L'Expresso du 28 Mars 2007 

 Par François Jarraud

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Le fait du jour

Orientation : Le rapport Lunel confirme "l'orientation active"
"Le pays prend conscience que les sorties massives du système de formation sans diplôme ou qualification pèsent dangereusement sur sa cohésion et sur son économie par les dépenses sociales qu’elles engendrent, qui grèvent les comptes publics. Elles pèsent également sur la productivité globale de la France dans un moment de compétition accrue, où l’économie de la connaissance revêt une importance décisive". Remis par Pierre Lunel au premier ministre le 27 mars, le "Schéma national de l'orientation et de l'insertion professionnelle des jeunes" vise à élever le niveau de formation de la jeunesse et à faciliter son insertion professionnelle.

"Le problème de notre pays aujourd’hui n’est donc pas d’avoir trop de diplômés, mais trop de jeunes sans qualification ou de titulaires de diplômes sans débouchés professionnels. Le malthusianisme est hors de propos. Nous n’avons pas trop d’étudiants mais trop d’étudiants mal orientés" affirme Pierre Lunel qui rappelle l'objectif de 50% dune génération diplômée du supérieure, contre 38% aujourd'hui. Il s'agit donc de réduire les sorties du système scolaire ou supérieur sans diplôme et de faciliter l'accès à l'emploi.

Pour cela il entend renforcer le dispositif d'orientation dans l'enseignement secondaire. Au collège, l'option découverte professionnelle (2 heures) deviendrait obligatoire dès 2009. Dès la rentrée 2007, tous les collèges sont invités à mettre en place l'option Découverte professionnelle. Un entretien personnalisé avec le professeur principal deviendra obligatoire en 3ème,  en 1ère ainsi qu'en première année de cap et bep. Un portfolio regroupera pour chaque élève les actions réalisées pour son orientation.

Mais c'est surtout l'orientation en terminale qui intéresse P. Lunel. Il confirme les options du rapport Hetzel en généralisant le "dossier unique de candidatures" chargé d'assurer une meilleure coordination des admissions dans le supérieur. Le conseil de classe du second trimestre de terminale étudiera les vœux du lycéen et sera transmis à l'université qui lui retournera un avis.  L'élève "reste en tout état de cause libre de son choix" affirme le rapport.

En université, le jeune étudiant pourrait bénéficier d'un tutorat par des étudiants de Master : des crédits pourraient être dégagés pour cela. Le dossier unique de candidatures sera maintenu jusqu'en fin de 1ère année afin de faciliter une réorientation. P. Lunel préconise la création de modules de soutien en 1ère année pour accompagner les étudiants souhaitant se réorienter. Plus globalement, le rapport appelle à mobiliser les universités pour améliorer l'insertion professionnelle des étudiants. Un portail national d'information sur l'orientation serait ouvert.

Le rapport réforme également le dispositif actuel d'orientation. Il ferait des CIO les pilotes des coordinations locales d'orientation. Les missions des conseillers d'orientation seraient redéfinies : "information et coordination pour l’orientation scolaire et professionnelle, en liaison avec les entreprises et le service public de l’emploi". Les conseillers d'orientation psychologues seraient formés à leur nouveau rôle et P. Lunel envisage le recrutement de conseillers d'orientation centrés sur la connaissance du monde économique. 

Vivement attendu, le rapport Lunel reprend les idées émises par le rapport Hetzel. Il affirme avec force la nécessité d'élever le niveau éducatif du pays. Mais il ne lève pas les ambiguïtés sur le devenir des bacheliers technologiques et professionnels et adopte une conception que certains pourraient juger limitée de l'orientation.Le rapportOrientation active ou sélection sociale ?


Editorial

Redessinons une autre carte scolaire !
Le système éducatif ne peut entériner, voire renforcer les conséquences de la ségrégation  sociale qui résulte de la politique de logement et de l'habitat.

C'est pourquoi,  la Ligue de l'enseignement demande que le service public d'éducation crée en son sein les conditions de la mixité sociale et du vivre ensemble.

Comment ? Avec une carte scolaire organisée en secteurs regroupant 3 à 4 collèges, et les écoles d'où viennent leurs élèves,  de façon à ce que chaque secteur, et chaque établissement scolaire public et privé qui le compose, assure cette mixité.

Ces secteurs seront établis et revus régulièrement par concertation entre autorités académiques et collectivités territoriales, et ce dans le cadre de la loi du 13 août 2004 après, bien sûr, négociation avec les établissements scolaires publics et privés soumis aux mêmes obligations d'accueil.

Ces établissements devront expliquer comment ils prendront en compte la mixité sociale et assureront que chaque élève puisse atteindre les objectifs fixés par l'Etat comme une qualification pour tous ou encore 80 % d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat.

