L'Expresso d'été du 8 Août 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Le Conseil constitutionnel valide la loi sur le SMA

ÉDITORIAL

Les fruits amers de l'évaluationnite

LE SYSTEME

Les programmes du collège au Journal Officiel l Au J.O. des universités, la France en queue de peloton l Pas d'accord sur l'indemnité de retraite des profs du privé l Solidarité laïque privé de moyens.

L’ÉLÈVE

L'ARS versée le 20 août l Tout sur l'orientation après la 3ème l L'oiseau de Mona

LA CLASSE

Primaire : Mettre les TICE au service des apprentissages

LA RECHERCHE

Le principe d'hospitalité

CITOYENNETE

Edvige mobilise l L'évolution du Conseil supérieur de la magistrature

LES DISCIPLINES

Acquis et pratiques en histoire-géo l Enseignement du chinois l Economie : d'un siècle à l'autre l Ampère

LES TICE

Ludovia, Le rendez-vous du multimédia ludo-éducatif l Un faux navigateur

 

 

Le fait du jour

 

Le Conseil constitutionnel valide la loi sur le SMA

Le service minimum d'accueil des élèves dans les écoles primaires est bien conforme à la constitution. Le Conseil constitutionnel a écarté sans ambiguïté les réserves portées par les parlementaires socialistes.

 

Le Conseil a écarté les critiques touchant le respect du droit de grève : "la reconnaissance du droit de grève ne saurait avoir pour effet de faire obstacle au pouvoir du législateur d’apporter à ce droit les limitations nécessaires en vue d’assurer la continuité du service public qui, tout comme le droit de grève, a le caractère d’un principe de valeur constitutionnelle" estime le Conseil qui se réfère au service minimum des transports.

 

Le Conseil entend aussi apporter des limites à la concession faite par le gouvernement à propos de la déclaration préalable des grévistes :  "cet accord ne saurait conduire à ce que la transmission de ces déclarations soit assurée par les organisations syndicales ni avoir pour effet d'entraver la liberté de chaque enseignant de décider personnellement de participer ou non à la grève".

 

Enfin le Conseil "a jugé que l'article 9 de la loi a suffisamment déterminé le niveau des ressources accompagnant la création de ce service public d'accueil. Dès lors il a rejeté le grief fondé sur l'article 72-2 de la Constitution qui impose que toute création ou extension de compétences des collectivités locales, ayant pour conséquence d'augmenter leurs dépenses, soit accompagnée de ressources déterminées par la loi".

 

Xavier Darcos s'en félicite et estime que la loi "permet de réaliser un juste équilibre entre l’exercice du droit de grève et la garantie d’un service d’accueil effectif pour tous les enfants scolarisés à l’école primaire".

 

Pourtant la loi cumulait l'hostilité des syndicats d'enseignants et des administrations locales. Pour les professionnels de l'éducation de l'Andev (association des directeurs de l'éducation des villes), le texte reste "problématique". " En demandant aux communes de prendre la responsabilité d'un temps d'enseignement", note l'Andev, "l'Etat fait preuve de son incapacité à gérer lui même le service public d'Education Nationale lorsque celle-ci est en crise. Dès lors, les communes s'inquiètent de devoir petit à petit se substituer à l'Education Nationale : aujourd'hui pendant les grèves, demain pour remplacer les enseignants absents, après demain pour recruter des directeurs d'école". Cette position a été confortée par l'Association des Maires de France qui avait fait connaître son opposition au texte.

 

Pour Gilles Moindrot (Snuipp), contacté par le Café, "cette décision est sans surprise, elle réitère l'avis que le Conseil constitutionnel avait donné à propos du service minimum dans les transports". Mais "des interrogations demeurent : le service d'accueil se substituera-t-il aux remplacements ? Ne sera-t-on tenté d'utiliser l'obligation de déclaration pour exercer des pressions sur les enseignants qui voudraient faire grève ?" La question de la responsabilité des enseignants dans les écoles restées ouvertes lui semble aussi se poser : "ne sera-t-on pas tenté en cas de problème de transférer la responsabilité de la municipalité vers le directeur ou les maîtres non-grèvistes ?"

La décision du Conseil

Dans le Café, "le droit de grève en danger ?"

 

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Les fruits amers de l'évaluationnite

Peut-on apprendre de ses voisins ? Si oui, la vague de mécontentement qui accompagne la publication des tests de fin de primaire en Angleterre devrait nous être utile au moment où, à notre tour, nous sommes touchés par la tentation du pilotage par l'évaluation. Rappelons que l'Angleterre applique depuis plusieurs années les bases d'un système qui s'annonce en France : tests nationaux, suivis par la publication de leurs résultats pour chaque école, libre choix de l'établissement par les parents sensé sanctionner les "mauvaises écoles" et les pousser à s'améliorer.

