Gaëtan Jougla et Jacques Chanteloup : Les olympiades nationales de biologie sur les rails 

Il existe des olympiades nationales de chimie, de maths, de géosciences mais pas encore en biologie. En lançant les ONB (olympiades nationales de biologie), Gaëtan Jougla, enseignant de SVT au lycée Saint Joseph de Toulouse et Jacques Chanteloup, enseignant en biologie animale et végétale à l’université Paul Sabatier de Toulouse, veulent combler ce retard hexagonal. Pour les modalités, c’est la démarche de projet en équipe avec expérimentations qui est retenue. Des partenariats avec de grands organismes de recherche sont espérés. L’idée des ONB est bien de donner «  la possibilité aux élèves de créer leur propre projet », un manque crée par « la disparition des TPE qui répondaient en partie à ces attentes ».

 

En quoi consisteront les épreuves des futures olympiades de biologie ?

 

Les Olympiades Nationales de Biologie (ONB) se feront sous la forme de projets scientifiques par équipe de 3 ou 4 élèves, sur une durée d’un an. Le but final étant de créer une vidéo du projet qui doit s’appuyer sur la démarche scientifique avec expérimentations et si possible en partenariat avec des acteurs locaux/régionaux (organismes de recherche, entreprises, ONF, Agence de la biodiversité, mairies…)

 

Un test théorique individuel sous forme de QCM permettra en complément des résultats aux ONB de sélectionner 4 élèves pour la création de la délégation qui représentera la France aux Olympiades Internationales de Biologie (OIB).

 

A quel profil d’élève s’adressent-elles ?

 

Les ONB s’adressent à tous les élèves de lycée motivés et désireux de faire des sciences sous une autre forme que les cours traditionnels. Les seules compétences requises pour y participer sont la curiosité, l’enthousiasme et la motivation. La création d’un projet personnel permet de se l’approprier, de créer par soi-même et de s’engager réellement, notamment pour tout projet en lien avec des problèmes écologiques ou le développement durable.

 

Quels sponsors espérez-vous ? Pourquoi est-ce important d’avoir ce soutien ?

 

Nous essayons de développer des partenariats avec des organismes de recherche français tel que l’INRA, l’INSERM ainsi qu’avec des écoles d’agriculture ou d’agronomie (INP Purpan). Nous espérons en développer d’autres comme avec des associations ou entreprises qui ont conscience de l’importance des sciences dans la compréhension et l’approche citoyenne du monde qui nous entoure (préservation de nos ressources, consommation réfléchie, préservation de notre santé, …) et de l’importance de sensibiliser les jeunes aux enjeux de demain.

 

Ces soutiens sont essentiels pour la pérennité financière du projet (gestion du site internet, formation et envoi de la délégation française aux OIB, organisation des cérémonies et remise des prix). Ils sont également fondamentaux dans l’engagement auprès des élèves et l’accompagnement de certains projets. Nos partenaires pourront ainsi détecter très tôt les compétences des élèves qui participent aux Olympiades et pourront les aider dans leur formation pré et post-bac.

 

Que faire si un enseignant est intéressé par le concours pour ses élèves ?

 

Les inscriptions aux concours se feront en fin d’année 2019. Les enseignants intéressés pourront proposer le concours aux élèves et les inscrire via le formulaire reçu précédemment dans chaque établissement. Ils devront ensuite les accompagner dans leur projet de manière régulière tel qu’un atelier scientifique sur une heure hebdomadaire, les aider à trouver un sujet et à aller vers des partenaires régionaux.

 

Pourquoi portez-vous cette initiative ? Comment expliquez-vous cette absence d’olympiades en France ?

 

Nos motivations pour la création des Olympiades Françaises de Biologie sont multiples. Elle répond tout d’abord à une demande ! En effet, nombreux sont les élèves posant chaque année la question : ne peut-on pas s’inscrire à un concours de biologie ? Ou pourquoi peut-on participer aux olympiades de maths ou de chimie mais pas de biologie ? Notre deuxième motivation est de donner la possibilité aux élèves de créer leur propre projet et de s’amuser en faisant de la science. En effet, nous sommes nombreux à déplorer la disparition des TPE qui répondaient en partie à ces attentes. Enfin, il nous semblait impensable que la France ne soit pas représentée au niveau international et souhaitions palier à ce manque.

 

Nous espérons ainsi par la création du projet, mobiliser de nombreux jeunes motivés pour penser, rechercher, innover dans des projets touchant le monde de la biologie et les sensibiliser aux multiples enjeux actuels et futurs. Quand nous sommes témoins de l’engagement important des jeunes dans des actions citoyennes tel que la marche pour le climat, nous sommes confortés dans l’idée que les SVT sont un outil très puissant et fondamental dans l’apprentissage des élèves et qu’il faut donc valoriser cette matière.

 

Entretien par Julien Cabioch

 

Le site des Olympiades nationales de biologie

 

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Par fjarraud , le mardi 16 avril 2019.

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