Ne nous y trompons pas ! La carte scolaire est un bon révélateur des contradictions de notre société et  de l'imminence des dangers de rupture interne qui la guette.
Il faut donc réagir !

Et résoudre ce problème de carte scolaire dans l'intérêt des milieux populaires de ce début du 21ème siècle est un enjeu majeur si nous voulons que le pacte républicain, auquel a largement contribué l'Ecole, puisse retrouver sa pleine réalité pour ceux et celles "qui n'y croient plus".

Arnold Bac
Responsable du Service Education de la Ligue de l'Enseignement

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Le système

Les écoles seront fermées à Paris le 30 mars
"C’est une volonté sans précédent de mise au pas de tous les enseignants quand dans le même temps, d’autres collègues parisiens sont confrontés à l’autoritarisme et à l’arbitraire, et que, dans de nombreux  départements, des collègues directeurs sont toujours sanctionnés pour  avoir répondu à une consigne syndicale". Les syndicats SNUipp, Snudi- FO, SUD- Education, SGEN-CFDT, CNT, et CGT éducation appellent les enseignants du primaire parisien à faire grève vendredi 30 mars.

Autant que la solidarité qu'ils éprouvent envers la directrice de la rue Rampal (Paris) retenue en garde à vue pour être intervenue en faveur du grand–père sans papiers d'une élève arrêté devant son école, les syndicats dénoncent l'attitude du rectorat de Paris.

Ils exigent "qu’il n’y ait aucune poursuite judiciaire, aucune sanction administrative, contre (la) directrice de l’école Rampal, que l’Académie applique le droit à la protection des  fonctionnaires". Une manifestation aura lieu à 14 heures à Sèvres-Babylone.

Menaces sur les programmes du primaire
De source syndicale, on apprend que "des modifications importantes ont été apportées au projet de programmes du 1er degré et annoncées en séance" de la commission préparatoire à la prochaine réunion du CSE.

Les syndicats (SNUipp-FSU, SE-UNSA, Sgen-CFDT,  SNUEP, SNEP, SNES, UNSEN-CGT, FEP-CFDT, SNPDEN), les parents (PEEP, FCPE, UNAPEL) ont dénoncé la méthode employée par le ministère de l’éducation nationale qui "ne permet pas une étude et un examen approfondis" des textes. La FCPE a quitté la réunion. On saura mercredi 28 si le ministre entend faire passer au forceps une réforme des programmes.

Il manque 500 000 manuels en collège
Selon une étude du Syndicat national de l'édition et de l'association Savoir Livre, la moitié des élèves de 6ème ne dispose pas d'un manuel conforme aux programmes en langues, et environ un sur huit en maths. Cette situation compromet la scolarité des élèves puisque de nouveaux programmes sont entrés en application.

Pour le Sne, la responsabilité est clairement  du coté du gouvernement. Avec la nouvelle loi de finances (la Lolf), les manuels, qui en collège sont payés par l'Etat, ne disposent plus d'une enveloppe spécifique.

Pour le Sne, la situation s'aggraverait en 2007 avec un versement en baisse de 14%. Selon l'AFP, le président de la conférence des recteurs atteste qu'il n'y a pas eu de baisse de crédit pour les manuel scolaires" et "qu'il n'y a pas eu de remontées particulières sur le sujet".

Pourtant le 30 juin 2006, L'Expresso annonçait "Des élèves sans manuels dans les collèges à la rentrée". Des messages venus de 5 académies (Strasbourg, Lille, Poitiers, Limoges, Orléans-Tours) avaient alerté la rédaction. "Pourquoi le ministre change-t-il les programmes s'il ne nous donne pas les moyens de les appliquer ?" interrogeait une collègue."Dans ma matière, l'anglais, nous changeons de méthode (presque de programme) pour nous mettre au niveau des exigences européennes. Pas un sou pour changer les manuels".

Dans le Nord, un père d'élève, membre du conseil d'établissement, témoignait que le collège disposait de 6 500 euros pour renouveler les manuels (10 500 euros), acheter les carnets de correspondance (1 300 euros), payer les droits de reprographie (1 150 euros) et les frais de stage et les actions pédagogiques. Dans le Pas-de-Calais, la dotation d'un collège avait été divisée par deux en un an. Conquête démocratique, la gratuité des manuels au collège est maintenant remise en question.SneL'Expresso d u 30 juin

Un collège Lucie Aubrac à Paris
Le Conseil de Paris a décidé de donner le nom de Lucie Aubrac, figure de la Résistance décédée récemment, au collège Fontaine au Roi dans le 11ème arrondissement parisien.

