Laurence Desfougères : Un projet de sciences participatives au lycée 

Comment permettre aux élèves de se sentir acteurs d’une étude scientifique ? Comment mener un projet de sciences participatives au lycée ? Laurence Desfougères, enseignante de SVT au lycée Augustin Thierry de Blois (41) participe avec ses élèves de seconde au projet « Sauvages de ma rue ». Le parc du lycée de 13 hectares est passé au peigne fin pour y déterminer la flore sauvage. Epaulés par une association environnementale, les élèves transmettent par tablettes les espèces identifiées sur une base de données nationale. Un travail de street art est aussi engagé pour l’ensemble de l’établissement.

 

Comment avez-vous impliqué vos classes dans le projet projet « Sauvages de ma rue »?

 

Le projet « Sauvages de ma rue » est un programme de sciences participatives de l’association Tela Botanica et du Museum National d'Histoire Naturelle (MNHN). Il s’agit d’identifier des espèces végétales qui poussent en ville, dans l’environnement immédiat des citadins. Les données sont transmises à une base de données qui sera exploitée par l’association Tela Botanica et le MNHN afin d’améliorer la connaissance de la flore sauvage urbaine. J’ai choisi de faire participer les élèves d’une classe de seconde générale dans le cadre d’un projet initié par le Conseil Régional de ma région : « Mon lycée au naturel ».

 

L’étude a porté sur l’observation et l’identification d’une partie de la flore sauvage du parc du lycée. En effet, notre lycée bénéficie d’un très vaste parc (13 ha). Il s’agissait pour moi de les sensibiliser à l’existence d’une biodiversité locale importante même si elle est discrète.  Ce projet peut s’inscrire facilement dans le cadre du programme de  SVT

 

Quelles sont les espèces déterminées dans l’établissement ? Comment le travail s’effectue-t-il sur le terrain ?

 

Pissenlit, pâquerettes, porcelle, luzerne d’Arabie, benoîte, renoncule rampante, séneçon, véronique, trèfle rampant, capselle bourse à pasteur, plantain majeur, plantain lancéolé, rumex, shérardie sont quelques espèces déjà déterminées.

 

Les élèves devaient  identifier les espèces végétales présentes sur de petites parcelles (quelques m²), non traitées aux pesticides. Pour cela, ils ont travaillé en groupe de 3 ou 4. Chaque groupe avait une zone différente à étudier. Ils ont utilisé le guide d’identification et l’application pour tablettes de « sauvages de ma rue ». Chaque espèce identifiée était saisie sur l’application préalablement téléchargée sur les tablettes du lycée. Puis, les données ont été transmises par internet.

 

De la détermination au street-art, comment vos lycéens ont-ils mis en valeur leurs identifications ?

 

Après la séance d’identification, les élèves ont dû retrouver les plantes reconnues afin de peindre au sol les noms près des plantes. Cela leur a permis de réinvestir le travail de la deuxième séance tout en rendant visible par tous les usagers de l’établissement leur travail.

 

Quelles interventions extérieures ont eu lieu en classe ? Pour quels apports pédagogiques ?

 

Le projet  a été mené en partenariat avec une association blésoise, le CDPNE (Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l’Environnement. Il y a eu 3 interventions par des animateurs du CDPNE et une conférence par un enseignant chercheur de l’Ecole de la nature et du paysage.

 

La première intervention s’est déroulée en salle. Il s’agissait d’une initiation à la botanique : l’organisation d’une plante, les critères d’identification et observation de quelques plantes récoltées dans le parc.

 

La seconde intervention a eu lieu dans le parc avec une identification des plantes sauvages. La troisième intervention a eu lieu dans une zone de passage du parc pour peindre au sol les noms des plantes identifiées précédemment

 

La conférence portait sur la présentation d’un travail de recherche réalisé à Blois et lié à l’inventaire des plantes des trottoirs et la  biodiversité en ville.

 

Comment le conseil régional a-t-il aidé à mettre en place cette démarche ?

 

Dans le cadre des compétences légales de la Région Centre Val de Loire en faveur des lycées, les APNE du réseau France Nature Environnement Centre Val de Loire ont proposé au Conseil régional d’impulser une nouvelle démarche basée sur l’accompagnement des membres des communautés éducatives à définir et mettre en œuvre des bonnes pratiques pour une meilleure prise en compte de la biodiversité. La région apporte un soutien financier aux projets mis en place par les APNE.

 

Quels avantages voyez-vous à proposer aux élèves ce type de projet de sciences participatives ?

 

Ce projet permet aux élèves de se sentir des acteurs d’une étude concrète scientifique. L’étude de la biodiversité est une partie du programme de SVT. Les sciences participatives permettent d’inscrire une petite étude locale dans un ensemble plus vaste, à l’échelle du territoire.

 

Entretien par Julien Cabioch

 

Tela Botanica

Sauvage de ma rue

FNE Centre Val de Loire

 

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Par fjarraud , le mardi 06 juin 2017.

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