Cnesco : Lecture : Bilan : Des difficultés grandissantes  

Alors que s'est ouvert, le 16 mars, la Conférence de consensus "Lire, apprendre, comprendre" organisée par le Cnesco et l'Ifé, Thierry Rocher (Depp) a fait le point sur ce qu'on sait des capacités en lecture des jeunes Français. Un tableau inquiétant qui révèle des difficultés croissantes , surtout en compréhension, et un creusement des inégalités sociales et géographiques.

 

Pour ceux qui  jugeraient inutile la tenue d'une conférence sur l'apprentissage continué de la lecture, c'est à dire après l'apprentissage initial de l'école primaire, les propos de Thierry Rocher (Depp ministère de l'éducation  nationale) apportent un éclairage indispensable.

 

Car le diagnostic est fait. On dispose de nombreuses études scientifiques d'évaluation des capacités en lecture qu'elles soient françaises (les panels de la Depp, l'enquête régulière Cedre) ou internationales (Pisa et Pirls).

 

Une baisse de niveau inquiétante

 

"Deux tendances se dégagent", dit T Rocher. "On a une augmentation du nombre d'élèves en difficulté face à l'écrit depuis le début des années 2000 particulièrement ne fin de collège".  Ce n'est pas tant une baisse du niveau moyen que l'augmentation rapide (de 15 à 20%) du nombre d'élèves très faibles.

 

On observe aussi des difficultés spécifiques en compréhension. Le décodage s'est plutôt amélioré. Mais pas la compréhension : on a un appauvrissement des compétences langagières. Les progrès constatés au début de la scolarité sont effacés.

 

Ainsi l'enquête Cedre montre qu'en fin de cm2 40% des élèves n'atteignent pas les objectifs attendus en lecture. Dans Pirls , une enquête internationale, la France fait moins bien que la moyenne des pays développés. Les jeunes français savent prélever des informations mais ne savent pas en tirer des inférences pour comprendre les textes. Il sont plus de difficultés sur les textes informatifs que narratifs. Les données montrent que le décrochage de niveau en fin de collège est particulièrement fort en collège Eclair (prioritaire).

 

Des inégalités croissantes

 

Cela amène à parler des inégalités. Elles sont triples. Le niveau des garçons est nettement plus faible que celui des filles. Selon Cedre, en Cm2 16% des garçons sont très faibles contre 11% des filles. Arrivés à 15 ans, dans Pisa, 26% des garçons sont dans ce cas contre 14% des filles.

 

Les inégalités sont géographiques. On observe un ouest où le pourcentage de jeunes en difficulté est faible et des départements où il est fort : la Picardie, la bridure sud de l'agglomération francilienne, les DOM.

 

Enfin on constate de fortes inégalités sociales. Dans Pisa la France apparait comme le pays où la situation sociale influe le plus sur les compétences. Ces différences sociales sont liées à des inégalités culturelles : le nombre de livres présents dans la maison est un bon indicateur des difficultés de lecture par exemple.

 

Le numérique bouleverse -t-il ce tableau ? La lecture sur écran a été évalkuée. On observe de fortes inégalités entre les élèves, dès la fin du primaire et encore en fin de collège. Un quart des élèves sont en difficulté et cette inégalité est liée à la situation sociale des élèves.

 

F Jarraud

 

Par fjarraud , le jeudi 17 mars 2016.

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