L'Expresso du 2 Octobre 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Avec le Snuipp la pédagogie entre en résistance

ÉDITORIAL

Un acte illégitime

LE SYSTEME

Lycée : Le Snes précise son hostilité à la réforme l Le Snuipp demande le maintien de tous les RASED l Les Rencontres nationales de l'éducation l La FSU appelle à la grève le 7 octobre l SMA : Des maires boycottent la loi l Plusieurs établissements du 93 en grève.

L’ÉLÈVE

Une synthèse sur l'orientation et l'insertion professionnelle l Un DVD pour oser l'intégration d'un enfant handicapé mental

LA CLASSE

Les rencontres du Sgen Nord Pas-de-Calais

LA RECHERCHE

L'école et son contrôle

LES DISCIPLINES

Edugéo pour enseigner la géographie avec le numérique l Un Anti-manuel pour éviter les fautes d'orthographe l E.D.D. : Les eaux profondes auscultées dans l'Atlantique

 

 

Le fait du jour

 

Avec le Snuipp la pédagogie entre en résistance

"Pour le SNUipp, le ministère ne peut se contenter du « débrouillez-vous » actuellement à l’œuvre, mais doit permettre et favoriser l’échange d’expériences entre équipes, la communication des résultats de la recherche pédagogique et  leur publication". Le syndicat du primaire vient de mettre en ligne les documents d'accompagnement des programmes de 2002 supprimés par le ministère des sites officiels.

 

Il s'agit de documents sur le repérage des difficultés des élèves, l'enseignement de la lecture, les troubles du langage, l'enseignement scientifique. Pour le Snuipp, "interdire l’utilisation et la publication d’un document conçu dans le cadre de « La main à la pâte », initiée par Georges Charpak, pour favoriser l’enseignement des sciences à l’école témoigne d’un obscurantisme que l’on croyait révolu".

 

Le SNUipp, qui juge la décision ministérielle "affligeante", "condamne vivement cette attitude qui va à l’encontre de la liberté pédagogique et qui témoigne d’un profond mépris des enseignants et de leur travail". Il "rappelle qu'il sera toujours aux côtés des enseignants qui innovent, cherchent à améliorer leurs pratiques pédagogiques, s'approprient les résultats de  la recherche et explorent des chemins qui favorisent la réussite de tous les élèves".

 

Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp, interrogé par le Café, souligne que "c'est la première fois que des documents professionnels produits par le ministère et pas critiqués sont retirés". Il a demandé, en vain, au ministre de maintenir ces documents, publiés et édités par le ministère, en ligne. "Pour notre organisation syndicale", continue G. Moindrot, "attachée à l'innovation pédagogique et au lien avec la recherche, on estime que c'est scandaleux de priver les enseignants de documents qui ont fait leur preuve. Il y a la volonté de tirer un trait sur la réflexion pédagogique. A la place il y a rien. C'est débrouillez-vous !".

 

G. Moindrot rappelle que "les nouveaux programmes ne fixent que des objectifs. Donc ces documents restent intéressants au point de vue pédagogique". Pour lui, ce retrait relève d'une "vision idéologique". Il déplore que "les efforts produits par les formateurs en faveur d'une évolution pédagogique soient bannis du ministère sous la pression de lobbys qui considèrent qu'il n'est pas besoin d'être pédagogue pour enseigner. Ces conceptions n'ont pas à être les seules en vigueur au ministère. Au contraire le ministère devrait animer la réflexion pédagogique et divulguer la recherche pour le plus grand bien des élèves"

 

Plusieurs lecteurs avaient attiré notre attention sur la disparition progressive de ces documents sur les sites ministériels. Des enseignants avaient spontanément mis en ligne sur leur site personnel ces travaux recherchés par leurs collègues.

Communiqué du Snuipp

Les documents

 

 

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Un acte illégitime

On aurait tort de voir dans la suppression soudaine des documents d'accompagnement des programmes de 2002 sur les sites officiels et dans la réaction du Snuipp un incident secondaire pour l'histoire de l'Ecole. Bien au contraire il s'agit d'un tournant révélateur et peut-être même fondateur d'un nouvel ordre des choses.

 

Le fait que spontanément des professeurs des écoles aient marqué leur attachement à ces documents en les abritant sur leur site personnel illustre à quel point ils font partie de la mémoire professionnelle. C'est que, à la différence des programmes 2008, ils se situaient au point d'équilibre entre la  volonté de diffuser les travaux des chercheurs et celle de faire consensus. En ce sens ils sont apparus en leur temps comme fondateurs. Même si de nombreux exemples montrent que les relations entre les chercheurs et les organisations syndicales sont souvent complexes, le Snuipp ne s'y est pas trompé, choisissant de défendre des documents qui font partie de la culture professionnelle de référence.

 

La position du ministère, si elle est plus dangereuse, est non moins emblématique. En faisant disparaître ces publications officielles, la rue de  Grenelle clame à haute voix que la pédagogie n'est plus  de son domaine. Seuls compteraient les résultats. L'injonction du "débrouillez-vous" envoyée aux enseignants reflète la position d'un ministre qui s'appuie sur les familles pour imposer son contrôle sur l'Ecole. Il n'y a plus de recommandations pédagogiques officielles, plus de formation officielle (ce sera maintenant l'affaire des universités), plus de modèle. C'est l'efficacité qui fait loi.

