Covid : Nouvelle FAQ sur la gestion des élèves dans le primaire 

La nouvelle FAQ publiée par le ministère après les annonces du 25 novembre confirme deux choses. Premièrement, le remplacement de la fermeture automatique des classes par le droit au retour des cas négatifs a été improvisée. Il a fallu deux journées au ministère pour décrire la marche à suivre. Il en faudra encore plusieurs pour son application. Deuxièmement, cette procédure est inadaptée à la situation. Elle n'empêchera pas la diffusion de l'épidémie dans les classes et par suite dans les familles. Elle donne la priorité au maintien des enfants en classe "coûte que coûte" et quel que soit leur situation virologique.

 

Une procédure imporvisée

 

Il aura fallu deux journées pour mettre par écrit les annonces faites par JM Blanquer le 25 novembre. La nouvelle édition de la "foire aux questions" (FAQ) ministérielle a été publiée en fin de journée le 26 novembre. Elle précise la marche à suivre dans le premier degré, rien ne changeant officiellement dans le second degré.

 

"La survenue d’un cas confirmé parmi les élèves entraîne par principe la suspension de l’accueil en présentiel, pour une durée de 7 jours, des élèves de la classe concernée et des contacts à risque identifiés en dehors de la classe. Toutefois, ces élèves pourront poursuivre les apprentissages en présentiel sous réserve de présenter un résultat de test négatif. Cette évolution entre en vigueur au plus tard le lundi 6 décembre 2021", écrit la FAQ. La fermeture de la classe reste la règle mais avec un "droit au retour" des élèves.

 

Les tests à la responsabilité des seuls parents

 

La FAQ ne mentionne même plus des tests faits dans l'école alors que JM Blanquer a précisé le 25 qu'il y aurait deux modes. Elle renvoie les tests à la responsabilité des parents. "Ces tests peuvent être réalisés auprès des professionnels de ville autorisés, les laboratoires de biologie médicale et les officines pharmaceutiques notamment. Les tests éligibles sont les tests RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé ou salivaire, RT-LAMP ou antigénique sur prélèvement nasopharyngé. Les autotests supervisés ne sont pas reconnus pour ce type de situation". Ces tests sont gratuits. En cas de test positif l'élève est isolé 10 jours. En cas de test négatif l'élève peut revenir suivre les cours.

 

"En l’absence de présentation d’un test, la suspension de l’accueil en présentiel est maintenue pour la durée de 7 jours". Les familles ne sont donc pas incitées à déclarer le statut de l'enfant s'il est positif. Cela rallonge la rupture scolaire de 3 jours.

 

Un déploiement allongé sur une semaine

 

C'est le directeur qui aura à prévenir les 25 à 30 parents dès qu'un cas est confirmé. Il devra aussi gérer les départs des élèves. Puis il devra gérer les retours et enfin s'arranger pour que les élèves cas contact pas encore partis ne croisent pas les élèves avec test  négatifs de retour... En espérant qu'entre temps un autre cas positif ne se soit pas déclaré...

 

La mise en place de cette nouvelle règle se fera "au fur et à mesure durant la semaine prochaine". Selon JM Blanquer elle devrait être installée partout "le lundi suivant" (début décembre).

 

Moins de sécurité sanitaire

 

Cette procédure est-elle adaptée à la situation sanitaire ? Elle allège le protocole puisque la classe n'est plus fermée pour une semaine.  JM Blanquer, le 26 novembre sur France Inter, vante le dispositif :  "nous recherchons la souplesse pour assurer le maximum de jours de cours pour les enfants". En fait la souplesse est surtout pour les parents qui n'ont plus de problème de garde.

 

Mais elle offre beaucoup moins de sécurité sanitaire que la fermeture pure et simple. Elle ne prend pas en compte le temps d'incubation de la maladie, les enfants pouvant avoir un test négatif le jour du contact et devenir positifs 2 ou 3 jours plus tard. Les élèves "sont fortement invités à réaliser un test 7 jours après le dernier contact avec le cas confirmé" dit la FAQ.  Mais "la présentation du résultat de ce test à J7 n’est pas requise pour la poursuite de l’accueil ou le retour en présence des élèves". Ce paragraphe illustre clairement les priorités.

 

La FAQ pourrait imposer des mesures strictes de non brassage des élèves à l'école et à la cantine ou de limitation des activités (chorale, sport etc.). Là aussi la FAQ n'impose rien.

 

Des enseignants jamais malades

 

Le pire concerne les enseignants. "L’apparition d’un cas confirmé parmi les personnels, dès lors qu’ils portent un masque, n’implique pas que les élèves de la classe soient considérés comme contacts à risque. De même, l’apparition d’un cas confirmé parmi les élèves n’implique pas que les personnels soient identifiés comme contacts à risque, dès lors que ces derniers portent un masque. Les règles applicables suite à la survenue d’un cas confirmé parmi les élèves à l’école primaire (dépistage immédiat pour la poursuite des cours en présence) ne s’appliquent pas aux personnels". Les enseignants devront donc se faire tester à leurs frais s'ils le souhaitent. Par définition ils sont immunisés par le masque fourni par le ministère. Non testés ils peuvent être contaminés et contaminer ensuite leur classe sans forcément s'en apercevoir à temps. Ce qui importe c'est la continuité du service.

 

La FAQ précise que pendant "la suspension de l’accueil en présentiel... les élèves concernés bénéficient de l’apprentissage à distance". On peut se demander comment les enseignants pourront à la fois faire cours en présentiel et faire de "l'apprentissage à distance". Là aussi le discours ministériel flatte l'électeur mais il décolle de la réalité. Parce qu'au final c'est sa caractéristique principale.

 

Une procédure déjà dépassée

 

 


Il faut souligner une dernière inadaptation de cette nouvelle FAQ. Publiée le 26 novembre elle est déjà dépassée par la gravité de l'épidémie. Le taux d'incidence de 6-10 ans a maintenant largement dépassé les plafonds des deux dernières vagues et il continue  monter en flèche. 48 départements ont déjà un taux d'incidence supérieur à 200 dont 5 qui sont au dessus de 400. Dans ces départements le taux d'incidence des scolaires est généralement supérieur au taux moyen. Ainsi l'Ardèche  a un taux moyen de 436 mais le taux d'incidence des 0 à 9 ans atteint 610 et celui des 10-19 ans est à 592. En Haute Corse le taux moyen est à 480, celui des 10-19 ans de 499. Dans les Hautes pyrénées les 0-9 ans ont un taux de 552. Ces taux doublent toutes les semaines. En Ardèche le taux moyen était à 242 il y a une semiane, celui des 0-9 ans à 186. Dans les Hautes Pyrénées les 0-9 ans étaient à 139 la semaine dernière. La semaine prochaine les départements au dessus de 400 pourraient avoisiner les 1000. En décidant de ne rien faire sauf alléger le protocole, JM Blanquer fait plaisir aux électeurs dans un premier temps. Mais demain ne sera t-il pas trop tard ?

 

François Jarraud

 

La FAQ

 

 

 

Par fjarraud , le lundi 29 novembre 2021.

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