Parcoursup : Le rapport du Comité éthique face aux problèmes de Parcoursup 

Quel bilan le Comité éthique et scientifique fait-il de Parcoursup ? Sous des formules très prudentes, le CESP laisse percer les défauts de Parcoursup en terme d'équité sociale. Ses recommandations invitent à des améliorations qui ont peu de chances d'être entendues. La plus forte concerne les établissements privés qui devraient accueillir des quotas de boursiers. Mais le comité se soucie toujours peu des bacheliers professionnels.

 

Des lueurs sur les algorithmes locaux ?

 

Présidé par Noëlle Lenoir, dont les récents propos sur les journalistes ont fait scandale, le CESP a peu de chances de faire entendre sa voix. D'autant qu'il chuchote plutôt qu'affirmer et qu'il limite très sérieusement ses investigations. Le CESP estime que "son role n'est pas d'animer un débat avant tout politique", alors que le rapport est destiné au Parlement, et qu'il "n'est aps chargé de proposer des modifications dans la conception qu'a retenue le législateur de Parcoursup".

 

Aussi le rapport consacre tout un chapitre à légitimer les algorithmes locaux de Parcoursup, et le secret qui les entoure. " Il faut garder à l’esprit que l’algorithme général n’est qu’un algorithme d’interclassement destiné à unifier des classements effectués par les diverses formations et les comparer aux souhaits des élèves. Cet algorithme est complètement indépendant des questions de choix et de phasage temporel des différentes étapes de son utilisation qui peuvent donc changer sans modification de l’algorithme lui-même", reconnait pourtant le rapport. Et il estime que " la communication des critères de classement doit préciser les rubriques – différentes d’un établissement ou d’une formation à l’autre – établies pour pouvoir classer les candidats au regard des attendus publiés par chaque formation sur les connaissances et compétences requises pour y accéder. Le comité estime qu’il appartient également aux établissements de préciser les critères choisis en spécifiant les plus importants pris en considération pour l’affectation du candidat". Il propose d'aider les établissements à assumer leur rôle de responsable de traitement en les incitant à "élaborer un rapport annuel au rectorat rendant compte des procédures locales".

 

Le privé forcé à accepter des quotas de boursiers ?

 

Une partie importante du rapport est consacrée aux inégalités sociales dans Parcoursup. Là aussi on retrouve des formules et des recommandations prudentes. Ainsi le rapport souligne les inégalités dans l'application de quotas de boursiers aussi bien entre les formations non sélectives et les sélectives , qui ne tiennent pas compte des quotas de boursiers, que les inégalités géographiques. Sur ce point, le rapport formule des recommandations claires. Il demande pour les formations non sélectives "un quota de boursiers au moins égal au pourcentage réel de boursiers parmi les candidats", pour les sélectives de " tenir compte, dans la mesure du possible, de la proportion de candidats boursiers". Enfin, et c'est le plus fort,  il souhaite "étendre les quotas de boursiers aux établissements privés sous contrat et aux établissements placés sous une tutelle ministérielle autre que celle de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation".

 

Culpabilisation et voies de garage pour les bacs pros

 

Ce bel élan ne concerne pas les bacheliers professionnels. Tout en reconnaissant que "les bacheliers professionnels ont moins souvent reçu une proposition pendant la phase principale (apprentissage inclus) que les autres catégories de candidats (83 % contre 97 % parmi les bacheliers généraux), mais ils sont aussi moins nombreux à avoir accepté une proposition reçue pendant la phase principale ou complémentaire (62 % contre 85 % parmi les bacheliers généraux)", le rapport remet la responsabilité sur les bacheliers eux-mêmes. "Les résultats de la phase principale de Parcoursup montrent que l’inadéquation entre les souhaits d’études des bacheliers professionnels et l’offre de formation conduit un nombre important d’entre eux à renoncer à poursuivre des études supérieures", écrit le rapport alors même que 84% des bacheliers professionnels ont demandé un BTS. Le rapport demande de "développer l’offre d’études supérieures professionnelles, ne se résumant pas à l’offre en BTS, afin d’adapter cette offre aux besoins et profils des bacheliers professionnels". On retrouve là l'idéed de formations poubelles spécifiques destinées aux bacs pros, idée qui cherche sa place depuis plusieurs années. Décidément le désintérêt et l'abandon des élèves des milieux populaires reste bien la signature des concepteurs de  Parcoursup.

 

F Jarraud

 

Le rapport

 

 

Par fjarraud , le jeudi 17 janvier 2019.

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