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P Frackowiak Photo CP

“Dans ses explications à la presse, Alain Bentolila juge indispensable de préciser qu’il ne s’agit pas de revenir 20 ans en arrière (Le Monde) ou 50 ans en arrière (France Info). Ce besoin de préalable prouve généralement le contraire et une analyse des éléments diffusés nous conforterait plutôt dans l’idée que ce rapport opportuniste s’inscrit davantage dans l’air du temps que dans la volonté de construire une école plus démocratique, plus juste, plus performante pour les 20 ou 50 ans qui viennent”. Pierre Frackowiak ouvre le débat sur la réforme de l’enseignement de la grammaire, rédigé par Alain Bentolila, qui devrait être remis au ministre le 29 novembre.

“En fait, deux points clés mettent bien en évidence la volonté de marche arrière non pas de 20 ou 50 ans mais de 80 ans:

1° la référence au simple et au complexe
Cette référence commode pour les conservateurs ne repose sur aucune étude scientifique. On sait bien que le simple scolaire est éminemment complexe puisqu’il n’existe pas et qu’il est le produit de l’intelligence de l’adulte. Le point ou la ligne ou la lettre, ce n’est pas simple du tout. Ce qui est simple c’est la boîte à chaussures ou le texte qui veut dire quelque chose.

2° le retour à la leçon de grammaire conçue comme une leçon de choses et à la progression rigoureuse
Si la leçon de choses de Jules a été abandonnée dès la fin des années 60, c’est que malgré sa prétention, elle ne permettait pas ni la construction de notions scientifiques (il s’agissait de mettre des mots sur des choses et d’apprendre des définitions sans les comprendre), ni la réflexion avec la formulation d’hypothèses chère à la démarche scientifique. La leçon classique et la progression rigoureuse posent des problèmes considérables. L’affirmation de la nécessité de leur retour traduit un manque de confiance terrible en l’intelligence des enseignants”.
Vous trouverez à l’adresse ci-dessous le texte complet de Pierre Frackowiak. Le Café publiera dans les jours à venir d’autres contributions. Interrogé par le Café, Alain Bentolila n’a pas souhaité s’exprimer sur le site du Café avant mercredi.
Le texte complet de P. Frackowiak
Rappel : le rapport Bentolila