 

Cette posture recèle pourtant deux dangers pour l'équipe ministérielle. Le premier c'est que l'Ecole a besoin d'avoir des objectifs politiques dessinés en fonction d'un idéal social. Comme toute institution elle se nourrit de mythe et l'abaisser au niveau d'un simple service marchand rencontrera des résistances.

 

Mais le pire est ailleurs. En effaçant les documents de 2002, X. Darcos considère comme nuls les travaux des chercheurs et les expériences des pédagogues. Il dévalue des années de recherche abouties dans des publications et des thèses qui ont une reconnaissance réelle. Bref la posture du ministre qui nie la science et  le progrès  des connaissances a un nom : c'est l'obscurantisme. Il n'est pas plus illégitime à un ministre de l'éducation de défendre l'obscurantisme qu'à un gendarme le vol ou à un militaire la trahison.

 

 

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Lycée : Le Snes précise son hostilité à la réforme

"Le SNES reste attaché à une organisation en parcours suffisamment encadrés pour assurer la cohérence dans la formation et les approches disciplinaires. La meilleure réponse à ce jour reste pour nous l’organisation en séries, mais il convient certainement de ré-interroger leur organisation". Dans un 8 pages le Snes présente son analyse de la réforme du lycée proposée par JP de Gaudemar. Il marque sur plusieurs points des oppositions de principe.

 

La première concerne la diminution des horaires disciplinaires. "La diminution de l’horaire élève n’est pas un principe acceptable. On peut travailler sur une meilleure articulation entre le travail en classe et le travail prescrit à l’extérieur, en prenant pour base l’horaire actuel augmenté d’heures d’accompagnement". Là où le ministère envisage 27 heures le Snes envisage 32 à 36 heures hebdomadaires.

 

Le syndicat s'oppose aussi à la disparition du groupe classe qui pourrait être "un facteur d'aggravation des inégalités". Enfin il exige  le maintien des filières dans l'enseignement général. "Le SNES exige le maintien de séries, c’est-à-dire de parcours de formation clairement identifiés par leurs dominantes et les perspectives d’études supérieures qu’ils permettent. Cela n’empêche pas de réfléchir à la possibilité d’enseignements complémentaires, dont l’organisation peut être modulaire ou annuelle suivant les disciplines ou les types d’activités".

Le document

 

Le Snuipp demande le maintien de tous les RASED

"Au détour d'un paragraphe du projet de budget 2009, on aura appris la suppression à la rentrée prochaine, de plus d'un quart des postes dévolus à la prévention et la remédiation des difficultés scolaires, les personnels étant « réaffectés » « au sein des écoles » devant des élèves". Le Snuipp dénonce la suppression de 3 000 postes de maître spécialisés E (aides pédagogiques) et G (aides rééducatives) au budget 2009.

 

"Cette décision, si elle était maintenue, conduirait à priver 150 000 élèves d’aides" souligne le syndicat. "Ce sont des territoires entiers dans lesquels le réseau ne pourra plus intervenir. Ce sont des personnels dont le professionnalisme et l'expérience sont niés". Le Snuipp demande la levée de cette mesure.

Communiqué

 

Les Rencontres nationales de l'éducation

Les 8, 9 et 10 octobre 2008 se tiendront à Rennes les 6èmes rencontres Nationales de l'Education organisées par la Ligue de l'enseignement. Sous le thème "Du projet éducatif territorial à une politique d'éducation et de formation tout au long de la vie", les Rencontres interrogeront les pratiques éducatives (formelles, non-formelles, informelles) pour voir dans quelle mesure elles peuvent contribuer à une éducation tout au long de la vie en France et en Europe.

 

Parmi les thématiques : la formation dans différents pays européens, les finalités de l'éducation, les territoires et les politiques européennes d'éducation, les territoires apprenants.

Le programme

 

La FSU appelle à la grève le 7 octobre

"La CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires, l’UNSA et la CFE-CGC appellent l’ensemble des salariés à une journée d’action interprofessionnelle le 7 octobre". Mais pour le Snes cela passe par un mot d'ordre national de grève. L'objectif de la journée est "d'affirmer l’exigence d’emplois de qualité pour toutes et tous, de salaires revalorisés, d’amélioration des conditions et de la durée du travail respectant la santé et la dignité des personnes, d’une protection sociale et de retraite garantie". Le Snuipp appelle aussi à la grève dans 25 départements. Dans ceux-ci les enseignants devront se déclarer 48 h à l'avance, selon la loi sur le service minimum d'accueil.

 

Enfin les infirmières scolaires du SNICS FSU seront également en grève "pour une politique de santé ambitieuse à l’éducation nationale en lien avec la réussite scolaire de tous les élèves et étudiants ; pour une juste reconnaissance de notre profession à l’éducation nationale en tant qu’infirmier(e) conseiller(e) de santé".

Communiqué

Communiqué

 

SMA : Des maires boycottent la loi