Peut-on individualiser l'Ecole ? 

"Il faut que ça change maintenant sans tarder". A un moment crucial pour l'Ecole, le Se-Unsa réunissait le 23 mai un colloque sur l'individualisation. Pour Christian Chevalier c'est l'occasion d'exiger une "école  inclusive" en lieu et place de l'école républicaine qui a échoué.

 

Après une matinée où JP Obin et AM Chartier ont évoqué la réussite scolaire et les rapports entre école et société, l'après-midi du 23 mai 2012 propose deux visions de la pédagogie différenciée.

 

 Sylvain Grandserre est à la fois chroniqueur, auteur et professeur des écoles à temps complet ce qui lui donne un rapport particulier à la question de la différenciation. Il sait que c'est difficile à mettre en oeuvre sur le terrain. Rappelant à quel point les années Sarkozy ont poussé vers l'élitisme et le tri des élèves, il sait qu'il est difficile de mettre en place "une pratique pédagogique qu'aucun enseignant n'a vécu". Il sait aussi que la différenciation est parfois rejetée par les familles. Mais il propose des solutions concrètes pour aller vers la gestion de l'hétérogénéité. Il invite à diversifier les aides, à travailler l'autonomie des élèves, le tutorat entre élèves, ce qui revient à mettre en place une classe coopérative. La formation des enseignants est donc indispensable.

 

 "Différencier est-ce céder au libéralisme ? Non c'est prendre en considération la réalité". Françoise Clerc, professeur en sciences de l'éducation et militante Education & Devenir aborde la question sous un angle plus théorique. "Le mot compétences fait sursauter les enseignants", reconnait-elle. "Car on a voulu faire de la pédagogie différenciée dans un cadre scolaire inadapté". Pour elle, "l'accompagnement des élèves et l'entrée par les compétences vont nos permettre de faire fonctionner la différenciation". Pour cela il faudra revoir les modes d'évaluation et "se préoccuper de l'organisation de l'établissement". Françoise Clerc vante la disparition de la classe, un outil dont nous n'avons plus besoin et rappelle que des outils simples et accessibles aux parents permettent la différenciation : le portfolio, le contrat de réussite par exemple.

 

 "Pour que l'école soit celle de la République, il faut qu'elle soit efficace et juste". Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa, a clos le colloque en opposant actuelle et future école. L'école actuelle est en échec ca fondée sur l'élitisme républicain. "Faire réussir tous les élèves c'est plus exigeant que sélectionner les meilleurs", nous dit-il.  Il appelle à la mise en place d'une école inclusive. Pour cela il faut revoir la formation des enseignants et doter les enseignants des compétences nécessaires pour accompagner les élèves. Il faut aussi réviser les contenus du socle et en finir avec l'approche bureaucratique du LPC. Il faut des moyens dont des maîtres surnuméraires au  primaire. Enfin la question de l'évolution du métier enseignant se pose aussi. "Puisque le changement est au pouvoir, il faut que ça change maintenant sans tarder". Cela les militants du Se-Unsa en sont persuadés.

 François Jarraud 

L'indifférenciation en question

 

Résister à 'école à deux vitesses

 

Par fjarraud , le jeudi 24 mai 2012.

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