 

Cette année, les tests de fin d'école primaire ne satisfont que le ministre des écoles. Il relève que 81% des élèves ont atteint le niveau attendu en anglais (+1%), 78% en maths (+1% aussi). Pour le ministre c'est 100 000 enfants en plus qui ont atteint un niveau correct en anglais par rapport à 1997, 90 000 en maths.

 

Mais pour la première fois des voix s'élèvent pour contester les évaluations. C'est le cas des parents qui se plaignent des   retards : tous les tests ne sont toujours pas corrigés. Cela jette un doute sur les résultats : les tests manquants sont-ils susceptibles de modifier les scores, et donc le classement des écoles ?

 

Le syndicat des chefs d'établissement s'inquiète de certains résultats.  Si les objectifs fixés par le gouvernement sont bien atteints (81% au niveau 4 en anglais par exemple), les résultats montrent une baisse sensible du nombre d'élèves ayant atteint le niveau supérieur 5 : 29% au lieu de 34% en anglais par exemple. Comment expliquer ces évolutions divergentes ?

 

Selon le Guardian, 90% des écoles mettraient en doute la valeur des tests. Pire : les chefs d'établissement craignent que les tests aient un effet négatif sur l'enseignement. "Le niveau 4 est le repère pour le gouvernement. Il y met tout son poids. Le niveau 5 est moins important pour les écoles. Tous les efforts vont sur le niveau 4". Pressés à obtenir davantage d'élèves au niveau 4, les enseignants s'occuperaient prioritairement des élèves médiocres et s'occuperaient moins des meilleurs et des plus faibles. Ils travailleraient pour les tests.

 

Ainsi, les tests d'évaluation, dont on nous dit qu'ils vont améliorer le niveau, y compris dans les écoles en difficulté, sont accusés en Angleterre de le baisser. Cet appauvrissement de l'enseignement, également constaté aux Etats-Unis, perturbe nos voisins. Saurons nous renoncer aux idées simples en éducation ?

Article du Guardian

Les résultats sur BBC News

Dans le Café, l'Angleterre remet en question l'évaluation

 

 

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Les programmes du collège au Journal Officiel

Cinq arrêtés publiés au Journal Officiel du 5 août fixent les nouveaux programmes d'enseignement du collège pour le français, les maths, la physique-chimie, les SVT et la technologie (réunis !), l'EPS, les arts plastiques et l'éducation musicale, l'histoire-géo.

 

Ils entreront en vigueur  en sixième à la rentrée 2009, en 5ème à la rentrée 2010, en septembre 2011 pour les 4èmes et enfin en 2012 pour ceux de troisième. Avec une exception : les programmes de sciences (maths, physique chimie, SVT, technologie) qui entrent tous en application en 2009 ("Les dispositions du présent arrêté entrent en application à la rentrée de l'année scolaire 2009-2010"). Les programmes seront publiés au B.O. du 28 août.

 

Les nouveaux programmes ont fait l'objet d'une consultation des enseignants et ont suscité des critiques. Les plus fortes portent sur le programme de français jugé excessivement traditionaliste par l'AFEF (association française des professeurs de français). " C’est bien la tradition la plus pure qui se trouve à l’honneur, à tel point que nous pourrions, dans certains axes des programmes, avoir l’impression d’être de retour dans les années 60-70" déclarait au Café Viviane Youx.

Sur Eduscol les nouveaux programmes

L'arrêté pour le français

Maths physique-chimie SVT technologie

EPS

Arts plastiques éducation musicale

Histoire-géo éducation civique

Dans le Café, les programmes de français

Dans le Café, le Sac de plage

 

Au J.O. des universités, la France en queue de peloton

Le célèbre classement de Shanghai est cruel. Sur les 500 premières universités mondiales, 9 seulement sont françaises. 5 concernent les sciences et les maths, 2 la technologie et l'informatique, 1 la médecine, 1 les sciences de la vie. Aucune université française ne fait partie du classement des sciences sociales. Trois établissement français seulement se glissent dans le top 100 : Paris 6 (42ème rang), Paris 11 (49ème) et l'ENS Paris (73ème). La France se retrouve derrière les Etats-Unis (308 universités sur 500), le Royaume-Uni (50) mais aussi le Japon, la Suisse (11), l'Allemagne (20), les Pays-Bas (15), Israël (10) ou la Chine (10).

 

Réalisé par l'université des communications de Shanghai, le classement tient compte du nombre de prix Nobel, des articles publiés dans les revues scientifiques et des dépenses de recherche. Des critères critiqués mais qui reflètent la puissance des établissements de haut niveau.