l'éducation artistique et culturelle, le nouveau calendrier du bac et ses conséquences, la réforme du B2i. Le Café a publié également pendant les vacances "le Guide 2008 du web pédagogique" et un entretien vidéo avec Nathalie Mons.

L'Expresso du 3 janvier

L'Expresso du 28 décembre

 

Pas d'école Jack Lang

Selon Le Figaro, le tribunal administratif de Lille a annulé la décision du conseil municipal de Beuvry-la-Forêt<