La réforme du collège en débat 

Adoptée le 10 avril en Conseil supérieur de l'éducation à une large majorité (51 voix pour , 25 contre), la réforme du collège divise les syndicats enseignants. Une intersyndicale hostile à la réforme regroupe le Snes, le Snalc, la Cgt et FO. Elle évoque dès maintenant l'hypothèse d'une grève à la rentrée des vacances de printemps. Quelle lecture de cette réforme font ses partisans et ses adversaires ? Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen Cfdt et Roland Hubert, co-secrétaire général du Snes Fsu, répondent aux questions du Café pédagogique.

Le problème de l'Ecole française c'est l'échec massif des enfants  des catégories populaires. La réforme du collège apporte-elle une  réponse à cette situation ? Si oui , par quels moyens ?

 

F. Sève : Tout d'abord, une réforme n'est jamais qu'un cadre juridique. Ce qui  fait réussir les élèves, ce sont les politiques éducatives que l'on  mène sur le terrain. Ensuite, cette réforme du cadre de fonctionnement  du collège n'est qu'un élément parmi d'autres. la mise en oeuvre du  socle commun, l'élaboration de nouveaux programmes, la réforme de  l'évaluation sont autant d'outils pouvant aider à la réussite  éducative. L'un des avantages de la réforme actuelle c'est d'ailleurs  que tous ces éléments soient transformés en même temps, ce qui permet  une mise en cohérence qui a jusqu'à maintenant fait défaut. Cette  réforme nous semble pouvoir être utile parce qu'elle fournit des  libertés pédagogiques nouvelles pour les équipes éducatives, donc plus  de possibilité de construire les dispositifs de nature à faire réussir  leurs élèves, tels qu'ils sont.

 

Plus spécifiquement, l'échec des enfants de catégories populaires est  notamment dû à l'incapacité du collège de prioriser dans les objectifs  ceux qui sont fondamentaux pour tous. Les élèves les plus fragiles se  perdent dans l'ensemble des connaissances et n'arrivent pas seuls à  hiérarchiser, trier, classer et à mobiliser des ressources diverses.  Ils n'acquièrent pas assez au sein de la classe les outils pour  apprendre. D'autre part, ce sont ces jeunes qui ont des rythmes  d'apprentissages différents, qui ont du mal à donner un sens aux  travaux et aux apprentissages scolaires ou à anticiper les attendus  des évaluations. Il ont besoin d'un accompagnement plus fort pour se  repérer dans leur parcours scolaire.

 

La possibilité des moduler les apprentissages sur l'ensemble d'un  cycle, d'adapter plus largement les moments ou l'on travaillera en  petit groupe ou en animation, de prévoir des temps de  mobilisation  des compétences dans des enseignements pratiques interdisciplinaires,  les temps spécifiques dévolus à l'accompagnement personnalisé sont des  moyens mis à la disposition des équipes éducatives pour adapter le  cursus scolaire au collège. Et dans la définition du socle commun,  l'existence du domaine " des outils pour apprendre" est aussi un  élément fort : la nation demande à la scolarité obligatoire de  garantir ces acquis aux élèves.

 

La réforme développe l'accompagnement personnalisé. Au lycée il  ne semble pas faire ses preuves. A quelles conditions permettrait il   d'adapter vraiment le collège aux besoins des élèves ?

 

F Sève : Tout d'abord l'accompagnement personnalisé, ce n'est ni du soutien, ni  de la remédiation. C'est permettre à l'élève de se repérer dans son  parcours scolaire. Quand il ne fonctionne pas ou mal, c'est souvent  parce qu'on n'a pas su lui donner son sens réel, ou parce qu'on lui a  compté trop chichement ses moyens pour sauver les enseignements jugés  plus "prioritaires".

 

L'accompagnement personnalisé doit se faire dans le cadre de groupes  limités en nombre, mais de groupes qui perdurent sur le cycle (en  particulier sur le cycle 4) . Le professeur "référent" du groupe peut  ainsi suivre les élèves pendant plusieurs années. il devient aussi le  référent pour les familles. En 6eme les heures d'accompagnement  personnalisées doivent permettre de travailler sur l'adaptation au  rythmes et au méthodes du collège.

