Tribune : S. Grandserre : Ecole le samedi : moi, ça m’dit ! 

Dans cette tribune, Sylvain Grandserre, professeur des écoles mais aussi chroniquer radio, explique pourquoi le samedi matin se prête mieux que le mercredi matin au retour d'une 9ème demi-journée au primaire. " C'est une erreur monumentale de vouloir faire coïncider temps parental et temps scolaire. Pour que les rencontres aient lieu, il faut au contraire qu'à un moment les uns soient libres quand les autres ne le sont pas !"

 

Tout de même, quel incroyable pataquès ! Depuis des mois on réfléchit à la meilleure façon de réorganiser la semaine scolaire sur quatre jours et demi en rencontrant mille difficultés pourtant bien prévisibles. Comme j’ai pu l’annoncer dès le mois d’août (France Info 31/08/2012 ou France Culture, Rue des Ecoles, 01/09/12), la tentative de réforme des rythmes scolaires n’a fait que rappeler combien l’éducation est nationale, mais l’école… communale ! Nous voici, depuis des mois, et malgré une refondation (qui fond au soleil) de l’école de la République mobilisant plus de 600 intervenants, dans un imbroglio qui vaut, par ses douleurs et blocages, bien des lumbagos. Tout le monde s’en mêle… et s’emmêle !

 

Petit rappel : l’Ecole, telle que nous la connaissons depuis plus d’un siècle, a toujours eu lieu 5 jours par semaine, autrefois du lundi au samedi – entier jusqu’en 1969 ! - avec la coupure du jeudi (transférée au mercredi en 1972). Mais pour des raisons électoralistes (le départ en week-end des cadres), sociétales (les familles recomposées) et bassement économiques (faire assurer aux enseignants l’aide personnalisée en lieu et place des RASED dès lors démantelés pour économiser des milliers d’emplois), il a été décidé en 2008 de limiter l’exposition scolaire des élèves à 4 jours hebdomadaires, faisant du système scolaire français celui qui offre à la fois le moins de jours de classe, mais les journées les plus lourdes.

 

La gauche et un peu de raison étant revenus au pouvoir, la question d’un nouvel aménagement de la semaine scolaire est à nouveau posée. Mais sous le vernis de l’ouverture apparaît une couche de dirigisme qui voudrait que la demi-journée de classe réintroduite ne puisse être placée, sauf dérogation, que le mercredi matin (V. Peillon, BFM TV, 17/09/12). Ah bon ? Et au nom de quoi ?

 

On notera au passage que tous ceux amenés publiquement à s’exprimer ne vivront qu’à distance ce bouleversement : journalistes, universitaires, chronobiologistes, syndicalistes, politiques… Qu’il me soit donc permis ici, en mon nom propre, mais avec la légitimité de ceux qui mettent en œuvre ce que d’autres décident, de rappeler qu’une solution existe, ni coûteuse, ni révolutionnaire : la classe le samedi matin ! Solution imparfaite mais ô combien plus simple que l’enlisement auquel on assiste, jusqu’à cet « étalement » - que ce mot est cruel – sur deux ans tel qu’il vient d’en être décidé par le Président de la République. On l’aurait presque oublié dans les méandres des discussions et les dédales d’argumentations, mais il y a peu, ce temps de classe du samedi matin semblait normal… et pour cause, si l’on veut bien prendre la peine de lire les 10 arguments qui viennent.

 

1/ Le samedi matin a l'avantage de se situer... en fin de semaine ! Ainsi, retombons-nous sur nos pieds : mise à jour des corrections, feuilles à coller, mise en commun des recherches, réunion de vie de classe, présentation de travaux, affichages... Bref, on « solde » la semaine pour repartir du bon pied le lundi ce que ne permet pas la classe du mercredi.

 

2/ C'est une erreur monumentale de vouloir faire coïncider temps parental et temps scolaire. Pour que les rencontres aient lieu, il faut au contraire qu'à un moment les uns soient libres quand les autres ne le sont pas ! Ainsi, nombre d'écoles accueillaient les parents le samedi : informatique, ateliers, bibliothèque, socialisation des productions, mais aussi rendez-vous le midi ou au moins prise de contact à la barrière.

