Refondation : Double peine pour les professeurs des écoles 

Les professeurs des écoles vont-ils payer le prix de la refondation et du poids accru des collectivités territoriales dans le système éducatif ? La question est posée par les propositions ministérielles présentées le 16 octobre aux syndicats. Vincent Peillon demande aux  professeurs des écoles de travailler plus. En échange de quoi ?

 

François Hollande avait posé les principes de la réforme des rythmes scolaires au primaire le 9 octobre : une réforme mise en place à la rentrée 2013, des journées de classe plus courtes, 9 demi-journées travaillées par semaine au lieu de 8, une aide aux devoirs à l'école et aucun enfant dehors avant 16h30 à charge pour l'Etat et les communes de trouver le moyen de mettre en place cet accompagnement.

 

Un jour et une heure de plus par semaine...

 

Ce moyen, Vincent Peillon l'a trouvé : c'est le professeur des écoles. Le schéma qu'il a présenté aux syndicats le 16 octobre fait peser sur les seuls enseignants tout le poids des réformes. La semaine de classe applicable à la rentrée se composerait de 4 journées, les lundi, mardi, jeudi et vendredi, de 5,5 heures en classe entière et de la demi-journée du mercredi matin avec 3 heures en classe entière. Chaque après-midi la dernière demi-heure sera consacrée à l'accompagnement aux devoirs.

 

Par rapport à l'existant, les professeurs des écoles devront travailler une demi-journée supplémentaire avec les conséquences sur leur vie familiale (garde d'enfants, frais de déplacements etc.). Ils devront aussi faire cours une heure de plus : ils effectuent aujourd'hui 24 heures hebdomadaires devant la classe entière. Ils en feront 25. "C'est la double peine", nous dit Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa. Il reste "abasourdi" devant ces propositions gouvernementales.

 

Vers la triple peine ?

 

Le ministre a arbitré de façon à alléger au maximum la charge des communes. Il ne ramène pas la journée de classe de 6 à 5h mais seulement à 5,5 heures de façon à diminuer l'encadrement post scolaire qui reviendra à la charge des communes. Le Café avait souligné le problème : aujourd'hui les communes encadrent une petite proportion des jeunes le mercredi matin. Or à partir de 2013 ce sont tous les enfants qui seront à accompagner 4 jours par semaine. Toutes les communes n'ont pas la capacité financière d'y faire face et il faudrait alors mettre en place un système de péréquation. Avec la solution imaginée par VPeillon, les communes n'ont plus en charge qu'une demi heure d'encadrement. Et encore ce n'est pas sur. Car il suffirait d'allonger la pause méridienne jusqu'à 14 heures, comme le demandent certains parents, pour que la totalité de la journée soit effectuée par les enseignants. L'engagement électoral des devoirs faits à l'école serait alors tenu tout en allégeant le poids financier sur les communes...

 

Quelle compensation ?

 

V Peillon reçoit le 17 octobre les représentants des collectivités locales. Les discussions vont se poursuivre avec le ministère avec les syndicats. Mais on ne voit pas trop quelles compensations l'Education nationale pourrait offrir aux enseignants. Le budget 2013 laisse peu de marge. Il faudra beaucoup d'inventivité et peut-être de résistance aux pressions des élus locaux pour rendre la réforme des rythmes scolaires acceptables aux enseignants du primaire.

 

François Jarraud

 

Lien : V Peillon fait accepter ses vues sur le primaire

 

 

Par fjarraud , le mercredi 17 octobre 2012.

Commentaires

  • Zantigui_Dialo, le 17/10/2012 à 21:17
    Ce qu'il ne faut pas oublier c'est qu'il y a une grande disparité de moyens entre les communes... Toutes les communes n'ont pas la possibilité de rémuner quelqu'un de plus, ni parfois d'asso pour animer le temps supplémentaire.

