L'Expresso du 13 Octobre 2008 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Les nouveaux concours présentés aujourd'hui

ÉDITORIAL

La réforme de la formation répond-elle aux besoins ?

LE SYSTEME

47 organisations appellent à manifester le 19 octobre l Education & Devenir soutient raisonnablement la réforme du lycée l Sauvons les Rased l Remplacements : l'Etat va-t-il revenir aux vacataires ? l Université : Le classement du Times l Le SMA entraîne une plainte de Sud Education  l Concours : attention au calendrier ! l La crise et l'Ecole en Grande-Bretagne l Manifestation monstre pour l'Ecole en Italie .

L’ÉLÈVE

Rencontre nationale Lire et faire lire l Bénéficier des projets passion l La Belgique ouvre l'accès à l'enseignement supérieur

LA CLASSE

Ne pas manquer : 16 Octobre, La Grande Lessive

LES DISCIPLINES

Comprendre la crise l L'Inspection générale et l'avenir des SES l L'UDPPC et l'APBG veulent leur place au lycée l Le Rallye dans le Temps l L'E.D.D. avec Clim City l EPS : Tous les textes en un fichier l Maths : Journée "genre et formation des enseignantes de maths

 

 

Le fait du jour

 

Les nouveaux concours présentés aujourd'hui

Les nouveaux concours de recrutement au niveau master qui seront mis en place à partir de 2010 sont présentés le 13 octobre lors d'une conférence de presse à laquelle assiste le Café.

 

D'après l'AFP, les concours s'organiseront en 4 épreuves. Les deux épreuves d'admissibilité auraient lieu à la fin du premier semestre de master 2, les 2  épreuves orales d'admission en juin. Pour le CRPE, les candidats devront passer des épreuves d'admissibilité en maths et français – culture humaniste. Les épreuves orales, au coefficient plus important, consisteront en une leçon et un entretien avec le jury sur la connaissance du système éducatif.

 

Le Capes comportera aussi deux épreuves écrites d'admissibilité sur la discipline et son épistémologie et deux épreuves orales du même type que celle du Crpe.

 

L'agrégation sera maintenue sans changement si ce n'est une épreuve orale qui comprendra un "exercice pédagogique".

 

Deux organisations ont réagi à cette annonce. Le Snpi FSU, syndicat d'inspecteurs, demande que les formations soient cadrées nationalement. Il souhaite que les étudiants aient le statut de stagiaire dès l'entrée en master 1.

 

Le Sgen Cfdt "est favorable à cette évolution, qui conduirait à réduire le nombre des épreuves de la majorité des concours actuels, et à mieux adapter les modalités de recrutement à la réalité du métier, dont l'exercice ne se réduit pas à la transmission de connaissances". Il souhaite "qu'une dimension professionnelle soit présente dans toutes les épreuves, y compris disciplinaires".

Dépêche AFP

Snpi Fsu

Le dossier formation du Café

 

 

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La réforme de la formation répond-elle aux besoins ?

La future formation des enseignants répond-elle à leurs besoins ? C'est la question "simple" mais pertinente que pose Quoi de neuf ?", la revue du Sgen Cfdt de la banlieue parisienne. Pour y répondre, Quoi de neuf ? utilise une étude réalisée par la Depp (ministère) en 2006 sur les besoins de formation exprimés par les enseignants.

 

"Dans l’enquête précitée", note Quoi de neuf?, "trois quarts des professeurs des écoles jugent la deuxième année de formation en IUFM insuffisante notamment par un manque « de conseils pour gérer les situations difficiles » (58 %) et « d’échanges avec les enseignants en poste » (55 %)… Ce qu’ils souhaitent : une formation initiale sur les thèmes de « la conduite de la classe » (42 %), « apprendre à lire » (38 %), « construire une situation d’apprentissage » (21 %) et… sur les « savoirs disciplinaires » (17 %)… Il semblerait extrêmement utile à 48 % des enseignants de suivre « une formation sur la psychologie de l’enfant » et à 20 % « d’avoir des connaissances sur la difficulté scolaire ». " 

 

Le magazine peut conclure qu'on "est loin d’une demande de master à bac+5 construit sur des savoirs purement académiques".   D'autant que les professeurs du second degré estiment (à 69%) que leur formation disciplinaire est suffisante. Nul besoin d'un master !

 

Pour enfoncer le clou, Quoi de neuf ? a fait sa propre enquête auprès d'enseignants en collège. Beaucoup se plaignent d'un manque d'apprentissage concret du métier lors de leur formation.

 

On sait que la nouvelle formation a supprimé l'année de stage et que c'est bien la capacité des nouvelles formations à assurer une véritable formation professionnelle qui a été mise en doute lors des Etats généraux de la formation du 4 octobre. Il est vrai que la charte signée entre les universités, les IUFM et le ministère prévoit un étalement de la formation sur tout le cycle universitaire et reconnaît la dimension professionnelle. "La formation ne sera pas que disciplinaire comme on avait pu le craindre" estime Patrick Baranger, président de la CDIUFM.