 

3/ On l'oublie un peu vite en comparant la France à ses voisins mais notre pays à un découpage spécifique avec ses 36.682 communes (4 fois plus qu'en Italie par exemple) mais surtout ses 55.000 écoles ! Or, qui sera à la barrière de ces dizaines de milliers de structures un midi en plein milieu de la semaine pour récupérer six millions d’écoliers ? Les communes ? Mais où, comment, avec qui, pour faire quoi ?

 

4/ Si l'on répartit, comme je le souhaite, l'école sur 4 journées et demi, se posera aussi la question du maintien des 2 heures d'aide personnalisée en dehors du temps de classe. Pour qu'il y ait 3 heures de classe le mercredi ou le samedi matin il faudra allonger excessivement la pause méridienne avec ce problème : qui prendra le relais et quel rôle joueront les mairies dans cette réorganisation (ramassage, cantine, garderie, centre aéré) ? Rappelons qu’allonger la pause du midi, ce sera en bien des endroits du temps de préau en plus, et rien d’autre. Quant au coût, il est évalué à 600 millions d’euros pour les communes ! Voilà qui fait cher la récré…

 

5/ L'autre avantage de l'école du samedi matin, c'est qu'elle permettrait de mettre un frein à cette folie des week-ends sans limites horaires. De plus en plus d'enfants subissent les choix festifs de leurs parents qui voient dans un week-end entier l'occasion de se distraire au maximum. Pas grave se disent-ils, le petit récupèrera dimanche ! Nous pouvons assurer qu'il s'agit plutôt du lundi matin... Il faut absolument que le temps scolaire rythme davantage le temps familial et non l'inverse !

 

6/ Le samedi matin était un temps apprécié par tous car il échappait au rythme soutenu de la semaine. Chacun sachant que le week-end l'attendait à midi, l'atmosphère était différente. Avec la classe du mercredi, on conservera la tension constatée et l'on continuera à boucler la semaine à toute vitesse le vendredi après-midi.

 

7/ La classe du mercredi matin impose également cinq réveils d'affilée, même si pour certains élèves, c'est déjà le cas. Mais surtout, comment faire pour caser tous les rendez-vous : orthodontiste, orthophoniste, psychologue sans parler des activités sportives ou culturelles ? Quant à la formation des maîtres (animations pédagogiques) aura-t-elle lieu le mercredi après-midi ?

 

8/ Des municipalités ont fait le choix de promouvoir l'accueil du mercredi sur la journée : locaux, organisation, activités, personnel. Comment (re)déploieront-elles leurs moyens sans participer au morcellement du temps de travail des employés communaux qui entraîne nombre d'heures contraintes non payées pour simplement rester disponibles quelques heures par jour ? Peut-on espérer des services de qualité dans une telle précarité ?

 

9/ Puisque chacun s'exprimera en fonction de ses intérêts, il faut dire un mot des conséquences pour les professeurs. Tout d'abord, comme je l’ai rappelé, la coupure hebdomadaire a toujours existé. Ce repère historique participe au choix mais aussi à l’organisation du métier : animations pédagogiques, recherches, réflexion, correction, visites, lecture, échanges et bien entendu... récupération et distraction ! De plus, les enseignants du primaire sont à 82 % des femmes et donc, pour beaucoup, des mamans ! Leurs jeunes enfants non scolarisés nécessitent un mode de garde souvent payant (alors que le conjoint est souvent là le samedi). Et cela sans parler des frais de route engendrés par la nécessité de faire 36 fois de plus l’aller-retour domicile-école… Quelle compensation au moment où la glaciation de l’austérité rend nos salaires gelés au point que le professeur des écoles vient d’être déclassé par l’INSEE dans les « professions intermédiaires » ?

 

10/ Enfin, le mercredi est un temps libre qui permet des engagements : syndicalisme, politique, formation, sport, culture, pédagogie... Même si la tendance générale  de ces dernières années a été d'aseptiser au maximum les pratiques, attitudes et propos des professeurs, leur participation à la vie de la société reste un élément fondamental de la cohésion sociale.

 

Le Ministre a promis de discuter de tout, avec tous les acteurs, enseignants, parents, élus, scientifiques, médecins, spécialistes. J'espère que ce plaidoyer en faveur du retour au samedi matin - que je sais partagé par beaucoup d'autres parents, enseignants et élèves - participera à cette nécessaire réflexion qui ne peut se mener sereinement qu’en ayant connaissance de tous les éléments et toutes les possibilités pour choisir.

