Reprise de l’EPS en contexte COVID : Les équipes font corps ! 

Sur la toile depuis quelques jours c’est l’effervescence du côté des collègues et des équipes EPS. Le ministère vient de publier le protocole sanitaire et pour la première fois, une partie est consacrée à l’enseignement de l’Education Physique et Sportive.  Toutefois, ce dernier ne semble pas permettre la cohérence des démarches à l’échelle du territoire. Autre enjeu important, si la crise sanitaire est passée par là, une autre crise pointe le bout de son nez. prenant la forme d’un dispositif et jouant sur les allants de soi et les confusions : le « 2S2C »

 

Protocole national et disparités à l’échelle de certains territoires

 

Plusieurs phrases interpellent au sein de ce protocole, notamment cet extrait : « les textes en vigueur (…) prévoient une distanciation d’au moins deux mètres en cas d’activités sportives, sauf lorsque la nature de la pratique ne le permet pas ». Vous l’aurez compris certaines activités comme les sports collectifs ou les sports de combat ne peuvent pas être pratiqués, dès lors, pourquoi ne pas les avoir tout simplement interdits ? A la Réunion, académie qui est rentrée depuis le 14 août, le préfet a tout simplement décidé d’interdire ces activités en EPS mais également sur l’ensemble du territoire ! Alors évidemment se pose la question de la cohérence à l’échelle du territoire même si nous l’avons bien compris, la règle est de laisser le local s’adapter…  Se faire une passe à deux avec le même ballon à plus de 2 mètres est-il vraiment possible et souhaitable ?

 

Non les enseignants d’EPS ne sont pas des profs de bouger et encore moins des profs d’activité physique

 

L’activité physique est indispensable, nul n’en doute et personne ne remet en cause cette priorité. Mais les moyens pour y arriver interpellent davantage. Est-il vraiment difficile de faire bouger des élèves ? Par contre, comment permettre à un enfant, un adolescent de trouver du plaisir à pratiquer aujourd’hui mais aussi et surtout demain dans sa vie d’adulte ? Cette nouvelle génération est-elle condamnée ou doit-elle payer pour accéder à des loisirs sportifs ou artistiques ? Le marché des salles de sport est un service mais de nombreux élèves grâce à leur parcours en EPS maîtrisent l’ensemble des connaissances leur permettant d’être autonomes autour de valeurs d’émancipation et non de conformisme.

 

Une volonté manifeste d’externaliser la discipline EPS à travers le 2S2C

 

Nul doute que la démarche est politique, à travers la volonté d’externaliser une discipline scolaire obligatoire, l’EPS. La confusion est sans cesse présente dans la communication du ministère, comme au sein du protocole. Est-ce une volonté de mettre en difficulté les enseignants d’EPS ? Que vont décider les chefs d’établissement ? La vision de l’Ecole de Jean Michel Blanquer est limpide, la priorité reste « les fondamentaux » : Lire, Ecrire, Compter, alors même que le corps reste un bien précieux que chaque individu, chaque citoyen doit apprendre à maîtriser, à apprivoiser tout au long de sa vie.

 

L’EPS fait « corps »

 

A l’image de la pétition réalisée par un collectif d’enseignants d’EPS qui a atteint les 20 000 signatures, le 2S2C ne sera jamais la solution. L’ubérisation de l’éducation et plus précisément de l’éducation physique et sportive est rejetée en masse par la profession. Mais surtout les équipes partout sur le terrain en cette rentrée sont en train de trouver des solutions et de faire preuve une nouvelle fois d’une grande adaptabilité et ingéniosité dans un seul but : Nos élèves !

 

Antoine Maurice

 

Le protocole sanitaire EPS

 

 

 

Par fjarraud , le lundi 31 août 2020.

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