 

En tout cas il est essentiel d'aider les équipes qui ont en  éprouveront le besoin à se saisir de ce type d'activité éducative. Il  est essentiel pour la réussite des élèves.

 

 

R. Hubert : La difficulté scolaire est présente tout au long du système éducatif. Ainsi 20% des élèves qui arrivent en 6ème sont en état de difficulté scolaire, et ce sont majoritairement des enfants issus des milieux populaires. La loi de refondation l’a reconnu par la priorité au premier degré. La problématique au collège est différente parce que le temps presse beaucoup plus et que les écarts de réussite se creusent. Pour le SNES-FSU, le projet de réforme n’apporte aucune réponse aux élèves qui arrivent en grande difficulté au collège car il ne traite pas vraiment des conditions d’étude et ce n’est pas parce que l’on va « globaliser » des horaires de disciplines différentes que l’on leur permettra de trouver du sens.

 

L‘accompagnement « personnalisé », ponctuel, ne traite pas de ce qui se passe en cours, avec le reste du groupe. La où il faudrait du temps dans la relation pédagogique quotidienne, pour traiter de la question de l’estime de soi, pour redonner confiance et espoir, le projet, d’une certaine façon, sépare du cours le traitement de la difficulté ou des signes avant coureurs du décrochage sans vraiment « personnaliser » l’aide ou le soutien. L’accompagnement devrait être permanent dans la classe, mais cela supposerait de se donner les moyens de pratiques pédagogiques diversifiées dans la classe, d’une formation des enseignants qui intègre les dimensions épistémologiques des disciplines au lieu de tenter de les fondre dans des magmas que personne ne maîtrisera.

 

 

Une critique souvent faite sur le collège c'est l'explosion  disciplinaire que subit l'enfant de l'école à la 6ème. La réforme  introduit des pôles disciplinaires et les EPI. Les enseignants  s'inquiètent eux du maintien de leur discipline par exemple en  sciences ou en arts. Le bon équilibre vous semble t il atteint ?

 

R. Hubert : Cette critique est récurrente, sans qu’aucune étude n’en ait démontré la validité. La majorité des entrants en 6ème, en particulier ceux qui n’éprouvaient pas de difficultés particulières en CM2 s’y adaptent assez rapidement. La question centrale est celle de ce que l’on peut imaginer pour permettre aux collégiens de trouver une cohérence à tout ce qu’ils doivent apprendre. Tout fondre en un pôle regroupant plusieurs disciplines n’est pas la bonne piste, parce que trouver sens suppose aussi de comprendre les différentes approches disciplinaires. Les enseignants sont, à juste titre inquiets parce qu’ils voient bien que le projet remet en cause ces approches qui se complètent et, en conséquence, dénie la spécificité de la discipline qu’ils enseignent. Ce n’est pas une crainte d’origine corporatiste, mais profondément pédagogique.

 

 

F. Sève : Les EPI ne concernent pas la 6ème. Par contre, effectivement, les  souplesses laissées au niveau local permettent d'envisager plus  facilement des mises en oeuvre qui réduisent le nombre d'intervenants  par semaines : en particulier la semestrialisation (qui peut être mise  en oeuvre en arts plastique et education musicale par exemple, ou en  SVT et Techno). Nous militons aussi pour le développement du travail  en séquences longues qui donnent la possibilité de diminuer le  "saucissonnage horaire". Mais lutter contre "l'éclatement  disciplinaire", cela peut se faire aussi en mettant en avant les  objectifs éducatifs communs aux disciplines. C'est le sens du socle  commun. "L'équilibre global" que vous évoquez est donc autant une  question de pratique pédagogique que de comptabilité des heures  disciplinaires.

 

 

Pour la ministre, les EPI devraient amener les enseignants à  travailler en équipe et la pédagogie de projet faciliter les  apprentissages. Les conditions sont-elles vraiment remplies pour un  travail en équipe en dehors des REP+ ? La pédagogie de projet  convient elle aux élèves en difficulté ?

