Le ministère impulse des "classes préparatoires au professorat des écoles" 

" Nous sommes en train de revenir 30 ans en arrière avant la création des IUFM !" C'est le sentiment du Sgen Cfdt et de l'Unsa éducation qui réagissent dans un communiqué commun à une information de l'AEF. Le ministre a chargé  l'inspecteur général de philosophie Mark Sherringham d'une mission d'accompagnement des recteurs dans la mise en place des Inspe et la définition des classes préparatoires. En pleine crise sanitaire, JM Blanquer réveille deux fantômes de la rue de Grenelle. Le premier c'est Mark Sherringham, ancien conseiller du premier ministrev  Raymond Barre, puis de François Fillion quand il était ministre de l'éducation, puis de Xavier Darcos. Figure des traditionnalistes, il a participé à la mise en place de la très paradoxale loi de 2005 qui a imaginé un socle commun pour mieux le geler. L'autre fantôme c'est celui des écoles normales. Ces classes préparatoires matérialisent la main mise du ministère sur la formation des enseignants. " La création sans concertation de ces CPPE rendra encore moins lisibles les voies d’accès au métier de professeur des écoles et va concurrencer les dispositifs de préprofessionnalisation mis en place dans les licences. Il s’agit là d’un dispositif parallèle et concurrent et d’une décision unilatérale pour le moins paradoxale alors que nous travaillons à l’universitarisation de la formation des enseignants du premier degré depuis les années 90", écrivent Sgen et Unsa. " Nous rappelons que depuis le confinement décrété le 17 mars, et l’annonce du Président de la République de suspendre les réformes en cours, toutes les réunions sur la formation des enseignants ont été suspendues, en particulier celles portant sur la modification de l’arrêté du 27 aout 2013 et qui prévoyait dans sa dernière version travaillée le 4 février 2020 une possibilité de décliner l’alternance sur les deux années du master MEEF", disent-ils. En pleine pandémie, JM Blanquer poursuit sa vision de l'Ecole et avance son projet.

 

Communqiué

 

Par fjarraud , le mardi 28 avril 2020.

Commentaires

  • stephan, le 28/04/2020 à 15:34
    Quelques aspects de cet article me laissent perplexes... 
    Concernant la" la main mise du ministère sur la formation des enseignants", c'est un peu comme si on s'indignait que la formation de nos soldats soient confiée à des écoles militaires...
    Est-ce grave?
    Sur le fait de revenir "trente ans en arrière" : quelqu'un dispose t'il d'une étude montrant que les enseignants d'il y a trente ans étaient moins bons ou meilleurs que les actuels ? (Merci, le cas échéant, au café péda de la publier pour nourrir la réflexion)
    Autre façon de poser la question: cher(e)s collègues du premier degré, vous avez moins de soixante ans,  vous avez profité d'une formation labellisée fac : quelle est selon vous, dans l'exercice de votre métier, l'apport de l’universitarisation  de votre formation professionnelle?
    (répondre de 0 = nul! à 5 = fondamental)
    • IdentRemo, le 28/04/2020 à 18:54
      Il se trouve que je suis passé par les écoles normales d'instituteurs au moment où elles n'allaient pas très bien. Elles recevaient, parce que le niveau global de la population était bien plus diplômé qu'auparavant, des jeunes gens qui avaient au moins un Deug et le plus souvent une Licence et des diplômes professionnels (avec équivalences), beaucoup d'entre nous avions déjà travaillé dans le secteur privé. Beaucoup de formateurs avaient vraiment du mal à ne pas nous considérer comme des post-lycéens et certains formateurs avaient des domaines d'études "sine qua non" : j'ai ainsi eu des cours de linguistique et de philosophie de l'éducation qui ne m'ont strictement servi à rien pour enseigner la maîtrise de la langue française. Les IUFM qui ont suivi entraient au moins dans une logique de cahier des charges et d'évaluation des formations.
      A présent, formateur de stagiaires et de titulaires 1ère ou seconde année, je constate dans le département où j'exerce une grande qualité de ces jeunes enseignants, un investissement dans le travail d'équipe, une aptitude à gérer le complexe : les orientations, la différenciation, la prise en compte du handicap, la relation avec les familles, la direction d'école, la recherche d'information, la constitution de dossiers, ... qui sont requis par l'institution et les partenaires et dont leurs aînés n'avaient pas forcément la maîtrise dans leurs premières années. Ces compétences réelles, il faut bien que ces jeunes enseignant.e.s les aient rencontrées quelque part. Aussi je me permets de vous dire que je ne partage pas votre jugement.

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