Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Formation des enseignants : le projet ministériel l L'avis de Philippe Meirieu l Les réactions syndicales à la formation des enseignants
ÉDITORIAL
Le pilotage par l'évaluation survivra-t-il à Bush ?
LE SYSTEME
Le rapport Besson confirme la rénovation de la voie professionnelle l Selon l'Apses, le rapport Guesnerie craint la sociologie l Ballet de signatures pour une réforme du lycée l L'Ageem en congrès l Freinet fait l'internationale l Nantes : Une chaîne humaine contre les mesures Darcos.
L’ÉLÈVE
La CFDT demande une conférence nationale sur les rythmes de l'enfant l Le report d'une formation à distance suscite le trouble l Bachelot : Téléphoner avec discernement l Kouchner contre Sarkozy à propos des études à l'étranger
LA CLASSE
Fournitures : l'inspecteur PEEP mène l'enquête…
LA RECHERCHE
Télévision et éducation : liaisons dangereuses
LES DISCIPLINES
E.D.D. : L'Allemagne ouvre le premier site mondial de stockage de CO2 l E.P.S. : La parole aux néotitulaires
Formation des enseignants : le projet ministériel
Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont présenté le 2 juillet devant le conseil des ministres une communication sur la réforme du recrutement des enseignants.
"Le principe de concours nationaux est réaffirmé… La distinction entre le Capes et l’agrégation est maintenue" ont annoncé les ministres. Le concours aura lieu après l'obtention d'un master." Tout étudiant inscrit en deuxième année de master ou ayant déjà validé celui-ci pourra donc se présenter aux nouveaux concours de recrutement".
S'agissant de la professionnalisation, un sujet qui mobilise les formateurs, les ministres ont défini le contenu du concours et de la formation. "Les nouveaux concours comprendront trois types d’épreuves destinées à évaluer la culture disciplinaire, la capacité à planifier et organiser un enseignement et la connaissance du système éducatif… Pour préparer les étudiants à leur futur métier, les universités proposeront des parcours de master qui devront comporter une prise de contact progressive et cohérente avec les métiers de l’enseignement. Elle pourra commencer au cours des études de licence et comprendre des stages d’observation et de pratique accompagnée en école, en collège et en lycée. Dès leur première année d’exercice, les lauréats des nouveaux concours seront mis en situation d’enseignement à temps plein avec l’aide et le soutien de professeurs expérimentés. Des actions de formation spécifiques leur seront offertes en dehors du temps scolaire. A l’issue de cette année, le professeur fonctionnaire stagiaire pourra être titularisé après avoir été inspecté". On notera que les IUFM, réformés il y a un an seulement, n'apparaissent plus. Rayés du vocabulaire…
Enfin les ministres ont confirmé le calendrier : la première session du concours aura lieu en 2010.
Communiqué
L'avis de Philippe Meirieu
"Les épreuves des concours de recrutement seront organisées autour de trois types d’épreuves « destinées à évaluer la culture disciplinaire, la capacité à planifier et organiser un enseignement et la connaissance du système éducatif ». Où est la pédagogie là-dedans ? Que fait-on des connaissances indispensables de psychologie de l’enfant et de l’adolescent, des apports de la sociologie qui permettent de comprendre certains aspects des difficultés scolaires des élèves ? Où est l’histoire des doctrines pédagogiques sans laquelle nous sommes condamnés à réinventer perpétuellement l’eau tiède ? Où est la philosophie de l’éducation et la réflexion éthique, le travail en équipe et avec les familles ?" Ancien directeur de l'IUFM de Lyon, co-auteur, avec Xavier Darcos, d'un ouvrage sur l'Ecole, Philippe Meirieu est un expert reconnu du système éducatif. Il livre ses impressions aux lecteurs du Café pédagogique.
Lire la tribune de P. Meirieu
Les réactions syndicales à la formation des enseignants
Les syndicats ont pris position sur cette déclaration gouvernementale. Le Sgen Cfdt "note, avec satisfaction, que les concours ne porteront pas sur la seule culture des disciplines" mais exprime son désaccord " sur les deux points suivants : la possibilité d'un prérecrutement au niveau licence n'est pas retenue ; l'entrée dans le métier à « temps plein » ne laisse aucune place à la poursuite de la formation".
Le Snuipp est plus critique. Il y voit "la volonté du ministère de l' Education Nationale de se désinvestir de la formation initiale des enseignants. Elles conduisent à supprimer une année de formation professionnelle rémunérée et surtout à économiser environ 11000 postes de professeurs d'école stagiaires". Mais pour le Snuipp, ce projet met en danger la formation professionnelle. "L'existence des IUFM, le rôle des IMF (maitres formateurs) comme la dimension professionnelle de la formation sont complètement absents du projet gouvernemental. Dans ces conditions,… les critiques et les insuffisances de la formation actuelle risquent d' être amplifiées par une « mastérisation » menée au pas de charge et qui privilégierait les connaissances académiques… Le SNUipp rappelle qu’enseigner est un véritable métier qui s’apprend. Une bonne formation d’enseignant doit conjuguer la maîtrise des savoirs disciplinaires et professionnels en s'appuyant sur la recherche".