    Et les écoles privées sous contrat qu'en est-il?
    Dans les écoles privées, très souvent, ce sont les enseignants qui bénévolement assurent la surveillance le midi. Là, si on augmente la plage méridienne, alors on augmente le temps de surveillance.
    Idem pour le soir...

    Au final, on travaille plus... si au moins, on avait le sentiment que ca apporte quelque chose: soit à nous même, soit à l'élève... Mais réduire d'une demi heure, la journée... mouarf. C'est l'amplitude horaire de la journée qu'il faudra songer à réduire... et à la rigueur, les vacances... Moi, j'y suis prêt... perdre des vacances pour pouvoir terminer la journée plus tôt, préparer ma classe durant ce laps de temps et pas le soir à 21h00. La journée sera plus courte pour l'élève, il sera plus reposé et plus à même d'être actif durant les apprentissages... L'enseignant aura une journée plus courte lui aussi et sera plus à même de faire un travail de classe préparé... car il aura le temps d'ajuster son travail le soir pour le lendemain.

    J'espère qu'il reviendra sur ça et proposera une mise en œuvre plus ouverte et riche que ceci.

    Reste à voir également le problème du contenu du programme... parce que si moins d'heures de face à face élève mais une même densité du programme... Je sens que ca va être dur!
  • Pierre Babay, le 17/10/2012 à 17:53
    Refondation ? C'est surtout du grand n'importe quoi ! C'est le recyclage de toutes les vieilles recettes éculées :
    - devoirs et aide aux devoirs. On a déjà fait : ça était un gros bide comme d'ailleurs le soutien recyclé en aide personnalisée.
    - les notes, faut surtout pas fâcher : y'en a tellement qui aime ça !
    - la morale, laïque ou pas : quelqu'un a dit que la morale, c'était toujours la morale des autres.
    Et je commence vraiment à craindre la suite...
    J'aime beaucoup aussi les beaux calculs dans les commentaires : des calculs qui concernent leur rédacteur ou des calculs qu'ils font pour les autres ? En tous cas, en ce qui me concerne et pour beaucoup des enseignants que je côtoie, le compte est loin d'y être !
    Je partage le point de vue de l'article : la demi-heure d'aide aux devoirs, c'est uniquement un geste pour les mairies. Ce qui explique d'ailleurs le tour de passe-passe : les devoirs, ça d'abord était pas bien, puis après, c'est devenu pas si mal, sous-entendu ça occupera les PE une demi-heure, les mairies seront contentes et on fera croire que ça profite aux enfants.
    Parce que résumons, au lieu de 6 h on va faire 5 h 30. Ce qui ne fait donc qu'une différence d'une 1/2 heure et on ne voit pas bien ce que ça change fondamentalement pour les rythmes de l'enfant.
  • jlv42, le 17/10/2012 à 13:46
    Et bien moi, je ne suis pas abasourdi. Et votre manière de présenter les choses est à la limite de la malhonnêteté !
    4x5,5 + 3 = 25h devant élèves, au lieu de 26 actuellement. Je sais, certains actuellement s'arrangent pour ne pas faire le DAP et n'ont que 24h, c'est un vrai scandale déontologique. On ne va quand même pas défendre ces gens-là ?
    Dans ces 25 heures, 2h d'aide aux devoirs... On ne donne pas de devoirs, et hop, on a gagné 1h pour faire des choses qu'on avait abandonnées depuis 2008: arts, sorties, journal scolaire,... au lieu d'un DAP que toutes les études jugent inefficace... Ou alors on utilise le tutorat et l'entraide entre élèves, au bénéfice de tous...
    Il reste 2h au lieu d'une pour les concertations, anims, conseil d'école... ou alors un peu moins de vacances d'été ce qui ne serait pas forcément un mal.
    Quant à cela: "Car il suffirait d'allonger la pause méridienne jusqu'à 14 heures, comme le demandent certains parents, pour que la totalité de la journée soit effectuée par les enseignants.
    c'est proprement incompréhensible... Qui s'occupe de la majorité des enfants pendant la pause méridienne sinon les municipalités ? Evidemment que ce serait bien mieux à tous points de vue qu'on évite le début d'après-midi, pour les enseignants comme pour les enfants.
    Quant aux pauvres enseignants qui doivent faire garder leurs enfants (de moins de 3 ans!) ou se déplacer un jour de plus...comment faisaient-ils il y a 5 ans ? Et où est l'intérêt des élèves là-dedans ?
    Enfin, les bonus de certains PE (études payées, accompagnement éducatif,...) ne sont absolument pas généraux. Si certains les perdent, c'est peut-être dur pour eux, je le comprends, mais comment justifier de vouloir les garder alors que les heures ne seront plus faites?  Moi je ne risque rien, je n'en ai jamais eu !
    Parlons plutôt de la perte de pouvoir d'achat, ça c'est une réalité incontestable. Mais vivement cette réforme des rythmes, la situation actuelle est insupportable...