Qui sont les chefs d'établissement ?
Une étude ministérielle tire le portrait des chefs d'établissement nommés en 2004. 80% d'entre eux sont d'anciens enseignants, principalement des certifiés et plus particulièrement des profs d'histoire-géo et des disciplines techniques. Mais "on observe une percée importante des professeurs des écoles". Une autre catégorie fournit 17% des chefs d'établissement  les Cpe. L'étude


Sarkozy promet de suspendre le décret Robien
" Le décret du 12 février 2007 présente la caractéristique d’imposer aux enseignants de travailler plus pour gagner autant, ou autant pour gagner moins. Ce n’est pas la philosophie de mon projet politique. Je suis donc favorable à sa suspension". Le Snes publie les réponses du  candidat à la présidentielle à ses questions.

Le syndicat met en ligne également une lettre de Ségolène Royal qui promet que "la gauche rétablira les moyens supprimés par la droite et abrogera les mesures prises hors de toute concertation" et dénonce " le cynisme du candidat UMP Nicolas Sarkozy, numéro 2 du gouvernement actuel, et François Bayrou, président et candidat du parti de l’actuel Ministre de l’Education nationale, qui se sont tous deux engagés à abroger le décret « de Robien »".Communiqué SnesCommuniqué


L'élève

En voiture avec Zou le tatou
Zou le tatou a une bonne tête. Pour la garder il incite les enfants de 5 à 8 ans à mettre leur ceinture de sécurité en voiture. Le personnage créé par la Sécurité routière va être popularisé auprès des enfants. 100 000 enfants de maternelle et du primaire devraient recevoir une figurine ou un tatouage ainsi qu'un cédérom audio. La Sécurité routière ouvre un nouveau site destiné aux parents et aux enfants. Ils y trouveront des spots montrant comment attacher les enfants en voiture. Zou le tatou


Disciplines

ASSR : Un décret au J.O.
Le Journal officiel du 27 mars publie un décret et un arrêté organisant la délivrance des attestations scolaires de sécurité routière (Assr 1 et 2). Au J.O.Au J.O.L'Expresso du 27/3/2007
Physique : Les TIC divisent les profs
"La physique c'est intéressant mais la chimie c'est amusant". Selon le dossier "L"image des sciences physiques et chimiques au lycée" publié par le ministère, les lycéens français ont une image positive de ces disciplines. L'étude analyse les déclarations d'élèves et de professeurs pour mieux cerner les pratiques pédagogiques et les représentations des enseignants et de leurs élèves. On apprend ainsi que les élèves aiment faire des expériences mais sont moins attirés par les calculs…

" En LEGT, les enseignants de physique-chimie interrogés se répartissent en 4 groupes, selon l'analyse lexicale, lorsqu'il s'agit d'indiquer les raisons qui les ont amenés à choisir d'enseigner la  physique-chimie, auxquels s'ajoute le groupe des non réponses (14%). Le plus important de ces groupes (plus du tiers des enseignants) insiste essentiellement sur l'aspect expérimental  de  cette  discipline,  tandis  qu'un  quart  des  enseignants  centre  son  propos  sur  son parcours  universitaire  et  son  intérêt  pour  l'étude  de  la discipline ;  par ailleurs deux groupes  plus minoritaires font référence, l'un à la passion de transmettre et de partager, l'autre à la compréhension du monde qui nous entoure. En LP, la typologie est plus tranchée : la moitié des enseignants font référence au caractère concret de  leur  discipline,  notamment  vis-à-vis  des  élèves, tandis qu'un quart d'entre eux évoquent leur formation comme explication de leur choix, et un quart ne répond pas".

Les pratiques diffèrent entre L.P. et LEGT. "Les démarches les plus fréquentes en classe en LEGT sont l'exploitation d'expériences réalisées par les élèves (79% : « toujours » ou « souvent »), la mise en interactivité élèves-enseignants (82%), et, dans une certaine mesure, la demande de comptes rendus de TP (32% : « toujours » et 28% « souvent »). Les démarches  d'enseignement  les  plus  citées  en  LEGT sont  ensuite l'utilisation de l'informatique par les élèves (61% « toujours » ou « souvent »), la démarche « constructiviste » (mettre les élèves face à une situation-problème : 52%) et la démarche magistrale (transmettre principalement des savoirs théoriques : 50%)… Les différences les plus notables entre LP et LEGT concernent l'utilisation de l'outil informatique (très peu utilisé en LP, où 14% des enseignants l'utilisent « souvent » ou « toujours » contre 61% en LEGT) et le fait de « transmettre principalement des savoirs théoriques » (50% en LEGT, 32% en LP)".Etude

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