Et puis il y a des inquiétudes immédiates : "La disparition de l’année de formation professionnelle à l’IUFM se traduira-t-elle par une forte baisse du nombre de postes au concours 2009 des professeurs des écoles ? Comment les stages de Formation continue et les décharges de direction actuellement effectués par les stagiaires seront-ils assurés à partir de 2010 ? Quel avenir pour les maîtres-formateurs ?" En conséquence, le Snuipp demande un débat public et un moratoire sur cette mesure.
Le Snes n'avait pas fait connaître son opinion mercredi soir.
Sur le Café le dossier formation des enseignants
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Le pilotage par l'évaluation survivra-t-il à Bush ?
Est-ce la fin de la loi No Child Left Behind (NCLB) ? Alors que le président Bush prépare ses adieux, une des mesures phares de sa présidence est fortement modifiée. La ministre fédérale de l'éducation, Margaret Spellings vient d'annoncer que 6 états pourront déroger à la loi.
Cette loi impose, en échange de subventions fédérales, une batterie de tests à tous les établissements scolaires de façon à détecter les "bons" et les "mauvais" établissements. Ceux-ci doivent remédier à leurs faiblesses ou disparaître. Cette mesure illustre la nouvelle idée de la droite américaine : piloter le système éducatif grâce à des batteries de tests évaluant en permanence des établissements pris à la gorge. Les questions pédagogiques sont écartées, la pression des tests et la concurrence entre établissements sont censés améliorer le système c'est-à-dire, selon les initiateurs de la loi, profiter aux écoles des quartiers défavorisés, obligées de progresser ou fermer.
L'étau vient de se desserrer d'un coup. Six états, l'Ohio, la Floride, la Géorgie, l'Indiana, l'Illinois et le Maryland, viennent d'obtenir des dérogations à l'application stricte des mesures de NCLB, jugées trop rigides. Ainsi la Floride pourra envoyer des professeurs expérimentés dans les écoles n'atteignant pas les objectifs fixés (les "failing schools"), au lieu de les fermer. Le Maryland pourra remplacer les chefs d'établissement. En Géorgie les écoles à mauvais résultats pourront être transformées en "charter schools", des écoles publiques mais au fonctionnement dérogatoire.
Le pilotage par les tests (l'accountability) avait déjà été contesté sur le fond. Récemment une étude du Center on Education Policy avait mis en doute l'efficacité de ces tests. Si les résultats s'améliorent est-ce parce que les élèves ont vraiment progressé ou parce qu'ils savent mieux faire les tests ?
Les nouvelles mesures critiquent l'application de la loi. Mais ce faisant elles mettent en doute le système d'évaluation tout entier. Déjà 10 autres états demandent également des dérogations. L'Amérique serait-elle en train de tourner la page de l'accountability ?
Article d'Education Week
Sur le Café L'étude du CEP
Sur le Café, une autre étude récente
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Le rapport Besson confirme la rénovation de la voie professionnelle
Comment s’insèrent les 240 000 jeunes issus de l’enseignement professionnel, apprentis et lycéens ? Le rapport sur l’employabilité des jeunes d’Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, présenté à la presse le 2 juillet, fait valoir la position favorable des apprentis, la bonne insertion des bacheliers professionnels et l’adéquation entre formation et secteur d’insertion en début de carrière.
Xavier Darcos et Eric Besson considèrent donc que ce rapport confirme l’intérêt du bac pro en 3 ans, pour lequel 56 000 places supplémentaires sont proposées à la rentrée 2008.
Le reportage de F. Solliec
Sur le Café, bac pro fin de la bataille
Selon l'Apses, le rapport Guesnerie craint la sociologie
"Trop abstraite, trop déterministe, trop compassionnelle". Selon l'Apses (association des professeurs de ses), qui s'est procuré le document qui doit être remis aujourd'hui à Xavier Darcos, le rapport Guesnerie critiquerait la sociologie. "La commission (Guesnerie) refuse de trancher sur les bienfaits de l’appariement de plusieurs sciences sociales au sein d'un même enseignement au lycée. L’APSES rappelle que l’association des savoirs et méthodes de l’économie et de la sociologie dans l’enseignement secondaire est féconde pour les lycéens. La nécessité de cette association doit interdire l’éclatement des SES en deux enseignements distincts, l’un de science économique, et l’autre de sociologie".
On sait que la commission Guesnerie a été créée pour évaluer les programmes et les manuels de SES sévèrement attaqués par les milieux conservateurs.
Or pour l'Apses, "Si l'APSES partage bien évidemment le souci de neutralité de tout enseignement, il ne s’agit pas pour autant d’occulter la présenta