  • Stephanie_14, le 17/10/2012 à 13:06
    J'apporte ma pierre à l'édifice...

    J'appréciais travailler le mercredi matin (je n'ai connu le samedi matin que quelques temps...) J'aimais ce temps où on se posait, un peu, et où on faisait autre chose .... Un peu comme une "pause" dans ma semaine même si j'allais au boulot! Les enfants étaient détendus, moi aussi, parce que je savais que je rentrais à midi :)

    Et je préfère LARGEMENT ne pas travailler le samedi (pour aller dans ma famille qui habite loin) et bosser le mercredi. Je trouve aussi que les journées de mes petits (de maternelle) sont trop longues! Je serais plus pour travailler 5 demi journées moi et avoir plus de temps l'après-midi. Les enfants pourraient faire d'autres choses, les petits faire de VRAIES siestes!

    Mais tout cela ne s'invente pas ! Il faut y réfléchir AVANT!
    Qui prend en charge les enfants (apres la "journée" de classe)? Qui effectue l'aide aux devoirs?
    Quels apprentissages? Quel rythme ?

    Je vais peut etre passer pour une OVNI hein, mais bosser qu'une demi-journée, raccourcir les congés d'été, avoir du TEMPS dans ma journée pour préparer ma classe l'après-midi et ne plus prendre du temps sur mes congés, sur mes week-ends, sur mes mercredis.... Enfin, ne plus considérer que l'on travaille 27h, mais davantage quand on compte notre temps de préparation!!! Mais pour cela, il faut avoir des professeurs des écoles, des instits dans sa famille ou dans son entourage proche!

    Voilà quel aurait été mon "idéal" en quelques sortes :
    - 8h à 13h : avec 2 temps de pause dont un plus long que l'autre avec un temps de "collation"
    Cela 5 jours par semaine soit 25h de classe devant enfants
    - Avoir une courte pause méridienne genre... je ne sais pas 13h / 13h30
    - Etre obligé(s) d'être à l'école de 13h30 à 15h (par exemple) pour effectuer la préparation de notre classe sauf le mercredi (par exemple). Soit un taux hebdomadaire de 30h.
    - Raccourcir nos vacances en les répartissant toutes les 6 à 8 semaines pour justifier la perte de 2h hebdomadaire. Soit 2 h x 36 semaines =  72h. Ces 72h, pourrait être répartis sur 2 semaines et demi de congés d'été :  (2 x 30h hebdomadaire ) + 2 jours (6h30 + 6h30).
    - Que les enfants en difficultés aient des temps spécifiques (sur le temps de classe) et qu'ils soient confiés à des enseignants spécialisés, en petits groupes (d'où la création de postes)
    - Revaloriser nos statuts tout en distingant : enseignant maternelle / primaire / secondaire (je reste convaincue que nous ne faisons pas le même métier!!)
    - Revaloriser nos salaires sur une base de 30h hebdo pendant 10 mois et demi répartis sur 12 mois!

