Sciences : Le continuum lycée-université en pratique à Villefranche de Rouergue (12) 

Comment créer la rencontre entre des lycéens et des universitaires ? Comment favoriser l’engagement des élèves en études supérieures scientifiques ? Le projet Turbo-Sciences mené au lycée Raymond Savignac (12) par Stéphanie Miquel-Campagnac, enseignante de SVT  et Didier Valade, enseignant de sciences-physiques mobilise les énergies en classes de 1ère et terminale scientifiques. Les élèves volontaires réalisent des travaux-pratiques à l’université Champollion d’Albi sur la phylogénie, la spectrophotométrie et la synthèse protéique. Ces temps d’immersion à la faculté sont le fruit d’une convention établit entre les établissements et transformés en réalité par les enseignants.

 

Quels sont les objectifs du projet Turbo-Sciences ?

 

Dans le cadre du dispositif Bac +3, Bac -3, l’atelier Turbo Sciences s’adresse aux élèves des classes scientifiques du lycée Raymond Savignac. Villefranche de Rouergue est une petite ville qui se situe à 1h45 de Toulouse et 1h15 d’Albi, les échanges ne sont donc pas toujours simples. Malgré ceci, il s’agit de mettre en contact les lycéens avec l’enseignement supérieur.

1 heure d’enseignement scientifique (physique, chimie, SVT en alternance) par semaine, supplémentaire et inscrite dans l’emploi du temps des élèves. Les deux premiers trimestres de l’année scolaire seront réservés aux élèves de terminale, le dernier aux élèves de première.

En collaboration avec la faculté des sciences de l’Université Champollion d’Albi, les élèves préparent des séquences expérimentales sous forme d’exercices ou de TP. Le lycée de Villefranche ne disposant pas toujours de matériel parfois onéreux, ces séances se font pour certaines dans les locaux des laboratoires de la faculté. Les notions étudiées sont souvent en lien avec le programme.

 

Quels sont les thèmes étudiés avec les élèves ?

 

Pour la partie sciences physiques, le thème abordé en Terminale S a été la lumière et sa décomposition par un réseau et par un prisme. Pour les élèves de chimie ce sera la spectrophotométrie.

 

Pour la partie SVT : en terminale, nous avons traité un TP de phylogénie qui s’est découpé en 3 parties : d’abord un peu de théorie puis nous avons abordé comment classer et ensuite les élèves ont fait un exercice (construction de matrice et de l’arbre de parenté en comparant des squelettes d’animaux). Le travail en amont au lycée a été réduit puisque les notions ont été abordées à la fac (2 séances sur la phylogénie au lycée). Les autres séances ont été de l’approfondissement sur la synthèse des protéines (programme de 1S).

 

En première, nous allons traiter un TP d’anatomie comparée.  Nous sommes en contact avec un maître de conférences en biologie animale. Lors de notre visite à la fac, nous avons rencontrée une autre enseignante qui pourrait participer au dispositif. Ainsi d’autres thèmes pourraient être abordés…

 

Que font les lycéens lors du déplacement à l’université ?

 

Les élèves de terminale ont réalisé 2 TP, un de physique (utilisation du goniomètre que nous n’avons pas en lycée) et un de SVT (construction d’un arbre phylogénétique en comparant des squelettes). Ces séances étaient encadrées par des élèves de licence. Ils ont ensuite visité les laboratoires de recherche de physique (connaissance du plasma) et de SVT (toxicologie environnementale et utilisation du venin de fourmi dans les médicaments).

 

Pour les élèves de premières S, c’est un premier contact qui s’établit, les lycéens partageront un moment d’échange avec les étudiants au restau U notamment et réaliseront ensuite deux TP un de chimie, et un de SVT, sur le même principe que les terminales. Les retours semblent d’ores et déjà très positifs.

 

Comment s’est coordonnée la mise en place de ce continuum lycée-université ?

 

Mme Miquel Campagnac est représentante du lycée général lors des différentes réunions du continuum, avec notre Proviseure et une collègue du lycée professionnel. Mais cette mise en place s’est faite directement entre les collègues du lycée et de l’Université. Notons que Sylvie Lafon coresponsable de la licence de physique chimie à Albi a largement facilité cette mise en place et contribué à la réussite de cette expérience. Nous nous sommes mis d’accord sur les thèmes à aborder au lycée, d’abord notions de cours nécessaires et exercices d’application. Ensuite des étudiants avec Mme Lafon sont venus rencontrer nos élèves pour préparer la séance expérimentale.

 

De nombreuses collaborations ont lieu entre la fac d’Albi et les différents lycées, une convention (prenant en compte les déplacements des étudiants du personnel enseignants)  a donc été établie entre l’Université Champollion et le rectorat visant à formaliser les échanges avec les lycées du Tarn et de l'Aveyron. Quant aux transports, afin de minimiser les coûts, il a été assuré par nos soins en utilisant les minibus du lycée.

 

Comment les élèves font-ils leur choix pour suivre ce parcours ? Comment envisagez-vous de suivre ensuite les parcours de vos futurs bacheliers ?

 

Les élèves participent sur la base du volontariat, tous les élèves de la filière scientifique sont concernés cela représente cette année un taux de participation de 33% en 1S et 25% en terminale S.

 

Le suivi sera facilité s’ils poursuivent à l’Université à Albi, mais nous avons pris l’habitude de rester en contact avec nos élèves par mail notamment. Notre lycée les accueille  pour la remise des diplômes du Bac et pour participer à une demi-journée de forum où ils peuvent échanger avec les lycéens.

 

Entretien par Julien Cabioch

 

Dans le Café

Comment inventer le continuum lycée - université ?

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Par fjarraud , le mardi 25 avril 2017.

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