21 mars : La Journée de l'élimination de la discrimination raciale et l'école 

Cette année encore l'école va mollement célébrer, le 21 mars, la journée de l'élimination de la discrimination raciale. Pourtant l'Ecole n'échappe pas à la discrimination même si le mot  fait peur.

 

Levons d'emblée un doute. Les acteurs du système éducatif, à commencer par les enseignants, sont certainement parmi les moins susceptibles d'être imprégnés d'idées racistes. Cette idéologie est exactement l'antithèse des bases du métier d'enseignant. Si l'extrême droite a réussi à constituer un petit groupe de sympathisants enseignants ce n'est certainement pas en affichant le racisme.

Pourtant le système éducatif est parfaitement discriminatoire. C'est ce que nous dit Pisa 2012. En France les résultats scolaires sont liés plus qu'ailleurs à l'origine ethnique et pas seulement au niveau social. A situation sociale comparable, on observe un fort écart entre les résultats d'un autochtone et d'un allochtone. Et cela même pour la seconde génération.  Mais il n'y a même pas besoin des statistiques de l'OCDE. Chacun peut constater comment des filières, des établissements concentrent les "minorités visibles". Et des études, comme les travaux de G Felouzis sur les collèges du Bordelais confirment le phénomène. Mieux, l'institution elle-même me reconnait. Ainsi, le 19 avril 2013, G. Pau Langevin reconnait la discrimination. "L'école qui est pétrie de morale laïque, qui veut lutter pour l'égalité se retrouve en train de laisser perdurer des situations de discrimination", dit-elle. "On n'a qu'à aller en lycée professionnel voir les jeunes qui y sont et on comprend pourquoi pour eux ça correspond à une logique discriminatoire. Visuellement on a une impression de mécanisme discriminatoire alors que la discrimination est totalement bannie du système éducatif".

 

S'attaquer à la discrimination suppose que ses mécanismes soient mis à nu. Or ceux-ci sont complexes. " On a tendance à confondre la question de la discrimination dans une question de racisme et à l'aborder du point de vue des questions de mentalités, d'idéologie. L'approche anti-raciste entre, si on peut dire, par en haut, par les côtés « idéels ». La question discriminatoire entre plutôt par en bas, par la question des pratiques : est-ce qu'on traite tout le monde de la même manière ? La réponse est non", explique le sociologue F Dhume dans un article donné au Café.

 

La meilleure façon de célébrer cette journée pourrait être justement de s'intéresser à ces mécanismes et à en prendre conscience. Ce qui suppose déjà de se doter des éléments objectifs d'observation plutôt que se voiler le face.

 

François Jarraud

 

Unesco

F Dhume

La discrimination dans les manuels

 

 

Par fjarraud , le vendredi 21 mars 2014.

Commentaires

  • Viviane Micaud, le 24/03/2014 à 09:13
    Je suis tout à fait d'accord avec François Jarraud.
    Pour s'attaquer à la discrimination, il faut en comprendre les mécanismes qui sont complexes.
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