 

Mais des questions demeurent. Même si la formation professionnelle est étalée en amont vers la licence, sera-t-elle suffisante ? Pourra-t-on apporter aux futurs enseignants l'équivalant d'une année de stage pratique ? Entend-on se désintéresser des élèves "difficiles" qui sont souvent ceux des quartiers populaires ?

 

En 2006, le Haut Conseil de l'Education avait lui aussi mis l'accent sur l'importance de la professionnalisation. "Enseigner est un métier ; de bonnes connaissances disciplinaires ne suffisent pas à faire un bon enseignant", écrivait-il. "Faire apprendre, conduire une classe, ou entretenir des relations confiantes avec les parents, rien ne doit être laissé au hasard de l'inné ou du charisme. Agir de la meilleure façon face à un élève incapable de maintenir son attention sur une tâche scolaire, face à un groupe indifférent ou agité, ou à un parent démuni devant l'échec de son enfant, cela s'apprend. La formation disciplinaire d'un côté, et la bonne volonté et de réelles qualités humaines de l'autre ne suffisent pas si l'on veut faire réussir tous les élèves". On peut douter que l'Inspection générale, chargée de présenter les maquettes des concours le 13 octobre, puisse répondre à ces questions.

Quoi de neuf ? n°8

Sur le Café, le dossier formation

Rapport HCE

 

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47 organisations appellent à manifester le 19 octobre

"Quelle place veut-on donner à l’Education dans notre pays ? Quel citoyen, quelle citoyenne, veut-on préparer ? Nous n’acceptons pas que la société découvre a posteriori qu’on aurait répondu à sa place, en catimini, à ces questions fondamentales !" 47 organisations, des syndicats (Sgen, Cgt, Unsa, Fsu, Sud), des mouvements pédagogiques, les lycéens de l'Unl et de la Fidl, les parents de la FCpe, la Ligue de l'enseignement, des associations (Ligue des droits de l'Homme, Attac, Mrap), des associations de spécialistes (AGEEM - APBG – APSES) appellent à manifester son attachement à l'Ecole le 19 octobre. A cette occasion, ils ouvrent un site commun.

 

Dénonçant une politique gouvernementale "qui ne voit dans l’Education qu’un moyen d’économiser", ils estiment que si "tout n’est sans doute pas question que de postes en matière éducative…, rien ne pourra se faire dans cet acharnement d’un « toujours moins de postes » ! Rien ne pourra davantage se faire avec des réformes à marche forcée encore moins lorsqu’elles aboutissent à de vraies régressions. Rien ne pourra se faire non plus si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions". Elles appellent "toutes celles et tous ceux qui pensent que l’Education est une richesse pour notre pays, que l’avenir se joue aujourd’hui, à toutes celles et tous ceux qui refusent que la politique suivie n’entraîne, pour de nombreuses années, le service public d’Education dans l’affaiblissement".

 

A coup sûr, la journée du 19 octobre devrait être celle d'une grande manifestation qui ira de la Place d'Italie à la Bastille. Nous accueillerons au Café vos photos et vos témoignages sur notre boite électronique redaction at cafepedagogique.net

Le site du collectif

 

Education & Devenir soutient raisonnablement la réforme du lycée

"Repenser la seconde de détermination, la rendre plus efficace dans la préparation des choix des parcours du cycle terminal du lycée est une proposition de bon sens, faire que ce cycle terminal prépare mieux à la poursuite d’études en université est aussi une exigence que nous pouvons partager" écrit l'éditorialiste d'Education & Devenir.

"Nous devons nous saisir, sans frilosité, des avancées proposées pour travailler à la réussite et à l’épanouissement des élèves qui nous sont confiés sans toutefois nous départir de notre esprit critique et de notre droit à contester tout ce qui nous paraît contraire aux valeurs que nous prônons". Car l'éditorialiste ne peut s'empêcher de souligner les mesures qui vont contre ces orientations comme la suppression des TPE, l'abandon de la carte scolaire, la suppression des IUFM, celles des postes d'enseignants.

Editorial d'Education & Devenir

 

Sauvons les Rased

Ouverte le 12 octobre une pétition intersyndicale demande le rétablissement des 3 000 postes de maîtres spécialisés supprimés par le budget 2009. " La brutalité de cette décision vient souligner la contradiction d'une politique ministérielle qui prétend faire de la lutte contre l'échec scolaire une « priorité. » La mise en place des deux heures d' « aide personnalisée » ne peut se substituer au travail effectué dans le cadre des Réseaux d'Aides, qui ont été créés pour répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté".

 

A noter dans L'Express un entretien avec Bernard Delattre, secrétaire général de l'AGSAS : " Ce qu'on va faire à ces personnes, c'est horrible. Voilà des gens dont la vie est dédiée à l'aide des enfants en difficulté. Ce sont d'anciens instituteurs, des psychologues, qui sont sortis de leur classe pour leur formation, qui ont acquis un certain nombre de compétences, qui se sont investis personnellement pendant des années. Si on les oblige à réintégrer ces classes, humainement, ce sera une rupture. Ils vont le vivre très mal".

La pétition

Dans L'Express

 

Remplacements : l'Etat va-t-il revenir aux vacataires ?