Direction d'école : Les syndicats doivent se mettre d'accord 

"Nos collègues directrices et directeurs d'école ne trouveront jamais leur compte uniquement dans des indemnités compensatoires ou du temps de décharge", affirme Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen Cfdt dans une lettre adressée le 11 juin à Sébastien Sihr qui dirige le Snuipp. Les deux syndicats ont des vues divergentes sur l'avenir d ela fonction.

 

"La direction d'école ne doit plus être considérée comme une tâche annexe, mais bien comme une fonction spécifique, ce qui pose non pas la question du statut, mais celle du recrutement, de la formation, de la reconnaissance de l'investissement consenti et de la responsabilité assumée", continue F Sève.  "Pour le Sgen-CFDT, c'est en prenant à bras-le-corps la question de l'établissement du premier degré que nous pourrons répondre aux revendications de nos collègues directrices et directeurs".

 

"Créer un statut de responsable  hiérarchique", nous avait dit S Sihr le 6 juin, "est une mauvaise réponse à une vraie question. La question c'est la reconnaissance qu'être directeur est une fonction spécifique avec un travail particulier qui nécessite une reconnaissance et une formation". La question de la direction d'école divise les syndicats . Ce n'est pas une nouveauté. Ce qui l'est c'est que les oppositions sont publiques.

 

Sihr le 6 juin


Par fjarraud , le mercredi 12 juin 2013.

Commentaires

  • mbriant3, le 12/06/2013 à 17:05
    Effectivement, notre collègue ne doit pas souvent regarder sa fiche de paye. Etant directrice moi aussi d'une école de 4 classes, je suis désolée de le ramener à la triste réalité en lui indiquant que nous n'avons que 244 euro brut pour cette fonction : 132,97 d'indemnités de sujétions spéciales - 37,04 euro de NBI et 74,08 euro de points d'indice supplémentaires (16 points en plus). Soit environ 195 euro net. Très très loin des 500 euro annoncés.
    Quant au statut de la direction d'école, nos syndicats sont résolument contre, c'est pour cela que ça n'avance pas. Ils font semblant de s'y intéresser mais n'ont pas la moindre intention que cela bouge. Et pourtant !!!! Une grosse majorité de directeurs/trices le souhaitent, ne serait-ce que pour être respecter par les collectivités locales et leurs représentants, notamment les cadres, qui ne se gênent pas pour nous regarder de haut.
    • Spartacus, le 12/06/2013 à 17:35
      La grosse majorité est alors bien silencieuse car le gdid compte 2300 membres et il doit y avoir 48000 directrices et directeurs d'école en France, la marge de progression est impressionnante!!!
      Si vous voulez que cela change, il ne tient qu'à nous de nous mobiliser, il existe un outil le GDiD!!! Il suffirait d'être 10 000 adhérents et nos "chers syndicats résolument contre" devrait bien y réfléchir un peu.... un tout petit peu... car malgré tout notre situation devient intenable avec la meilleure volonté du monde.

      Chers directrices et directeurs n'hésitez plus et méfiez des contrefaçons!
      http://www.dirlo.fr/
  • Felix, le 12/06/2013 à 11:36
    Effectivement, nos représentants syndicaux ne sont pas prêts à se mettre d'accord pour défendre les intérêts des directeurs d'école.
    Le Snuipp représente une base importante d'enseignants du premier degré, avec un pourcentage faible de directeurs (comme dans la réalité de terrain). Pour cette base, un directeur se contentera d'une aide administrative et d'un accès à la hors classe (un peu) élargi, car les collègues ne se rendent absolument pas compte de la réalité du travail de leur directeur d'école tout en lui donnant un maximum de responsabilités dès que l'occasion se présente.
    Le Sgen-cfdt, tout comme le Se-unsa, sont des syndicats qui représentent un nombre bien moins important d'enseignants mais ils ont parfaitement compris tous les non-dits concernant le travail des directeurs, et demandent à juste titre que la fonction soit reconnue en tant que telle par un statut, ce qui paraîtrait logique au vu des responsabilités exercées de fait.
    Le ministère a des responsables qui connaissent leurs classiques et se rappellent des "maîtres-directeurs" et de la levée de bouclier unanime contre ce projet, même si cela peut paraître de l'histoire ancienne.
    Je prédis donc un statu quo, quelques miettes qui ne nous rendront pas plus service que celles données en son temps par De Robien, et en revanche 15 à 20 euros de plus (par an) pour chaque enseignant, yes, ça c'est de la négo ! (Car l'on privilégie toujours le quantitatif - un maximum de personnes à moitié satisfaites - par rapport au qualitatif - une réforme en profondeur touchant peu de personnes, c'est la leçon de la "démocratie")

    • Spartacus, le 12/06/2013 à 12:09
      Il est bien de prédire mais si la situation des directeurs ne te convient pas, tu pourras toujours utiliser tes 20 euros pour adhérer à l'association des directeurs gdid qui, seule, défend le statut pour les directeurs.
      Nous sommes aujourd'hui 2300 membres si demain nous sommes 10 000, cela serait différent!!!

