Marc Bablet : Le premier degré n'est pas piloté 

Ancien responsable de l'éducation prioritaire au ministère, Marc Bablet livre une nouvelle analyse sur con blog. Elle se porte sur le pilotage du premier degré. Pour M Bablet, le "pragmatisme" ministériel "" consiste à s’asseoir sur les valeurs au profit d’un ajustement permanent à la « bonne » communication ce qui est d’une efficacité toute relative au regard des enjeux du système éducatif, de la réussite de tous".

 

"Depuis 2017, le mode dominant de pilotage national est revenu de fait aux normes et moyens", explique M Bablet. "C’est typiquement ce qui se passe pour les CP et CE1 à 12 : on donne des moyens dont l’usage est fixé a priori par le ministère. On contrôle que c’est bien mis en œuvre comme souhaité par le ministre. Ce mode de pilotage est actuellement à la fois autoritaire, comme on le voit avec ce qui concerne aussi les méthodes de lecture qui donnent toujours lieu à une grande insistance, et démagogique comme on l’a vu avec l’abandon des rythmes scolaires sur 5 jours. Par ailleurs le sens général vers un système plus libéral et centré sur les individus est soigneusement caché en permanence. Au nom du pragmatisme, on ne dit pas les grandes orientations idéologiques sous-jacentes. On va jusqu’à dire que l’on n’a pas d’idéologie, que l’on n’est ni de droite ni de gauche surfant ainsi sur la défiance à laquelle donne lieu le politique en ce moment. Il n’y a donc actuellement aucun pilotage explicite par le sens et les valeurs à part, sans doute, sur la question de la laïcité. Le pilotage par la performance est constamment mis en avant dans son principe et on s’appuie sur cette perspective pour faire accepter les évaluations mais les manières de le mettre en œuvre ne laissent pas de place à l’autonomie des acteurs sur les manières de remédier aux difficultés constatées et on n’accorde pas de confiance aux acteurs contrairement au discours affiché sur « l’école de la confiance »".

 

Pour lui, "pour pouvoir être vraiment « stratégique » sans renoncer aux valeurs, il faut mettre en relation des informations sur diverses composantes de l’acte éducatif et disposer d’hypothèses quant à ce qu’il adviendrait si l’on modifiait tel ou tel des paramètres, ceci avant de prendre des décisions. On en est loin.  En outre, pour développer un processus démocratique de pilotage, il faudrait que les documents de ces dialogues de gestion et les hypothèses explicatives soient partagés avec tous les acteurs concernés de l’éducation".

 

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Par fjarraud , le jeudi 10 janvier 2019.

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