 

Sylvain Grandserre

Maître d’école en Normandie

Co-auteur de «Qui va sauver l’école ? » (ESF/France Inter)

Chroniqueur presse et radio

 

 

Par fjarraud , le vendredi 23 novembre 2012.

Commentaires

  • maxxmaxx, le 26/11/2012 à 20:53
    M. Granserre bonjour. Quelques commentaires... chronologiques...

    Paragraphe 1
    : on garde le meilleur pour la fin

    Paragraphe 2: La Gauche est revenu au pouvoir mais avec le même projet que la Droite à propos des rythmes scolaires. Et à la couche de dirigisme s'ajoute celle du mépris: Peillon "le projet passera avec les personnes de bonne volonté".

    Au nom de quoi le mercredi matin ? Au nom des lobbys du tourisme mais aussiau nom de la vie de famille, ce qui n'est pas mal non plus.

     

    Paragraphe 3

    1 - Depuis quand ferions nous les corrections le samedi ? Et le collage des feuilles ? C'est à mourir de rire !

    Au nom de quoi la mise en commun des recherches se ferait le samedi matin ? Au nom de quoi les réunions de vie de classe ne pourraient se dérouler que le samedi matin ? Parce qu'on arrive à la fin de semaine, que l'enseignant en amarre et qu'on se cale des matinées cool ?

    2 - Pour que les rencontres aient lieu, il faut que les enseignants serendent disponibles. C'est la moindre des choses. Des milliers d'enseignants sont bénévoles dans des associations, des clubs sportifs. Pourquoi le samedi entre 12 et 14h serait plus propice à ce qu'ils restent à l'école ?

    3 - Vous vous souciez de qui sera à la barrière un jour par semaine ( à midi)mais qui sera à la barrière de l'école à 15h30 pour récupérer six millions d'écoliers 4 jours sur 5 ???

    4 - Allonger la pause méridienne donc allonger le temps de présence des enseignants sur place, c'est bien ça ?

    5 - Les parents laxistes ne le sont pas seulement le weekend. Combien d'élèves se couchent bien trop tard en semaine ? Allons nous, nous enseignants,régler tous les problèmes de la société ?

    6 - Le samedi matin était un temps "apprécié" pour son fort taux d'absentéisme. Et donc, "on" faisait des "matinées cool"pour pas avoir à  rattraper des apprentissages importants. Chacun sachant que le weekend l'attendait à midi,l'atmosphère était à la démobilisation et à la déconcentration.

    7 - Orthodontiste, orthophoniste, psychologue... j'ai pas lu quelques lignes plus haut que "Il faut absolument que le temps scolaire rythme davantage le temps familial et non l'inverse !"

    La classe du samedi matin imposera aussi à des milliers d'écoliers de ne plus faire leurs tournois de foot, rugby, judo qui se déroulent sur la journée...

    8 - Comment les municipalités vont elles gérer la mise en place d'un accueil péri scolaire de qualité à partir de 15h30. Où vont-elles trouver les animateurs disponibles sur ce créneau ? Comment vont-elles financer cet accueil de qualité?

    9 - Cf point 2. Des milliers d'enseignant sont aussi des bénévoles. Ils donnent de leur temps les weekends et en particulier les samedis. Pour le reste, on est bien d'accord. Mais le retour au samedi ça serait aussi 36 allers-retours,non ?

    10 - Quitte à se répéter, le samedi est AUSSI un temps libre qui permet des engagements. Vous connaissez beaucoup de clubs sportifs qui fonctionnent uniquement le mercredi ? Toutes les compétitions se font le samedi !

    Et donc retour sur le paragraphe 1:

    L'école telle que moi je la connais n'a pas toujours eu lieu 5 jours par semaine. Oui, "moi je" mais c'est un "moi je" qui englobe quelques milliers d'enseignants. Parce que ce serait un oubli incroyable de ne pas savoir que des milliers d'école en France fonctionnent en semaine de 4jours depuis 18 ans !

    Oui, deux générations d'écoliers du Primaire vous avez bien lu. Deux générations, plusieurs dizaines de milliers d'élèves ont connu UNIQUEMENT la semaine a 4 jours (de Bayonne à Rennes en passant par Bordeaux et Nantes. Enfaisant même un crochet par Lyon...).

    Et si on en faisait le bilan ? Et si on comparait les résultats des évaluations nationales de ces milliers d'écoles à 4 jours avec les résultats des écoles qui étaient pendant ce temps à 4 jours et demi ?

    Chiche !

