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Si l’Education nationale a effectué un réel effort pour lutter contre la radicalisation après les attentats de 2015, estiment les députées Sandrine Mörch et Michèle Victory dans un rapport de mission parlementaire, elle doit améliorer ses pratiques pédagogiques et notamment renforcer la pédagogie de projet et l’EMI.

Chargées d’une “mission flash” par la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée, les deux députées estiment n’avoir pas “épuisé le sujet” de la lutte contre la radicalisation dans l’Education nationale.

Elles donnent des chiffres sur l’effort de l’Education nationale. Ainsi sur les 900 signalements de 2015, ramenés à 310 en 2017, un tiers serait venu de l’Education nationale. Depuis 2015, 2550 jeunes auraient été suivis par les dispositifs anti radicalisation et 1095 le seraient encore. Les députées appellent à un nouvel effort : mieux controler les établissements hors contrat.

Elles soulignent la variété des profils des jeunes qui se radicalisent et appellent à la prudence dans les établissements : “il serait contreproductif de confondre radicalisation et provocation” adolescente.

Mais elles proposent surtout des pistes pédagogiques. Elles invitent à “mettre davantage l’accent sur le développement des projets collectifs, comme cela se fait beaucoup dans l’enseignement professionnel et technologique, pour aborder et incarner les notions de valeurs de la République et d’éducation aux médias…, à mettre davantage l’accent sur l’éducation à la cybercitoyenneté via l’éducation aux médias; à apprendre aux élèves à penser par eux-mêmes et à développer leur esprit critique : cela passe entre autres par la généralisation de l’enseignement de la philosophie, y compris en lycée professionnel, ou encore par l’instauration de cours « d’autodéfense intellectuelle »… ; à développer les lieux de débats et d’échanges”.

Elles invitent aussi à ” compléter les renforts éducatifs et sociaux, avec la présence de maîtres spécialisés dans l’alphabétisation et la remédiation des enfants pour renforcer les RASED (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), et plus largement renforcer la médecine scolaire, largement déficitaire”.

Le rapport