Le Se-Unsa relève le défi du soutien aux réformes 

"Aucun quinquennat n'aura connu un rythme et une densité de réformes aussi importants". Christian Chevalier rend volontiers hommage à la politique gouvernementale. Il demande surtout l'ouverture de nouveaux chantiers pour 2016 : l'évaluation des enseignants, leur recrutement avec de nouveaux concours régionaux et de nouvelles règle pour le mouvement enseignant. Pour le Se-Unsa, c'est l'heure de boucler la refondation avec une réforme de la gestion des ressources humaines. Une étape finale qui fait écho  aux réflexions des syndiucats de cadres de la fédération Unsa.

 

"Il y a une volonté politique affirmée et des mesures concrètes". Pour Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa, le second syndicat enseignant, la rentrée n'est pas le "bricolage" dénoncé par le Snes. On est dans "l'an IV de la refondation", et il se plait à montrer une évolution régulière et déterminée du gouvernement pour appliquer la loi d'orientation. L'action ministérielle est décrite comme positive. Ainsi, pour les créations de postes, "la promesse est tenue pour le moment. Elle le sera. On est bien sur un changement politique important". Pour les programmes, " la ministre a la bonne méthode de co production des programmes en faisant appel aux enseignants... Il reste 18 mois pour achever le parcours, pour que la refondation devienne une réalité pour les enseignants et les élèves".

 

Soutien à la réforme du collège

 

Dans cette vision positive, l'année scolaire apparait comme une étape majeure avec la réforme du collège. "On soutient la réforme", rappelle C Chevalier. Pour lui "la majorité des enseignants des collèges a intégré la réalité de la mise en oeuvre de la réforme". Il ne croit ni en une mobilisation importante contre la réforme , ni à un retour en arrière de la ministre.

 

Pour le lycée, C Chevalier confirme la remise du rapport sur l'évaluation de la réforme Chatel  dans les semaines qui viennent. Pour lui, "le ministère n'est pas disposé à remettre en cause le lycée issu de la réforme Chatel". Il faut s'attendre à de simples ajustements.

 

Car, pour C Chevalier, le chantier de 2016 est ailleurs. 2016 doit être l'année de la réforme de l'évaluation et de la gestion des ressources humaines dans l'Education nationale. "Il ne peut y avoir de refondation de l'école sans refondation de l'évaluation", estime C Chevalier. "L'évaluation des élèves doit être motivante" et le Se-Unsa appuie la réforme du brevet qui devrait être annoncée à la mi septembre.

 

Changer l'évaluation des enseignants

 

Le vrai combat est dans l'évaluation des enseignants. Pour lui, le système actuel est "infantilisant, anxiogène, caporaliste". La nouvelle évaluation devrait " déconnecter l'évaluation et le déroulement de la carrière des enseignants". Du coup cela ferait évoluer les métiers d'inspecteurs et de personnels de direction, des corps où les syndicats Unsa sont puissants. Du coup aussi, l'évaluation des enseignants par les chefs d'établissement devient possible... L'enjeu, pour Stéphane Crochet, secrétaire national, c'est que soient mieux reconnus "les enseignants qui se caractérisent par l'envie de faire mieux". Peut-être ceux qui sont favorables aux réformes ?

 

Changer le mouvement enseignant

 

Pour C Chevalier, "la brique gestion des ressources humaines est la brique manquante de la refondation... Il faut refonder la gestion des ressources humaines... car l'enseignant du 21ème siècle n'est pas le même qu'il y a 10 ans" .Le Se-unsa  veut voir évoluer le recrutement des enseignants. Il demande le remplacement des concours nationaux du second degré par des concours académiques comme dans le primaire.

 

C'est aussi le mouvement des enseignants qui doit évoluer. "Trop souvent les enseignants ont l'impression de n'être qu'un numéro" lors du mouvement enseignant et " le système se prive de compétences". Il faut "dépasser le cadre automatique des affectations" et " se parler pour faciliter les échanges de postes". Joël Pehau, secrétaire national au secteur revendicatif, souligne l'obsolescence du système actuel qui doit faire face à des demandes nouvelles liées à l'évolution de la société.  Le Se unsa n'est pas le seul à réfléchir à cette question. Olivier Tercieux, professeur à la PSE et co-auteur d 'une étude sur le mouvement enseignant a présenté en mai dernier une étude sur un autre algorithme du mouvement enseignant reposant sur le dialogue entre offre et  demande.

 

Changer l'évaluation des enseignants et leur mouvement c'est s'attaquer à des questions très sensibles. Pour C Chevalier c'est possible car "le dialogue social n'a jamais été aussi intense avec le ministère " que depuis 3 ans. Il estime que sa ligne syndicale "trouve un écho auprès des collègues". Le Se Unsa relève le défi d'aller plus loin dans les réformes.

 

François Jarraud

 

Olivier Tercieux

 

 

Par fjarraud , le vendredi 28 août 2015.

Commentaires

  • kiollhh214, le 07/04/2016 à 23:06
    très grande information
    merci pour ce article.im vos fans.
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  • david100, le 29/08/2015 à 08:06
    ce syndicat réformiste/libéral,  inexistant et couché sur le dos ou le ventre selon l'humeur devant le gouvernement a perdu des milliers d'adhérents. Qu'il cesse de parler au nom de la majorité des enseignants.  Que ce soit sur le nombre de postes, les salaires, c'est une catastrophe. Rien n'a été tenu. Que du vent !
  • thais8026, le 28/08/2015 à 15:47
    Bon,
    Une fois que les enseignants du second degré seront recrutés académiquement, nous passerons tous au mieux fonctionnaires territoriaux. Les recrutements académiques sont une catastrophe pour les régions déficitaires. Et à quand un concours cocotier pour les DOM ? Sans compter, les difficultés de mouvements, il n’y a qu’à voir le mouvement des professeurs des écoles.
    Quant aux échanges de poste, il va donc falloir, nous-même, chercher un prof qui veut bien venir dans notre région. J’espère que vous n’êtes pas dans l’académie de Créteil car vous n’en sortirez jamais.
    Super le projet...
    Certes le système actuel n’est pas parfait mais là…
    Quant à l’évaluation des profs sur l’adaptation de celui à appliquer les réformes (car pour un chef d’établissement ou un inspecteur c’est ce que signifie "avoir envie de faire mieux"), UNSA devrait se méfier car pour le moment le gouvernement est en accord avec lui mais aux prochaines élections… Il sera alors trop tard pour pleurer.
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