    • Bzzig, le 01/12/2012 à 20:12
      Ouf! Je ne suis finalement pas la seule à penser comme ça. Je commençais presque à culpabiliser à en lire la teneur de l'avis général...
  • gebau, le 25/11/2012 à 10:28
    Pas vraiment d'accord avec cet article...
    Un petit détail avant de commencer, vous dites que c'est la gauche qui ramène cette idée mais la droite l'avait annoncée depuis un bon moment aussi...Peu importe.
    J'ai le sentiment que certains de vos arguments sont un peu trop en rapport avec l'aspect économique hormis le fait que le samedi matin permettra la rencontre parents/enseignants.
    Vous annoncez que la récréation du midi coutera cher mais pourquoi vouloir une pause méridienne si longue?
    Vous annoncez que ce serait bien pour les enseignantes femmes elles paieront moins de garde d'enfants que le mercredi car leur mari sera là! Elles préfèreraient peut être s'organiser pour la garde du mercredi et passer du temps avec leur mari...

    Vous dites également que les réunions, concertations auraient lieu le mercredi AM si cours le mercredi matin. S'il y a classe le samedi matin et concertation le mercredi AM il me semble que dans les 2 cas il reste peu de temps pour la préparation des cours (sauf si les journées saont réellement raccorcies) et ce, dans les 2 cas. Je ne vois donc pas où est l'avantage.

    Vous dites que le mercredi matin est un temps qui permet activités sportives et culturelles... Le samedi matin l'est tout autant!

    Pour ce qui est du rythme des enfants le week end, je ne suis pas sur que le fait d'avoir école le samedi matin empêchera les parents de faire des soirées qui se prolongent le samedi soir. On ne peut pas empêcher les gens qui le souhaitent de se distraire. Peut être même qu'au contraire, les activités seront plus condensées et les enfants arriveront plus fatigués le lundi.
    De même personne ne peut nier qu'il y a de plus en plus de familles recomposées qui habitent parfois loin l'une de l'autre. Aller voir un parent le vendredi soir pour 2 jours OK mais y aller le samedi après-midi ça fait court quand même. Et je pense que l'école doit savoir s'adapter au rythme de la société. Ce n'est pas parce que c'était comme ça en 1950 que ça doit l'être en 2010.

    Et pour le samedi qui est en fin de semaine donc mieux pour coller les feuilles etc... s'il ya le même nombre de demi-journées travaillées dans la semaine, c'ets juste une question d'organisation, on peut réserver le vendredi après midi à cela en prenant plus de temps qu'actuellement car le mercredi matin nous aura permis d'avancer dans notre travail de la semaine.

    J'ai bien évidemment mis l'accent sur vos arguments que je ne défends pas forcément mais je suis bien d'accord que la réforme pose de vrais soucis d'organisation et de coût pour les communes. Pas sur que ce soit le bon moment pour faire une réforme couteuse. Et pour ce qui est des activités sportives et culturelles en fin d'après midi, il va être très compliqué de mobiliser du personnel qualifié et des infrastructures disponibles pour tous les enfants au même moment (je n'ose même pas penser aux petites communes qui n'ont pas de salle de sport ou peu de possibilité d'accueillir des élèves pour des activités culturelles...)
  • LAURENT LAMAGNE, le 25/11/2012 à 09:31
    Je me reconnais beaucoup dans vos propos, même si je suis persuadé qu'il n'y a pas à toucher à la semaine de quatre jours, largement suffisants pour des élèves de 2 à 11 ans.
    Il suffirait d'éliminer toutes les matières qui ont été rajoutées au programme ces 10 dernières années alors que les professeurs des écoles ne sont pas formés pour les enseigner et qui pourraient l'être par d'autres intervenants, justement après 15h30 : informatique, éducation routière, ...
    On pourrait aussi largement alléger les programmes de sciences, technologie et géographie, pour les mêmes raisons, d'autant que beaucoup de leçons peuvent largement attendre le collège pour être vues tant elles sont pointues. On se limiterait à des notions de base, en rapport avec la vie de classe et pré-requises pour le collège.