 

R. Hubert : Les enseignants travaillent déjà en équipe dès lors qu’on leur en laisse la possibilité : temps de concertation, absence de prescriptions. Or le projet ne donne pas ce temps et impose une pédagogie particulière. Les EPI ne seront pas plus interdisciplinaires que ne l’étaient les IDD. Les enseignants n’ont pas attendu les prescriptions du projet de réforme pour mener dans leur classe des projets, pour varier les approches pédagogiques en fonction du niveau de classe, des contenus et du temps dont ils disposent. Bien sûr qu’il est indispensable de « mettre les élèves en activité », mais ce qui est dramatique dans le projet ministériel, c’est qu’il oppose théorique et pratique.

 

 

F. Sève : La pédagogie de projet convient particulièrement à des élèves qui ont  des difficultés à comprendre le sens d'un travail scolaire car le  projet permet de construire un sens. D'autre part, c'est une manière  d'aborder la complexité. On a toujours tendance à penser qu'il faut  segmenter et simplifier : c'est un tort qui empêche les élèves de  s'emparer des processus complexes d'apprentissage.

 

Les EPI peuvent effectivement être un des outils du travail en équipe, mais la réflexion autour du socle et des programmes, la mise en  oeuvre du parcours artistiques ou du parcours d'information et  d'orientation sont autant de sujets qui obligent à travailler ensemble. Les conditions de ce travail d'équipe sont-elles réunies ? Il faut distinguer deux niveaux. Pour la préparation et la mise en oeuvre de  la réforme - c'est-à-dire la préparation de la rentrée 2016 et l'année  scolaire 2016-2017 -  nous avons demandé à la ministre qu'elles soient  facilitées par la mise à disposition de ressources de formation et  en  dégageant du temps de réflexion et de concertation. Mais le travail en  équipe est de toute façon en train de devenir une dimension  fondamental du métier. Il doit donc être un objet de la formation  initiale des personnels, notamment des cadres. Et si c'est une  dimension pérenne du métier, alors il doit pleinement reconnu et  valorisé.

 

 

La réforme introduit de la marge dans les enveloppes horaires  annuelles en permettant de renforcer une discipline sur une année.  Cela inquiète des enseignants. Qu'en pensez vous ?

 

 

F. Sève : Les collègues s'inquiètent surtout parce que certains développent des  discours passablement alarmistes voire mensongers. Ce qui important pour la stabilisation des équipes éducatives, c'est  l'horaire global disciplinaire sur l'ensemble du collège et celui-ci  n'est pas remis en cause. De même, l'important est que l'éventuelle  modulation soit la même pour tous les élèves du collège, ce qui est  également prévu. Mais il faut surtout arrêter de croire ou de faire  croire que des équipes vont faire de la modulation pour le plaisir et  sans le moindre discernement : c'est vraiment prendre nos collègues  pour des irresponsables. Si certaines équipes se lancent dans des  modulations, c'est qu'elles estiment y trouver un avantage compte tenu  de leur environnement, de leurs élèves, de leur projet. Dans ce cas,  je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de choquant de leur faire  confiance et de leur donner la possibilité de s'organiser autrement. Au bout du bout, ce qui compte c'est l'acquisition des connaissances  et des compétences du socle !

 

 

La réforme donne plus d'autonomie aux établissements. Mais  finalement c'est l'autonomie de qui ? Ne risque-t-elle pas  d'augmenter l'autorité des chefs d'établissement au détriment des  enseignants ?

 

F. Sève : Autonomie, marges de  manoeuvre, capacité d'agir : les textes donnent  effectivement les clés - du moins certaines clés - aux équipes  éducatives locales. Nous avons largement insisté pour que tous les choix soient bien  arrêtés au niveau des instances de l'établissement, à commencer par le  conseil pédagogique. Certes celui-ci n'est pas parfait dans sa  définition et dans son fonctionnement, mais c'est le lieu de  formalisation de la réflexion professionnelle collective. Ceux qui  l'ont vilipendé lors de sa création, au nom de la liberté pédagogique  individuelle, sont aussi ceux qui ne le trouvent aujourd'hui pas assez  démocratique et s'alarment des libertés pédagogiques nouvelles que les  textes règlementaires accordent.