    Enfin... Ce sont des idées en vrac mais cela me plairait énormément de travailler dans ces conditions! 
    Seulement voilà, les enseignants devront encadrer l'aide aux devoirs mais... faire de l'aide aux devoirs devant 25/30 élèves, c'est faire classe!
    Et on n'appelle plus cela des devoirs, puisqu'ils sont faits en classe... Mais du travail collectif!

    Selon moi, si on veut vraiment être efficaces en tant que "professionnel" de l'éducation c'est faire de l'aide aux devoirs, peut-etre, mais par petits groupes pour vraiment faire de l'aide!
    Parce qu'à 30 élèves, on fait classe... :)

    Des groupes qui tournent, des enseignants de maternelle qui aident, des heures consacrées à de la lecture, à de la géométrie, à de la révision, à de l'accompagnement! Peut etre que certains parents souhaiteront gérer cette aide, seuls, à la maison. Mais je pense aux parents qui travaillent tard le soir ... et qui rentrent à 19h, jetent un oeil rapide sur les devoirs! Il y a aussi les gamins qui sont malins et qui ne notent pas tout hein, on les connait les loulous :)

    Mais ce n'est pas démissionner quand on fait parti de ces parents qui n'ont pas les capacités physiques (parce qu'ils sont au travail, parce qu'ils travaillent de tournée, de nuit...), intellectuels (parce qu'ils ne se sentent pas à la hauteur...) eh bien, franchement, pourquoi pas AIDER réellement les enfants à faire leur devoir ! Et voir, par nous même, si réellement, les devoirs donnés ne prennent que 10 mn...  J'avais été moi-même surprise quand je faisais l'étude de constater que les devoirs donnés pouvaient durer pour certains 10mn et pour d'autres 30/40mn...

    Ceci dit, je me rappelle d'un enfant de CM1 qui avait été descolarisé : devenu phobique de l'école!! Il avait repris le chemin en CM1, dans ma classe... Je donnais une certaine quantité de devoirs : un exercice "obligatoire" et un autre : faisable à l'oral ou pas... Quant à lui, si le temps de travail excédait 20 mn alors : STOP! Je reste convaincue qu'il vaut mieux 10/20mn de devoirs / révisions / lectures efficaces qu'une heure de combat!

    Je suis d'une génération où mes parents me déposaient à l'école à 7h30, ma mère venait nous chercher, on était à la maison à 18h30. On faisait nos devoirs à la garderie. En rentrant, ma mère me demandait si j'avais fait mes devoirs, je lui montrais mon cahier de texte, on regardait si c'était fait et BASTA! Ma maman préparait le repas, on mangeait, puis le bain et à 20h au lit!

    Mais c'était une époque où il y avait la garderie, l'étude. Nous n'étions pas nombreux, la dame de la garderie nous aidait. On travaillait seul, à nos bureaux et on venait pour qu'elle vérifie. La dame de la garderie faisait une croix si c'était fait ou pas... Si les leçons étaient sues... ou pas! Mais j'avais de la chance, j'avais des facilités (à cette époque)!

    Très honnêtement, je suis bien heureuse qu'au collège et lycée, les enfants soient autonomes, aient des copains pour les aider! Si ma fille arrivait au collège/lycée avec des devoirs en maths, je serais bien en mal de l'aider parce que je suis une brêle (en math surtout!!) ! Et si elle pouvait bénéficier d'une personne plus qualifiée que moi, je pense que je bénirais les dames de l'étude....

    Et je parle à mon niveau hein. Je suis une prof des écoles, j'ai pas une grande culture générale, j'ai fait un bac L, j'ai un deug d'anglais, une licence sciences de l'éducation! Ben franchement, je n'aurais pas les capacités intellectuelles d'aider mon propre gamin même en difficultés. Donc, en soi, avoir des personnes qualifiées et compétentes pour aider aux devoirs... Eh bien, je PEUX comprendre que ce soit un vrai besoin pour certaines familles... mais pas pour toutes hein!! Je reste persuadée que si c'était une "proposition" certains parents préfèreraient faire faire!