    Je trouve inadmissible qu'on demande aux enfants et aux enseignants de travailler cinq jours d'affilée au prétexte de raccourcir des journées trop longues alors même qu'on sait pertinemment que quasiment aucun enfant ne quittera réellement l'école à 15h30 dans la mesure où les parents travaillent et ne pourront se libérer à cette heure. Ils seront donc confiés une heure de plus chaque soir (soit des journées de 10-12 heures) aux services de garderie municipale dont les principales activités sont bien moins enrichissantes que celles qui peuvent être organisées le mercredi : piscine, patinoire, promenades, ...
    De plus, le ministre sait très bien que la véritable raison de la fatigue des élèves se situe à la maison et non à l'école. Il est donc évident que la réforme prévue ne fera qu'aggraver les choses puisque, "démagogiquement", rien n'est prévu en parallèle pour obliger les parents à coucher leurs enfants à une heure raisonnable chaque soir, et à avoir avec eux une attitude responsable, en accord avec leur réussite scolaire.
    Bien au contraire, on leur envoie encore un signal pour les déresponsabiliser encore un peu plus : plus de devoirs voire de leçons à la maison.
    En ce qui concerne les professeurs des écoles (qui font bien plus que les 26 heures hebdomadaires devant les élèves puisqu'il faut ajouter à cela les heures de préparation des cours, de correction, de réunions et rencontres avec les familles dont le nombre a fortement augmenté ces dernières années, sans compter le bénévolat traditionnel : marché de Noël, loto, fête d'école et autres sorties dépassant les heures légales), ils pourraient, sur ce temps ainsi dégagé, davantage se réunir pour travailler en équipe et discuter des élèves.

    Je suis révolté par tout ce qui se passe depuis septembre et, après plus de vingt ans d'une carrière choisie par vocation, j'envisage, vue la tournure que prennent les choses, de me réorienter professionnellement, alors même que je suis bien noté et crois ne pas faire de mauvais travail avec mes élèves.

    Le fait que je ne sente pas du tout que nos syndicats majoritaires aient l'intention de défendre les demandes et les besoins de la base mais sont en train d'étouffer la révolte m'écoeure encore plus.
    (Je ne fais pas d'antisyndicalisme primaire, je suis simplement très supris et déçu.)
    Je suis triste également de ne pas lire de réactions de soutien de la part des enseignants du secondaire à leurs collègues du primaire.

