"Pôle central du bloc majoritaire du changement", l'Unsa Education, se présente comme "exigeante pour le changement". Elle demande une vraie rupture et pas un replâtrage du système éducatif. Mais à en croire Laurent Escure, secrétaire général de l'Unsa Education, elle semble plus critique envers l'action ministérielle et moins ambitieuse pour le refondation. Le rêve est déjà fini ?
Un calendrier social exigé
Le 4 octobre, Laurent Escure n'hésite pas à critiquer Vincent Peillon. "Pour mobiliser les enseignants dans la refondation, il faudrait qu'ils aient des perspectives sonnantes et trébuchantes de carrière", affirme clairement L. Escure. "On ne peut pas en rester à des déclarations philosophiques sur le fait que les enseignants mériteraient d'être mieux payés. Il faut un calendrier social. C'est ce qui est le plus important". L'Unsa exige dans l'immédiat une revalorisation des catégories C et la suppression du jour de carence en cas d'arrêt maladie, deux mesures qui ont un impact financier limité. L. Escure est critique aussi sur la morale laïque, "le philosophe Peillon l'a emporté sur le ministre", ou encore sur l'arrivée des entreprises dans l'école, "une proposition qui doit être précisée et discutée".
Une autre gouvernance
L'Unsa demande une nouvelle gouvernance avec des EPLE plus autonomes ayant passé un contrat avec l'Etat et la collectivité locale. Il s'oppose aussi aux "32 royaumes", c'est à dire à la liberté de gestion accordée par Luc Chatel aux recteurs. Il est aussi critique sur le maintien de certains recteurs trop compromis avec le ministère Chatel.
Quel avenir pour la refondation ?
Finalement, l'Unsa revoit à la baisse ses exigences sur la refondation. "La concertation n'a pas fait bouger les lignes", estime L. Escure qui semble s'attendre à des blocages lors des négociations qui suivront la loi d'orientation. Et le budget le rend soucieux. "Les marges du budget sont très étroites. C'est problématique". Il ne permettrait pas une refonte de la formation initiale qu'avec l'appel durant plusieurs années aux étudiants stagiaires prévus officiellement aux seuls concours de juin 2013. La formation continue semble encore plus inaccessible. La crise budgétaire bloque aussi le dossier des rythmes scolaires. "Demander aux enseignants de travailler deux semaines de plus sans les payer ce n'est pas possible". A défaut de concrétisations immédiates importantes, le syndicat exige des engagements précis dans la loi d'orientation fixant des ambitions précises pour les jeunes et le système éducatif.
Assommé peut-être par la réalité budgétaire, Laurent Escure semble garder le cap sur le changement pédagogique. Mais à la veille de l'ouverture des négociations sur la refondation, le "tout est possible tout de suite" n'est plus de mise. "Si on met 10 ans pour atteindre nos objectifs ce sera un moindre mal".
François Jarraud