Où en est l'enseignement de l'histoire ? 

Alors que le débat sur les futurs programmes d'histoire fait rage, que sait-on de son enseignement ? Peut-on parler de "désastre" ? Deux études de la DEPP (division des études du ministère de l'éducation nationale) sur les acquis des élèves en histoire-géographie publiées en 2013 montrent des évolutions opposées à l'école et au collège. Et un point commun : les élèves aiment l'histoire.

 

Des élèves qui aiment l'histoire

 

Avançons tout de suite une bonne nouvelle : à l'école comme au collège, les élèves aiment bien l'histoire-géo. Ainsi à l'école, 8 élèves sur 10 déclarent aimer la discipline et participer en cours, 6 sur dix aiment apprendre la leçon et 7 sur 10 faire des recherches. C'est ce que montrent deux études CEDRE réalisées par la Depp en 2012. Les enquêtes CEDRE étudient chaque année une discipline avec une comparaison des acquis sur 6 années. Elles permettent d'observer l'évolution des acquis dans les différentes disciplines sur des périodes assez longues. Les élèves sont testés sur des compétences précises. Par exemple, en partant d'une carte des grandes découvertes, au collège, on va demander aux élèves de reconnaitre ce qui est représenté, de définir la période, de faire un classement chronologique des voyages et de produire un texte en utilisant des mots donnés. Ces compétences permettent d'évaluer l'élève en fonction des attentes et de le classer parmi un des 5 groupes allant de faible à fort.

 

L'école maintient le niveau

 

A l'école primaire, le niveau des acquis en histoire-géographie est en gros stable depuis 2006. Il y a peu d'élèves faibles (12%) et forts (11,5%) et leur taux reste stable sauf pour les plus forts qui augmentent un peu. Les élèves les plus faibles le sont à cause de difficultés avec la maitrise de la langue. Un quart des élèves a acquis les compétences et connaissances attendues en fin de primaire et "commence à acquérir les concepts propres à ces disciplines". Un tiers possède les bases leur permettant de suivre en collège. Il reste un quart des élèves qui a du mal "à rassembler des connaissances parcellaires".

 

Le problème du collège

 

Au collège les écarts se creusent. On passe de 13% d'élèves faibles en 2006 à 18% en 2012, les très faibles doublant de 2 à 4%. En même temps les forts passent de 10 % en 2006 à 6% en 2012. On a ainsi une translation vers le bas de la courbe de répartition des niveaux qui concerne aussi bien l'histoire, que la géographie ou l'instruction civique. Et cela même si les élèves continuent à bien aimer cette discipline. 

 

Crise de l'histoire-géo ou du collège ?

 

La Depp se garde bien de proposer des explications et encore moins des recommandations. Mais elle le fait en partie en avançant des hypothèses. Ainsi à l'école, l'étude rappelle l'opinion des enseignants sur les programmes de 2008. Les professeurs les jugent trop lourds . Mais justement tout va bien en histoire-géo, ce qui semble désavouer les propos des enseignants. Au collège, où les choses ne vont pas bien, l'étude se garde bien d'avancer une hypothèse institutionnelle , les programmes n'ayant pas changé sur la période observée.

 

L'étude croise les résultats avec les profils d'établissement.  Elle constate que la dégringolade est deux fois plus rapide dans les collèges populaires que dans les autres (écart de 18 points contre 10). La Depp met en évidence deux facteurs pour expliquer la baisse. D'abord l'absence de travail des élèves. Un quart des élèves ne consacre que 15 minutes par semaine à l'histoire-géo, un tiers de 30 à 120 minutes. Les élèves aimeraient l' histoire-géo mais investiraient peu de travail dans une discipline jugée peu importante par 21% des élèves (un pourcentage en progression).

 

Une autre explication est donnée : "les élèves sont moins exposés en dehors du travail scolaire à l'histoire et à la géographie dans leurs pratiques culturelles". Le pourcentage de jeunes déclarant ne jamais lire de livre ou de magazine sur ces sujets est passé de 19 à 36%. Internet ne compense pas ce manque : 70% des collégiens n'utilisent jamais Internet pour rechercher des informations sur ces deux disciplines.

 

Enfin la baisse en histoire-géographie se situe dans une baisse globale des compétences des collégiens.  Or les difficultés des élèves en expression écrite rejaillit sur les compétences en histoire-géographie.

 

François Jarraud

 

Etude collège

Ecole

POur mémoire les résultats de 2006

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 04 juin 2015.

Commentaires

  • jackd, le 04/06/2015 à 12:58
    La situation est vraiment problématique, personne ne peut plus le nier.

    Ne pas mettre en place la réforme du collège serait la pire des situations : il faut absolument avancer.
    • Delafontorse, le 04/06/2015 à 14:17
      En voilà des arguments...
      Avancer vers où, vers quoi ? 

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