  • lolo35, le 24/11/2012 à 10:44
    Et bien moi" l'Ecole le samedi :  ça ne m’dit pas ni le mercredi d'ailleurs! "Dans notre région cela fait 20 ans que nous sommes à la semaine de 4 jours et nos élèves ne sont pas plus fatigués que dans les autres régions (sinon ça se saurait) ! Lorsque j'ai commencé à enseigner avec le samedi matin je faisais 50km aller pour retrouver mes élèves et nous ne faisions que boucler ce qui n'avait pas été terminé dans la semaine...Un déplacement pour pas grand chose...Et les parents n'intervenaient pas dans les classes mais allaient faire leurs courses "tranquilles", comme ils disaient!Remettre l'école le samedi n'empêchera pas certains de nos élèves de se coucher tard!Combien arrivent ,sur la semaine, en parlant de films, matchs de foot qu'ils ont regardé tard le soir?...Vous connaissez d'autres pays d'Europe qui envoient leurs élèves le samedi à l'école?La question des rythmes scolaires ne me semble pas, comme à beaucoup de collègues, la priorité ! Une autre solution qui ne coûte rien à l'état et qui nous semble  bien plus fondamentale est l'allègement des programmes! Si nos élèves sont fatigués c'est parce qu'on leur en demande toujours plus au lieu de se concentrer sur les fondamentaux et cela nous l'avons observé depuis les programmes de 2008.La semaine de 4 jours se gérait très bien avant!
  • legiemble, le 23/11/2012 à 19:33
    Enfin quelqu'un qui a lu le rapport de 2010. Celui ci disait que deux jours complets c'était trop long, et une demi journée trop court. Il restait donc une journée et demi et une journée comme solution. Mais dans leur grande sagesse, personne n'avait voulu mettre un nom sur ces jours car cela aurait ressemblé à la semaine que Xavier Darcos venait de supprimer.
    Bien sur que le samedi est la meilleure des solutions car oui, il faut des temps qui permettent la rencontre. Malheureusement, les instituteurs ,qui n'ont toujours pas été consultés sur le sujet de la refondation, on rapidement compris que le débat était de toute maniere tranché avant sa mise en dialogue. Vincent Peillon n'a jamais cessé de dire que se serait le mercredi matin.En cela, il utilise les mêmes méthodes que ses prédécesseurs. Le Dialogue, c'est ceux qui en parlent le plus qui le pratique le moins.
  • ellebasi, le 23/11/2012 à 19:15
    Complètement d'accord avec Sylvain Granserre . Le seul argument en faveur du mercredi, c'est pour les enfants dont les parents sont séparés et vivent loin l'un de l'autre, et pour lesquels les échanges du week-end peuvent s'avérer un peu plus difficiles ... mais autrement , le choix du samedi matin est bien plus intéressant pour toutes les raisons évoquées , et nettement moins compliqué (et moins onéreux) à mettre en place pour les communes ..
  • tchabel, le 23/11/2012 à 10:18
    Cette proposition du samedi matin est en effet frappée du coin du bon sens et tous les arguments sont en faveur à la fois d'une optimisation du travail de classe et d'un bon équilibre pour l'élève.
     Elle offre une "respiration" tant pour l'enseignant que pour l'élève, un sas entre la semaine de travail  et les retrouvailles avec la vie familiale. C'est à juste titre un véritable lien entre l'école et les parents car ceux-ci sont à la fois disponibles et détendus. Ce que ne permet  absolument pas le mercredi matin, qui va être une véritable usine à gaz pour les parents en leur ajoutant un stress dont ils n'ont pas besoin. Et que dire des petits de maternelle. On ne va quand même pas les réveiller pour 3 heures à l'école!!
     D'ailleurs, soit dit en passant, eux n'ont vraiment  besoin ni du mercredi, ni du samedi! Et l'école devrait être bien plus souple pour eux qu'elle ne l'est. Les enfants devraient pouvoir y venir quasiment à leur rythme, en fonction de leur heure de réveil et de leur disponibilité psychique, de leur envie. Ce qui suppose une totale remise à plat de la pédagogie en maternelle: offrir un milieu riche, des ateliers multiples, et non une didactique calquée sur le primaire avec une progressivité bien hypocrite. 
    Mais qui pense vraiment au bien de l'enfant? Hélas, ni l'institution, ni malheureusement bien des parents. Souvent, par méconnaissance d'ailleurs de la réalité de la vie de classe, qu'ils idéalisent souvent. Ils ne réalisent pas combien une journée de classe est éreintante pour l'élève, et est parfois à la limite de la maltraitance quand au respect de leurs rythme biologique et du bien-être d'enfant. Et pourtant tous les spécialistes en psychologie et chronobiologie en cessent de le dire depuis plus de 30 ans...Pour d'autres, je m' élève contre cet égoïsme grandissant qui les fait abandonner leur enfant aux bons soins de l'école, en utilisant jusqu'à la corde les services de garderie et de cantine au mépris encore de leur équilibre. Qui n'a pas vu un bout'chou de 3 ans pleurer le midi quand il faut aller à la cantine  ou être abattu à 5 heures quand il doit aller à la garderie. Si nous n'y prenons garde, nous paierons les pots cassés, les enfants paieront, car ils n'auront pas eu d'enfance. On leur aura volé leur enfance en leur faisant vivre des vies d'adulte avant l'heure. le développement de la violence à l'école devrait pourtant nous interpeller, elle est sans doute le signe d'un profond malaise des enfants. L'institution doit refonder l'école certes, modifier les rythmes scolaires, mais les parents, aussi, doivent se sentir pleinement concernés et voir ce qu'ils peuvent faire pour améliorer la vie de leurs enfants à l'école (ce qui implique le prise en compte des temps immédiatement avant et après l'école: les temps de cantine qui peuvent parfois être "mixés" avec une prise en charge à la maison une ou deux fois par semaine par un parent ou une nounou hors temps scolaire, même chose pour la garderie ou le centre aéré) sans uniquement incriminer et légitimer leur désengagement du fait de leurs obligations professionnelles (qui sont réelles).
    Nous devons TOUS mettre la main à la pâte, afin que cette belle pâte que sont nos enfants lève bien, s'élève bien et harmonieusement, car ce sont des perles précieuses que nous devons protéger. Il est urgent de penser à eux!

