Pour le Snes Fsu le protocole est insuffisant  

"Lundi les personnels auront beaucoup d'interrogations". Pour le Snes Fsu, qui présentait la rentrée le 27 août, le protocole sanitaire est trop léger pour assurer une année sereine. La prévention n'a pas été anticipée.  Le premier syndicat du second degré dénonce également le piétinement de la revalorisation, les suppressions de postes et la réforme du lycée.

 

Irresponsable

 

"La question sanitaire mobilise les personnels". Frédérique Rolet, secrétaire générale, Xavier Marand, Valérie Sipahimalani et Sophie Vénétitay, secrétaires généraux adjoints, analysent de façon critique la rentrée préparée par JM Blanquer.

 

"Il est urgent d'être responsable", assène F Rolet. "Il ne faut pas seulement assurer la rentrée mais aussi une année plus sure pour les personnels et les élèves". Le syndicat est déçu par rapport au "renforcement" du protocole annoncé par le ministre. Au final la seule modification concerne le port du masque par tous les adultes, les collégiens et les lycéens.

 

"Le protocole fait 6 pages c'est encore moins qu'en juillet, dit S Vénétitay, alors que la situation est différente. Il n'y a pas de règle sur la ventilation alors que la science montre que la diffusion du virus se fait par aérosol et que le manque d'aération accélère sa transmission". Le problème se posera davantage au lycée qu'au collège car avec la réforme du lycée, les élèves sont beaucoup plus brassés au lycée. Pas de règle non plus pour la restauration alors qu'il aurait fallu anticiper avec les collectivités territoriales.

 

Manque d'anticipation

 

Pour le syndicat la réponse pédagogique à l'hétérogénéité des niveaux cette année n'a pas été anticipée non plus. "Le ministre fait un catalogue de dispositifs or c'est dans la classe que les choses se jouent". Le Snes dénonce aussi "l'éducation réduite aux fondamentaux". Un bon exemple en est donné en 6ème où 5h pourront être prise sur les enseignements pour mettre à part les élèves faibles et leur faire faire des maths et du français.

 

Et de confiance

 

"Sur la revalorisation on reste sur notre faim", dit F Rolet. Des 10 milliards on est passé à 400 millions. Le ministre ne parle plus de la prime d'équipement.

 

Le Snes souligne aussi les suppressions de postes : 820 cette année alors que le nombre d'élèves est en hausse de +17 000. A cela s'ajoute le fait que tous les postes mis aux concours ne sont pas pourvus. 609 postes restent disponibles. La réforme du lycée a libéré 1100 postes dont 465 en maths, 93 en physique chimie et 80 en SES.

 

Du coup il y a de fortes inquiétudes sur les remplacements, qui pourraient être plus nombreux que prévus du fait du Covid 19. "Le ministère fait appel à des contractuels mais le vivier n'est pas infini". L'idée que l'on va remplacer les postes supprimés par des heures supplémentaires ne marche pas affirme le Snes. L'an dernier le ministère avait budgeté 18 millions d'heures supplémentaires pour remplacer des postes supprimés. "Seulement 6 millions d'heures ont été utilisés", annonce le Snes.

 

Pour F Rolet, les enseignants sont surtout "désabusés". "Ils sont contents de retrouver leurs élèves", explique F Rolet. "Mais désabusés. Ils voient un gouvernement reconduite un ministre très contesté. Sur la revalorisation, ils écoutent et disent qu'on se moque d'eux".

 

François Jarraud

 

 

 

 

Par fjarraud , le vendredi 28 août 2020.

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