    Nous on baigne dedans, on sait, on connait les programmes, on sait (enfin j'espère :) ) de quoi on parle... mais les parents?!?
    Proposition subordonnée? Est ce que tout le monde s'en souvient? Les propriétés d'une médiatrice? Bissectrice? Les pourcentages? les sciences etc.... ?

    Alors, je comprends que cela prenne du temps à certaines familles s'il faut revoir les choses avant de pouvoir les expliquer. Parce qu'il faut : retrouver, comprendre, assimiler, appliquer et ENFIN.... pouvoir expliquer à nos propres enfants qui n'ont pas appris comme nous!
    Tout le monde se souvient des différentes techniques de multiplication ou de division. Celles proposées à l'école et celles... apprises par nos parents et qu'ils essaient de nous faire comprendre!

    M'enfin c'est un large débat...
    Je ne saurais dire si je suis pour... ou contre à dire vrai!

    J'aimerais qu'on trouve des solutions, qu'on propose des choses qui AIDENT réellement les enfants sans pénaliser les enseignants (en terme d'heures effectives), sans déléguer l'éducation aux enseignants mais en favorisant l'instruction des enfants, en se recentrant sur les fondamentaux, en diminuant nos effectifs de classe...

    Parce qu'il n'y a pas qu'une question de devoirs mais tout est à revoir :
    - les effectifs
    - les fondamentaux
    - les matières satellites
    - l'autonomie
    - l'instruction et l'éducation
    - ....

    Parce que oui, c'est beaucoup plus facile d'aider un gamin en difficultés en classe quand ils sont 20, dans un seul niveau, en revenant aux fondamentaux.

    Plutôt que s'éparpiller dans tous les sens ... favoriser la facilité ... déléguer ....

    Enfin, pour conclure, l'aide aux devoirs, en classe... pendant 30 minutes... Raccourcir la journée de 30 min par jour parce que les enfants sont fatigués... Vous pensez réellement qu'ils seront reposés?

    Quant à notre statut? notre rôle ? Je ne sais pas quoi penser...

    Mais quand je vois les personnes qualifiées, qui recherchent du travail et qui pourraient aisément assurer l'aide aux devoirs pour réduire les effectifs de nos classes... qui seraient capables d'AIDER des petits groupes d'enfants ... Alors, moi je pense que OUI, ça c'est faisable!

    MAIS MAIS MAIS, pour cela, il FAUT des sous! Et évidemment, des sous, ben "il n'y en a pas" ......... 


    Désolée du pavé mais mon école j'y tiens... j'y ai toujours été très épanouie en tant qu'enfant et maintenant, qu'enseignante..... et les dérives me font peur.... nos enfants sont le futur et comme beaucoup, je veux le meilleur!!
  • guiraudie, le 17/10/2012 à 13:01
    Directeur d'école en banlieue parisienne, je mesure le complément salarial que constitue aujourd'hui l'encadrement des études surveillées pour les enseignants.
    Cette activité d'accompagnement scolaire est financée par les commune et se justifie par l’existence des devoirs (ou inversement: l’existence des devoirs est justifié par l’existence de ce temps d'accompagnement scolaire).
    Il ne serait pas très judicieux de défendre les devoirs... pour pérenniser ce complément salarial. Mais je suis très surpris que ce point n'apparaisse pas dans les différents commentaires. Il faut savoir que le manque à gagner peut-être considérable, entre 4000 et 4500 euros pour certains enseignants, l'équivalent de plus de 2 mois de salaire ! Compte tenu du niveau salarial actuel, la situation peut être intenable pour de nombreux collègues.