    • gebau, le 25/11/2012 à 20:14
      Si la vie est si stressante, libre à chacun de la faire évoluer. Ce sont des choix personnels bien souvent. En effet la vie (en ville notamment) est parfois stressante mais je ne vois pas en quoi c'est l'école qui doit devenir un sas de décompression et de respiration...Les parents sont les premiers responsables de leur enfant et ils doivent aussi s'adapter à son rythme.
      On peut se reposer chez soi en famille le samedi matin, pas besoin de l'école. Et ceux qui pensent que les journées finiront plus vite s'il y a école le samedi (ou le mercredi) matin, je réponds que pour beaucoup d'enfants les journées censées finir à 15h30 finiront toujours vers 18h ou 19h car les parents ne pourront pas tous venir les chercher. Le bilan c'est donc pour certains élèves 4 jours jusqu'à 18h + le samedi matin. On ne peut pas dire que ce soit très bénéfique pour eux.
    • ColdTrukey, le 24/11/2012 à 16:18

      Ah, le coin du bon sens !
      Mais aucun bon sens dans tout cela. Comme d’ordinaire, le problème est pris à l’envers. Il ne se limite pas au choix d’un mercredi ou d’un samedi. La question est : quelles sont les meilleures conditions pour permettre à notre école d’apporter le meilleur enseignement possible à nos enfants ?
      Il y a effectivement un problème de rythme qui n’est pas seulement le fait de l’école. Alors comment permettons-nous à l’ensemble des enfants d’étudier au mieux ? Quelles vont être les modifications d’horaires, de programmes et d’organisation ? Comment cela s’inscrira-t-il dans le fonctionnement de l’école et des collectivités ? Qui finance ?
      4 jours ou pas, samedi ou mercredi, c’est une vision très réductrice.
      De plus, l’image donnée est celle d’une institution qui avance et recule mais ne semble pas savoir où elle va. Un peu comme du bricolage...


    • Isabellecole, le 24/11/2012 à 10:28
      Je ne comprends pas ce qui se prépare : on parle d'alléger la semaine mais je crois qu'on est en train de la charger au maximum. On a perdu de vue le but de l'école pour en faire un mode de garde bon marché des enfants, ballottés d'activités en activités. Il en est de même pour le travail des enseignants : il faut les occuper à tout prix, sinon on a le sentiment qu'ils sont payés à ne rien faire. On parle d'individualisation des parcours mais on fait plutôt de l'abattage tellement on est sous la pression des programmes et des domaines à enseigner. Pas le temps d'approfondir. On dit que les enfants zappent, mais la faute à qui ? Je me souviens d'une époque où on avait libéré un samedi sur trois. C'était bien agréable : on avait effectivement ce samedi pour boucler la semaine, voir des parents moins pressés, et puis un congé de fin de semaine entier pour respirer. Est-ce que revenir à cette alternance ne pourrait pas mettre tout le monde d'accord ? En tout cas j'adhère totalement à l'analyse de S. Grandserre. Redonner de l'importance à l'école c'est dire que la société doit vivre à son rythme et non pas l'inverse. Et rappeler sans cesse que la vie d'un enfant n'a pas à être calquée sur celle des adultes, mais bien le contraire. On n'est revenu à l'époque où on ne reconnaissait aucune spécificité à l'enfant, considéré comme un adulte en miniature. Quel progrès !
      • Dindemma, le 25/11/2012 à 11:48

        Pardonnez moi M. Grandserre, mais je ne suis pas d'accord...

        1/ Le samedi matin a l'avantage de se situer... en fin de semaine ! Le vendredi après-midi aussi est en fin de semaine, et je ne vois pas ce qui vous empêche de procéder à toutes ces tâches de clôture à ce moment là? Sont-elles uniquement réalisable le matin?

        2/ C'est une erreur monumentale de vouloir faire coïncider temps parental et temps scolaire. L'erreur monumentale est peut être de demander toujours à l'école de se plier davantage aux exigences de ces mêmes parents : question de responsabilité, quand on est parent, on se dégage du temps pour s'occuper de la scolarité de ses enfants et bien souvent, les enseignant sont capables d'effort pour trouver un moment disponible tard le soir, tôt le matin ou que sais-je encore... Quant à la présence de parents pour animer des ateliers, si je ne m'abuse, les règlementations au sujet des intervenants ne le permettent plus.

        3/ On l'oublie un peu vite en comparant la France à ses voisins mais notre pays à un découpage spécifique avec ses 36.682 communes (4 fois plus qu'en Italie par exemple) mais surtout ses 55.000 écoles ! Qui sera à la barrière le mercredi midi? Les mêmes qui étaient disponibles pour un mercredi entier à la maison!