 

Cela dit, il est certain qu'il faut revoir le fonctionnement des  instances des EPLE : elles ont globalement été pensées pour un rôle  essentiellement consultatif, les décisions étant prises de façon  hiérarchiques et centralisées. Il nous faut les repenser pour la  conduite de politiques éducatives décentralisées conduites par des  équipes plus autonomes. c'est clairement un chantier que le Sgen-CFDT  demande à la Ministre d'ouvrir. La formation des cadres va aussi être  un élément important à l'avenir : nous demandons notamment que sur ces  sujets, la formation des personnels de direction se passe avec les  personnels enseignants dans les ESPE.

 

 

R. Hubert : On ne voit pas bien à quoi cela va servir. Qui choisira les disciplines « renforcées » et, en conséquence, celles qui seront « allégées » à un niveau donné. Et au nom de quoi ? C’est particulièrement inquiétant pour les disciplines qui ont un petit horaire hebdomadaire. Et l’amendement, déposé au CSE par une organisation syndicale qui soutient la réforme, précisant que les sciences expérimentales et la technologie doivent avoir au moins ½ H hebdomadaire n’est pas de nature à rassurer les enseignants de ces disciplines, puisque l’on peut imaginer de réduire l’enseignement d’une discipline à une demi-heure hebdomadaire.

 

L’établissement c’est qui ? c’est quoi ? le chef d’établissement ? le Conseil d’administration ? Si marge de manoeuvre il doit y avoir, ce doit être sur des moyens supplémentaires et c’est aux équipes pédagogiques d’en disposer en fonction de la réalité de la classe qu’elle a en charge. Ce n’est pas ce qui est prévu, malgré le discours rassurant de la Ministre. Il ne s’agit pas d’une autonomie pédagogique des enseignants et des équipes, mais bien d’une imposition de pratiques et d’une mise en concurrence, a priori, des disciplines. Le SNPDEN a clairement indiqué par ailleurs qu’il était opposé à tout fléchage des heures libres pour des raisons de gestion des ressources humaines de l’établissement sur le modèle de ce qu’a permis la réforme du lycée…et on parle de « réforme pédagogique » !

 

On accuse le SNES-FSU d’être méfiant par rapport aux chefs d’établissement, mais l’expérience vécue en début d’année dans les collèges REP+ préfigurateurs sur la pondération des heures des heures de cours montre bien que la tentation autoritaire du contrôle tatillon existe !

 

 

La ministre annonce 4000 postes supplémentaires au collège. Avez  vous chiffré l'impact de la réforme en terme de postes ? Consommera  t elle vraiment ces emplois ?

 

F. Sève : Sincèrement, nous ne sommes pas en mesure de faire un chiffrage exact.  Il y a effectivement plus d'heures sur un "fuseau"  (6ème-5ème-4ème-3ème), mais il y a aussi des dispositifs qui  disparaissent, notamment les classes bilangues "hors cadre",  c'est-à-dire qui ne sont pas dans la continuité d'un choix  linguistique en primaire. Nous n'avons pas les moyens de chiffrer  précisément le solde. Mais l'important est que ces 4000 postes soient  inscrit au budget et affectés au collège. S'ils ne sont pas tous  consommés par la réforme telle qu'elle est, nous ne manquerons pas  d'idées pour utiliser le solde. On peut notamment accroître encore les  marges professeurs ou les enseignements complémentaires.

 

La réforme supprime les dispositifs utilisés par certaines  familles pour faire un chemin spécifique dans le collège unique :  classes européennes, bilangues, options latin grec, classes CHAM  (peut-être). Est ce une condition nécessaire ? suffisante ? à plus  de mixité sociale ? Ou est ce inutile ?

