Quelles directions pour les écoles du 21ème siècle ? 

Quel rôle pour les directions d'établissement demain ? Le petit livre publié par Andreas Schleicher, directeur pour l'éducation de l'OCDE sur les écoles du 21ème siècle, apporte une vision neuve mais très argumentée des changements à apporter à l'Ecole. Basé sur les résultats de deux grandes enquêtes, Talis et Pisa, il invite en premier lieu à rénover les directions d'établissement. Et il met en évidence des particularités françaises.

 

Moins expérimentés que les autres...

 


"Des chefs d'établissement énergiques, des enseignants confiants et des méthodes novatrices", l'ouvrage publié par l'OCDE met en avant le rôle des chefs d'établissement. Il permet aussi de mieux les connaitre ainsi que leur formation. Ce qui est frappant , selon l'ouvrage de A Schleicher, c'est que les chefs d'établissements français sont parmi les moins satisfaits des personnels de direction de l'OCDE, même si leur taux de satisfaction est très élevé. Ce sont aussi parmi les moins expérimentés. Quand en moyenne les chefs d'établissement ont 21 années d'expérience comme enseignant, les chefs d'établissement français n'en ont que 15.

 

 

 

Moins enclins à partager leur autorité...

 

Mais la principale différence se situe ailleurs selon A Schleicher. Pour lui, "les chefs d’établissement efficaces sont ceux qui peuvent prendre des décisions éclairées, fournir l’encadrement pédagogique dont les enseignants ont besoin pour aider tous leurs élèves à réussir et créer un milieu scolaire collaboratif où les enseignants participent aux décisions de l’école". Autrement dit, le chef d'établissement efficace est celui qui sait partager la prise de décision. Pour A Schleicher, "la participation des enseignants aux décisions de leur école a une incidence positive importante sur leur sentiment d’efficacité" et " les chefs d’établissement qui donnent à leur personnel la possibilité de prendre part aux décisions affichent une plus grande satisfaction professionnelle".

 

Or, selon A Schleicher, les chefs d'établissement français sont parmi ceux qui partagent le moins leur autorité : moins de 20% selon Talis quand c'est 75% au Danemark ou aux Pays-Bas. C'est cette particularité que l'on entend en écho dans les résistances à l'autonomie accrue des établissements dans la réforme du collège.

 

Moins formés à animer un établissement

 



D'où les recommandations de l'OCDE sur la formation des chefs d'établissement. "Les pays devraient fixer des normes favorisant une formation professionnelle de haute qualité, alignées sur leurs objectifs éducatifs nationaux à long terme, et veiller à ce que les chefs d’établissement puissent participer à ces activités de formation". Notamment cette formation devrait veiller à la qualité de la formation à l'encadrement pédagogique. " L’encadrement pédagogique – cibler les activités d’enseignement et d’apprentissage qui se déroulent dans l’établissement – est sans doute la plus importante de toutes les tâches qui incombent aux chefs d’établissement", explique A Schleicher. "Les données de l’enquête TALIS montrent que, lorsque les chefs d’établissement font état d’un niveau élevé d’encadrement pédagogique, ils sont aussi plus susceptibles d’élaborer un programme de formation continue dans leur établissement". Or là aussi les chefs d'établissement français sont ceux qui participent le moins à la formation des enseignants.

 

 

 

Pour changer les directions, il faut changer les profs...

 

Dernier élément avancé par A Schleicher : pour changer les chefs d'établissement , il faut aussi changer les enseignants. Pour que l'autorité soit partagée, il faut que les enseignants aient envie de participer au leadership. L'ouvrage vante par exemple le programme Teach to Lead, lancé aux Etats-Unis. Ce programme invite les enseignants à imaginer des programmes de développement pour leur école et à les mettre en oeuvre. Il récompense ces investissements ce qui incite les enseignants à participer à la direction de leur établissement.

 

Certes se créent dans les établissements français des fonctions nouvelles de "coordonnateur". Mais on voit bien comment elles se heurtent à une tradition hiérarchique sans cesse réactivée.

 

François Jarraud

 

Des écoles pour les  apprenants du XXIème siècle

 

 

Par fjarraud , le mardi 21 avril 2015.

Commentaires

  • Michel MATEAU, le 21/04/2015 à 13:45

    « C'est cette particularité que l'on entend en écho dans les résistances à l'autonomie accrue des établissements dans la réforme du collège »
    Vous voulez dire que ce sont les chefs d’établissement qui résistent à l’autonomie accrue proposée dans la réforme du collège ? que les enseigants ne veulent pas de cette autonomie qui se traduirait par un autoritarisme des chefs d'établissement ? Les deux à la fois ?  Une chose et son contraire ? Ce qu'on voudra entendre ?

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