        4/ Si l'on répartit, comme je le souhaite, l'école sur 4 journées et demi, se posera aussi la question du maintien des 2 heures d'aide personnalisée en dehors du temps de classe. Pour qu'il y ait 3 heures de classe le mercredi ou le samedi matin il faudra allonger excessivement la pause méridienne avec ce problème : qui prendra le relais et quel rôle joueront les mairies dans cette réorganisation (ramassage, cantine, garderie, centre aéré) ? Rappelons qu’allonger la pause du midi, ce sera en bien des endroits du temps de préau en plus, et rien d’autre. Quant au coût, il est évalué à 600 millions d’euros pour les communes ! Voilà qui fait cher la récré… Ici nous sommes d'accord, et voilà qui montre bien que le problème c'est l'existence même de cette 1/2 journée supplémentaire et non sa place dans la semaine.

        5/ L'autre avantage de l'école du samedi matin, c'est qu'elle permettrait de mettre un frein à cette folie des week-ends sans limites horaires. L'école doit-elle éduquer les parents? Si on en arrive là, alors notre société va encore plus mal que ce que j'imaginais... Sans compter que les horaires impossibles ne sont pas l'apanage du week end... Combien d'enfants dans nos classes sont couchés après 22H, 23H en semaine? L'inconvénient du samedi matin, par contre, c'est l'absentéisme massif qu'il provoquera, sachant que les parents, si respectueux de notre école, ne sacrifieront pas leurs déplacements de fin de semaine. Les enseignants, eux, feront une croix dessus...

        6/ Le samedi matin était un temps apprécié par tous car il échappait au rythme soutenu de la semaine. Jeune collègue que je suis, je ne peux vous parler du samedi matin que de mon point de vue d'élève à l'époque où je l'ai connu. Verdict : beaucoup de temps dégagé par la maîtresse pour aider les plus faibles (pendant que je m'ennuyais), beaucoup d'absents (ce qui me faisait enrager), des activités manuelles (que je pouvais faire à la maison) et au final une journée avec beaucoup moins d'apprentissages. Ce changement de rythme n'a pas d'intérêt, mieux valent 5 journées équivalentes, avec moins de 6h, comme tant de pays le pratiquent déjà!

        7/ La classe du mercredi matin impose également cinq réveils d'affilée, même si pour certains élèves, c'est déjà le cas. Pour la majorité des élèves, soyons réalistes... Je vais me répéter : travailler le mercredi doit s'accompagner d'une refonte globale : par exemple 8h30 / 15H du lundi au vendredi. Voilà du temps pour du repos, des rendez-vous, des formations etc. Quant aux médecins, ayant moi-même la grande chance de les fréquenter très régulièrement pour des problèmes lourds et bien qu'habitant en zone très rurale, ils m'accueillent le samedi! Serais-je une exception?

        8/ Des municipalités ont fait le choix de promouvoir l'accueil du mercredi sur la journée : locaux, organisation, activités, personnel. Encore une fois, les heures du mercredi matin peuvent se redéployer sur les fins d'après-midi du reste de la semaine, ou sur la pause méridienne pour proposer autre chose que du temps de préau.

        9/ Puisque chacun s'exprimera en fonction de ses intérêts, il faut dire un mot des conséquences pour les professeurs. Je vois ici, pour ma part, un argument pour le maintien à la semaine de 4 jours, pour toutes les raisons avancées. Si mes 5 journées "raccourcies" -qui me semblent être le seul fonctionnement bénéfique pour les enfants- ne sont pas mises en place, alors OUI, restons à la semaine de 4 jours, ne nous abîmons pas davantage!

        10/ Enfin, le mercredi est un temps libre qui permet des engagements : syndicalisme, politique, formation, sport, culture, pédagogie... Oui, les enseignants ont besoin de temps libre, mais pas au détriment de leurs week ends qui sont un temps familial (parents, conjoint...) pour nombre de jeunes collègues nommés loin de chez eux (en fonction de l'IUFM fréquenté, de l'académie d'obtention du concours, du barême, du mouvement... autant de raison qu'ils ne maîtrisent pas). Comment envisager des aller-retours de plusieurs heures sur une journée et demie? Au prix actuel des transports, faudra-t-il renoncer à sa vie de famille, à ses amis pour financer un trajet pour l'école (parfois plus de 100km AR en début de carrière) au lieu d'un trajet privé?

        Une dinde, épuisée, du sud ouest.

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