 

F. Sève : Pour les classe cham ( musique et danse) elles continuent d'exister,  ainsi que les classes internationales. Quand aux bilangues elles  continueront d'exister pour la continuité des langues apprises au  primaire.

 

Dans les choix opérées, la priorité pour nous c'est effectivement  d'éviter les parcours sélectifs et ségrégatifs à l'interne des  établissements ou entre les établissements, et de réorienter les  moyens accordés à cette filiarisation inavouée pour permettre à tous  les élèves d'accéder aux apprentissages essentiels. Si le collège  n'était pas à ce point un lieu d'échec scolaire, de divergence des  parcours scolaire, le besoin de stratégie d'évitement serait moins fort. Une meilleure réussite de tous les élèves est donc une condition  nécessaire à plus de mixité dans les classes et les établissements,  même si, bien évidement, la question de la mixité sociale va bien au  delà.

 

 

R. Hubert : Il est difficile de chiffrer exactement ce que les suppressions de certaines bilangues, des classes européennes, des options Langues anciennes et de ce qui reste des IDD rapportera au ministère et aux recteurs. Ce qui est un peu effarant dans ce qui a été dit au CSE, c’est la conception que certains intervenants ont de certaines disciplines. La question centrale n’est pas la discipline enseignée, mais bien les usages sociaux des disciplines. Tuer l’enseignement des Langues anciennes parce qu’elles sont parfois instrumentalisées par certaines classes sociales n’est pas raisonnable, d’autant que l’on peut être certain que l’autonomie des établissements prônée par le projet ministériel sera un levier puissant pour les plus favorisés de créer leur parcours d’élite dans certains établissements, et inversement d’acheter une paix sociale dans les établissements qui concentrent les difficultés.

 

 

La réforme prétend changer réellement le collège. Mais comment  changer les pratiques, les rituels, les cultures scolaires ? Suffit  il de changer le management ? Quel accompagnement est il nécessaire ? La même réforme peut elle valoir pour tous les collèges de France ?

 

F. Sève : Il faut sortir de ce schéma qui voudrait que de nouvelles pratiques  soient inventées "en haut" et imposées "en bas". La vérité est que les  "innovations" que la réforme rend possible existent déjà sur le  terrain, qu'elles ont été imaginées par des professionnels dans des  collèges et devant des élèves. C'est le "sommet", le cadre  règlementaire qui est à la traîne par rapport à la base. La reforme  permet surtout de sortir les projets qui se faisaient "en dépit" de  l'institution ou avec toute la lourdeur de l'article 34, de rentrer  dans la pratique normale.

 

Au delà, il faut organiser le partage des pratiques et des idées en  valorisant ce qui se fait déjà , en donnant des exemples de possible,  en épaulant les équipes (et pas en en faisant des caricatures). Il y a  une culture professionnelle commune à constituer bien plus qu'une  nouvelle doctrine à instituer. La réforme donne des outils pour  s'organiser différemment plus qu'elle ne prescrit. C'est en tout cas  comme cela qu'il faut la penser et la conduire. Pour nous, les  collègues ne sont pas tenus d'innover, ce serait complètement absurde,  mais ils doivent pouvoir choisir les éléments de la politique  éducative qu'ils sont sensés conduire, et ne pas la subir.

 

La réforme s'applique à tous les collèges de France , mais elle donne  les moyens de conduire des politiques éducatives différentes selon les  besoins. C'est le schéma pour lequel nous nous sommes battus, parce  que c'est le seul qui respecte le savoir-faire des personnels et nous  donne une chance de faire mieux réussir tous les élèves.

 

 

R. Hubert : Comment changer les pratiques ? Un telle question posée ainsi est de nature à fâcher plus d’un collègue… Les pratiques ont changé depuis longtemps et c’est bien le problème : nos décideurs et « penseurs » qui murmurent à l’oreille de la Ministre ne semblent pas le savoir (il suffit de lire le dossier de presse de présentation de la réforme !). Les enseignants demandent du temps, de la confiance, le respect de leur liberté pédagogique, la reconnaissance de ce qu’ils ont déjà inventé et de la formation continue….et on leur propose des hiérarchies, la multiplication de conseils de tout ordre entraînant l’amoncellement de réunions inutiles et chronophages et l’imposition de pratiques pédagogiques. Pourtant tout le monde sait qu’un réforme pensée et construite contre les personnels qui la mettront en œuvre est vouée à l’échec. Tout cela un sentiment de gâchis immense, après 3 années de débats et discussions.