    De : fjarraud
    Publié : mercredi 17 octobre 2012 04:47
    Objet : Refondation : Double peine pour les professeurs des écoles




  • eric_89fr, le 17/10/2012 à 12:01
    Je croyais qu'il n'y avait plus de devoirs...
  • pld22, le 17/10/2012 à 09:54

     Je dois dire que j'ai du mal à suivre la logique de cet article.

    Il n'y a pas si longtemps, les PE effectuaient 27 h, puis26h+1avec présence la samedi à l'école et animations pédagogiques le mercredi. La récente réduction de la semaine à 24h ( + 2h d'accompagnement éducatif) avait fait hurler tout le monde à l'époque.

    Un retour à ce rythme devrait donc recueillir l'assentiment de tous…D'autant qu'on reste toujours, si je comprends bien, sur 27h de service; c'est simplement une autre répartition. Il est donc difficile d'entendre dire qu'il s'agit d'imposer aux PE une heure de cours en plus comme je le lis ici,voire même une 1/2 journée supplémentaire, sans compensation salariale...On comprend donc mal qu'une augmentation de rémunération serait justifiée. Nulle part dans le statut des enseignants il n'est fait mention d'horaire réglementaire. Seule apparaît cette référence totalement obsolète aux heures d'enseignement, trop rapidement confondues on le sait avecles heures de travail effectif.

    Il est donc légitime que l'autorité publique, dans le respect des droits de personnels ( et je vois pas où ils seraient ici remis en cause) puisse disposer de ses agents en fonction de sa politique. Il n'y a là rien de choquant, d'autant qu'il s'agit d'améliorer le service rendu aux élèves.

     De plus, le mercredi n'est pas que je sache un jour accordéaux enseignants pour garder leurs enfants. C'est d'ailleurs pourquoi, quand la 27ème heure avait été instaurée par L. Jospin avec pour conséquence le report des animations pédagogiques le mercredi, les recours déposés par certainesorganisations syndicales avaient tous été retoqués.

     L'argument des horaires de travail est d'ailleurs à manieravec précaution. N'oubliez pas en effet que 36 semaines X 35h n'atteignent pas, loin de là, les 1607h exigées de tout salarié…

     Au fond la question est bien celle des missions desprofesseurs. Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut enseigner autrement. Lesrapports et les bilans s'accumulent ; les inégalités entre élèves augmententdès la maternelle ; on sait maintenant ce qui pêche dans notre système éducatif; les mesures alternatives sont connues ; mais rien ne se passe, ou si peu…

    Or si on veut faire vraiment faire bouger les pratiques, ilva bien falloir que chacun s'investisse réellement au delà des pétitions de principes. Et si les bien timides propositions de V. Peillon ne peuvent recueillir quelque adhésion, c'est à désespérer de notre capacité d'évolution.

     

    PS : Je lis dans les commentaires que 1/2 h d'aides aux devoirs est insuffisant. Veut-on dire qu'il faudrait l'étendre jusqu'à 18h? Faire bachoter des élèves déjà bien fatigués ? Peut-être faudrait-il plutôt songer à éradiquer le volume de ces fameux devoirs, inutiles et sources d'inégalités. Lisons leur plutôt des histoires, ça sera certainement plus efficace !

     

     


    • Lizdarcy, le 17/10/2012 à 12:27
      Petit ajout, pour reprendre votre calcul:
      42heures X 36 semaines = 1512 heures, sur 10 mois rémunérés,
      soit 1512 : 10 X 12 = 1814 heures "proratisées" sur 12 mois.
      Effectivement, on n'est pas, "loin de là, aux 1607 heures exigées de tout salarié".