      Alors engagez-vous, rengagez-vous!!!

      http://www.dirlo.fr/

  • yvesscanu, le 12/06/2013 à 10:43
    Le terme de statut pour directeur d'école peut recouvrir tellement de modèles différents que je le mettrai volontiers de côté.
    Par contre, voilà quelques pistes de réflexion que je me permets de lancer:

    une vraie formation pour diriger une école me semble essentielle
    du temps pour assurer la charge de travail aussi
    des sous je suis directeur d'une petite école à 4  classes et je n'ai pas fait le compte précis mais je dois gagner 500€ pour la direction c'est pas si mal. D'autre part la motivation dêtre directeur pour gagner plus ne contribuera pas à nous rendre plus compétents.
    garder sous une forme ou une autre une charge d'enseignement me semble indispensable pour diriger efficacement une école. Je n'accorde plus beaucoup de crédit à tous ceux qui ont par le passé étaient "mes collègues"!
    pour finir une position hiérarchique? Pourquoi faire jouer du bâton et de la carotte avec les collègue...
    Quel beau modèle de travail d'équipe et de coopération offririons-nous à nos élèves...
    Pourquoi ne pas conserver ce beau modèle d'un conseil des maîtres souverains et le faire fonctionner avec un directeur plus disponible.
    Yves Scanu
    yvesscanu@free.fr
    • Spartacus, le 12/06/2013 à 11:29
      Effectivement, tu n'as pas du faire le compte de ton indemnité de direction, cher collègue. Car, étant directeur 8 classes, cela représente à peine 300 € net!! 
      En ce qui concerne le conseil de maître décisionnaire à 3 collègues plus toi cela peut encore fonctionner mais imagine à 8, 10, 15 collègues.....
      Malgré tout, le consensus est tout le temps à rechercher avant de trancher, mais parfois les avis des collègues s'opposent, se croisent, s'entremêlent et pas toujours dans l'intérêt des élèves, le directeur doit pouvoir décider dans l'intérêt de l'école et des élèves.
      En cela, je te rejoins sur la nécessité de garder un contact avec la classe. Le directeur, pour être le leader pédagogique de l'école, ne peut être sans élève et non sans classe..... Pourquoi ne pas imaginer plutôt un directeur chargé d'enseignement, plutôt qu'un enseignant chargé de la direction. Le voilà notre enseignant surnuméraire!! Qui connais le mieux tous les élèves de l'école, qui préside toutes les équipes éducatives, qui organise les APC?? Le directeur.....
      Quelle image fais-tu apparaître du chef d'établissement quand tu parles "de bâton et carotte", cela infantilise les collègues et positionne le directeur en dictateur!
      Le directeur doit être un leader administratif, pédagogique et organisationnel en cela il doit rechercher les points d'accord avec tous les partenaires: collègues, familles, mairie mais il doit avoir le pouvoir de décider en dernier ressort car c'est lui qui à la responsabilité de veiller au bon fonctionnement de l'école (décret de 89) . Actuellement, il en a la responsabilité mais pas le pouvoir car celui-ci est à l'échelon supérieur, l'IEN. Cette situation n'est plus tenable en l'état!!
      Bon courage à toi en cette fin d'année et repense peut-être à cela, le jour de ton conseil des maîtres sur les répartitions des élèves!!
  • Spartacus, le 12/06/2013 à 09:16
    M. Sève aurait pu rajouter de la même manière que les directeurs ne trouveront pas non plus leur compte avec une EVS comme aide administrative comme le préconise M. Sihr.

    Il est quand même aberrant que le snuipp se batte bec et ongle pour le statut des aides aux directions d'école alors que dans le même temps il refuse la reconnaissance du réel statut des directeurs d'école qui, actuellement, sur le terrain, permettent aux écoles de fonctionner tant bien que mal.
    Cette position du snuipp qui se veut défendant les enseignants chargés de direction d'école en lieu et place des directrices et directeurs d'école montre bien la volonté de statu quo de ce syndicat.
    La position du sgen cfdt est tout autre car en appelant à prendre à bras-le-corps la question de établissement du premier degré, elle pose de fait le statut du directeur qui aujourd'hui est le grand oublié de la refondation alors qu'il est la pierre angulaire de l'école sur le terrain de part ses multiples connexions: élèves, collègues, familles, mairie, association, agents municipaux, hiérarchie administrative....
    Cette position stratégique ne peut plus être possible sans une redéfinition du cadre d'emploi des directrices et directeurs d'école!
  • PierreL, le 12/06/2013 à 08:46
    le mot "statut" fait peur, pourtant:
    Pour le SGEN: les directeurs devront avoir un recrutement spécifique, une formation spéciale, la reconnaissance de ce qu'ils sont, des directeurs... On a bien là les contours d'un statut du directeur d'école, de plus le SGEN préconise l'émergence d'établissements scolaires donc un directeur chef d'établissement.

    Pour le SNUipp: reconnaissance d'une fonction spécifique, travail particulier qui induit une formation adaptée et une reconnaissance... On est aussi dans la définition d'un statut nouveau pour les directeurs d'école.

    Il faut assumer et arrêter les phrases qui embrouillent plus qu'elles n'éclairent: "Créer un statut de responsable  hiérarchique est une mauvaise réponse à une vraie question."
    Je ne vois pas comment on peut gommer l'aspect hiérarchique de la fonction quand on est enfin d'accord pour reconnaitre les responsabilités, les compétences particulières et la spécificité d'un "DIRECTEUR" d'école ... Ou alors, il faut aller jusqu'au bout et changer notre désignation, comme on l'a fait pour les DASEN, ex IA.
    On deviendrait des "référents d'école". Pas certains que la culture de proximité du premier degré n'en prenne pas un sacré coup!


Vous devez être authentifié pour publier un commentaire.

Partenaires

Nos annonces