 

Propos recueillis par François Jarraud

 

Les déclarations syndicales :

Sgen Cfdt

Sgen Cfdt

Snes Fsu

Snes Fsu

Unsa Education

Snalc

Fo

 

 

 

Par fjarraud , le lundi 13 avril 2015.

Commentaires

  • maria1958, le 13/04/2015 à 09:05

    Je ne sais pas pour vous, mais l'adoption d'un amendement "précisant que les sciences expérimentales et la technologie doivent avoir au moins ½ H hebdomadaire" ne me rassure pas du tout.... 

    Souhaitons bien du plaisir, de la "marge d'initiative" et de la capacité à "aborder la complexité", aux profs qui verront passer les classes 1/2h par semaine..... 

    Multiplier les classes dans le service de ces profs, et donc le nombre d'élèves qu'ils auront à suivre , ça nous promet assurément une "personnalisation" grandiose…  mettre un visage sur chaque nom, déjà, ça va être sportif.
    Et c'est sûr que les élèves mettront "du sens" à cette 1/2h hebdomadaire….

    Les gens qui soutiennent des mesures de ce genre ont-ils réfléchi une minute à ce qu'elles vont donner, dans des collèges où les dotations horaires cruellement insuffisantes conduisent déjà à des arbitrages inadmissibles aux dépens des élèves ?
     
    Va-t-on nous répondre qu'avec l'autonomie, un collège est "libre", s'il veut éviter par exemple de descendre à 1/2h par semaine en techno ou sciences à tel ou tel niveau, de bourrer les classes à plus de 30 ? 

  • Viviane Micaud, le 13/04/2015 à 08:17
    Le bouillonnement des échanges autour de la réforme me semble constructif. L'opposition du SNES est paradoxalement constructive, car cela oblige les enseignants à s'imaginer dès aujourd'hui dans le nouveau système. 
    Je suis absolument d'accord avec cette phrase "Les enseignants travaillent déjà en équipe dès lors qu’on leur en laisse la possibilité : temps de concertation, absence de prescriptions."
    Les prescriptions par la hiérarchie bouffe une énergie importante et sont inadaptées car trop simplistes pour être réellement efficaces.
    Dans tous les établissements que j'ai connu, les marges de liberté sur les horaires ont toujours réveillé les rivalités entre les disciplines et les arbitrages étaient plus tirés par la paix social dans l'établissement que par l'intérêt de l'élève.
  • Franck059, le 13/04/2015 à 07:29
    Les EPI et l'AP grignoteront des heures d'enseignement disciplinaires.

    3 h d'AP en 6ème sur un total de 26 h soit 23 h d'enseignement disciplinaire.
    1h d'AP et 3h d'EPI en 5ème, 4ème, 3ème soit 4h sur un total de 26h soit 22h d'enseignment disciplinaire.

    Perte des heures d’enseignements disciplinaires au profit de l’AP et des EPI (horaires actuels contre horaires 2016)
    3ème : De 28,5 h à 22 h donc – 6,5h
    4ème : De 26 h à 22 h donc – 4h
    5ème : De 23 h à 22 h donc – 1h
    6ème : De 24,5 h à 23 h donc – 1,5 h

    – 13 h x 36 semaines = – 468 h sur toute la scolarité du collège.

    A la rentrée 2016, quand les parents découvriront l'EDT de leur enfant, ils vont apprécier...

    Après la réforme des rythmes scolaires dont la responsabilité dans la débâcle aux départementales a été largement sous-estimée, le gouvernement continue de s'enfoncer er l'opinion publique de basculer à droite.
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