      Si vous êtes professeur des écoles et parvenez à rester dans le cadre des 35 heures, merci de nous donner votre secret!
      Mes collègues et moi sommes plutôt à 45 heures hebdomadaires. Faut-il refuser de rencontrer les parents? Ne plus corriger les cahiers? Ne plus se réunir pour harmoniser nos enseignements? Refuser toutes les demandes de l'institution (et oui, on s'est mis à potasser l'anglais, l'informatique, la sécurité routière, les premiers secours, le livret de compétences, etc, etc)?
       
    • Lizdarcy, le 17/10/2012 à 12:15

      pld22, ce que vous dites parait très sensé, mais vous partez sur des bases erronées: les profs des écoles ne travaillent pas 35heures. Toutes les enquêtes le montrent, leur temps effectif de travail est en moyenne de 42h (nettement plus les premières années et à chaque changement de poste ou de niveau). Les 35h ne leur ont pas été appliquées, ça se saurait...
      De ce fait, ils sont les seuls salariés à ne pas avoir de congés payés, paradoxalement. En effet, 7h supplémentaires par semaine (42effectives  - 35 légales), ça devrait correspondre à une journée de RTT par semaine; sur 36 semaines, cela correspond aux petites vacances, qui ne sont donc en réalité que de la récupération et non des congés payés. Quand aux grandes vacances, le statut de 1957 a prévu 2 mois non rémunérés (les 10 mois payés étant répartis sur 12 pour le versement du traitement). Ces 2 mois sans solde sont d'ailleurs maintenant partiellement travaillés (début juillet et fin août), ces jours travaillés étant donc du bénévolat.
      Ce statut, qui pouvait paraitre avantageux par rapport aux conditions générales des salariés à l'époque, est maintenant très défavorable. Il reste la sécurité de l'emploi, c'est vrai... mais ça devient la sécurité d'être les seul à travailler jusqu'à au moins 65 ans, quand l'assurance chômage ou maladie prend en charge beaucoup d'employés âgés bien avant. 65 ans devant 30 enfants gavés de jeux vidéos et de télévision abrutissante, on attend de voir!
      Ca plus un salaire décroché de l'inflation depuis 10 ans (et parmi les plus bas des pays développés selon toutes les enquêtes internationales), plus des conditions qui rendent ce métier infaisable (Quel prof des écoles peut avoir aujourd'hui la satisfaction du devoir accompli? du travail bien fait? Pourtant c'est un élément fort de satisfaction.), vous comprendrez pourquoi les jeunes ne s'inscrivent plus aux concours de l'enseignement.
      Sur cette note optimiste, je vous souhaite une bonne journée.
  • carlotta33, le 17/10/2012 à 09:15
    Quid en maternelle? Quelle aide aux devoirs????

  • laulau2802, le 17/10/2012 à 07:15
    Et comment faire apprendre une poésie à 28 ? Faire des recherches sur internet sur l'ordinateur (le mien) de la classe ? Les devoirs ou travail personnel fait à l'école, c'est de la démagogie.
    • chabrun, le 17/10/2012 à 07:22
      Ce n'est pas de la démagogie mais une autre pédagogie et une autre organisation du travail.
      • laulau2802, le 17/10/2012 à 07:52
        C'est irréalisable ! Lorsque nous devions faire l'aide aux devoirs de 15 minutes tous les soirs, il y a quelques années, tout le monde avait crié dans le corps enseignant, là on passe à 30 minutes et certains trouvent que c'est bien. Je continue à dire que c'est une illusion de faire croire que nous pourrons faire de l'aide aux devoirs en classe pleine et je suis certain que cela va se transformer en une demi-heure d'enseignement.
        On peut voir ce qui se passe dans les collèges avec "vie de classe" qui est consacrée à récupérer les cours ou exos non faits en classe.
        • Galibab, le 17/10/2012 à 08:42
          Oh là ! J'espère bien que vous affabulez ! Personnellement, je n'ai jamais vu l'heure de vie de classe reconvertie en heure de cours ou de soutien !

          Enfin, je n'ai pas bien compris : mes enfants ont une étude facultative (et payante, mais pour un tarif ridiculement bas) de 16h30 à 17h45 : cette étude est surveillée par des enseignants qui font faire leurs leçons aux élèves.
          et pour les parents qui travaillent (et ils sont tout de même très nombreux), cela résout à la fois le problème de la garde et de la récupération, et du travail à la maison - les leçons sont faites, et bien faites, que ce soit pour les enfants en difficultés ou pour les autres. Pour ce qui est de l'école le mercredi, les enseignants en collège et lycée travaillent aussi ce jour là !
          • legiemble, le 17/10/2012 à 10:18
            Reforme de profs pour les profs, le secondaire n'est pas touché alors qu'il est le noeud du probleme. Au fait, je ne connais aucun instits avec des week end de trois ou quatre jours ! Même au bout de vingt ans de carriere. Et pour finir, avez vous lu les résultats de toutes les enquetes, notamment dans ces colonnes. Les instits font le plus d'heures, sont dans les plus mal payés, que ce soit au niveau français ( quid de la reforme de prof des écoles qui remettait tout le monde sur un pied d'égalité) ou au niveau européen voir international ...Quand à l'affabulation de laulau2802, je suis au regret de la partager avec mes deux en 4eme.
          • laulau2802, le 17/10/2012 à 09:35
            Non, non je n'affabule pas, ma fille ne 4° l'année dernière n'a pratiquement pas eu vie de classe.
            • Patss, le 17/10/2012 à 15:23
              Les heures de vie de classe n'étant pas rémunérées, vous devriez être contents que les professeurs effectuent des heures supplémentaires bénévoles. Mais en fait il s'agit surtout du rattrapage des heures de cours perdues à faire vie de classe, parce qu'on ne peut pas attendre la prochaine heure de vdc pour gérer l'urgence des nombreuses tâches à accomplir par le professeur principal.
  • chabrun, le 17/10/2012 à 07:20
    Une remarque sur le nombre d'heures à effecteur.
    Les enseignants doivent 26 heures (avec l'aide personnalisée), ils seront à 25 heures avec la nouvelle semaine si l'aide personnalisée regagne le temps d'enseignement. C'est là, qu'il faut insister: l'aide personnalisée  doit être effectuée dans la classe, une affaire de pédagogie !
    Mais tous les syndicats sont-ils d'accord ?

    Une autre sur les devoirs
    Ce n'est pas l'aide au devoirs qu'il faut contester mais les devoirs en tant que tel. Plus de devoirs, parlons de travail personnel, c'est un moment de l'apprentissage donc de celui de la classe ...


  • ecoframboise, le 17/10/2012 à 06:12
    Quid de la formation continue ?? Que deviennent les animations pédagogiques ?...
    Elles disparaissent ? En ce cas quid du devenir des conseillers pédagogiques ?
    Elles sont placées le mercredi après-midi ? Donc travailler encore plus pour gagner moins ?
    • Tiluris, le 17/10/2012 à 10:46
      Oui quand on est "envoyé" à 120 km de chez soi, une demi-journée de plus aura forcément des conséquences budgétaires...(la journée de carence est presque plus rentable dans ce cas....d'ailleurs est-ce une demi-journée de carence du coup ?)

      Oui pour les parents qui ont un enfant de moins de 3 ans et qui le gardait eux-même à la maison cette demi-journée aura un coût en terme de garde...

      Et au final : on ne gagne pas grand chose en terme de qualité de vie (journées raccourcies qui ne le sont plus) ou même de préparation....

      Et je pense à mes petits de maternelle (qui dorment sur le banc à 11h les vendredis tellement ils sont déjà fatigués...et ce sont des enfants gardés par leur maman...donc je ne les imagine même pas avec le mercredi matin en plus...)
      • delphe, le 17/10/2012 à 19:41
        Et, peut-être tout simplement, Quid des rythmes scolaires ???
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