Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Les évaluations de CE1 et CM2 au cœur d'une nouvelle polémique.
ÉDITORIAL
Avis de changement de cycle ?
LE SYSTEME
Les syndicats reçus cette semaine par X. Darcos l Qu'évalue le nouveau livret d’évaluation pour le primaire ? l Quel avenir pour les maîtres des Rased ? l Mercredi journée de manifestations l Que se passe-t-il dans l'enseignement agricole ? l Le Sgen hostile au futur décret sur les heures de remplacement.
L’ÉLÈVE
L'UMP relance le dépistage des troubles du comportement à 3 ans l Des parents portent plainte après un jeu violent en récréation.
LA CLASSE
La 6e édition du Forum "La non-violence à l'école" aura lieu les 12 et 13 décembre 2008 à Paris..
CITOYENNETE
Le souvenir des 11 400 enfants juifs déportés présent sur Internet l Un concert pour Taoufik l Avocats des droits de l'Homme.
LES DISCIPLINES
L'acidification de l'océan est plus rapide que prévue l Lycéens hors du monde l Le plan de relance européen l Le château des Hohenzollern reconstruit à Berlin.
LES TICE
Les écoles sont mieux équipées révèle une enquête de l'ANDEV.
Les évaluations de CE1 et CM2 au cœur d'une nouvelle polémique
"Dans la phrase "le vol était indéniable" que signifie le mot indéniable ?" C'est un exemple de question qui pourrait être posée dans l'évaluation de CM2 que les élèves passeront du 19 au 23 janvier. Alors que les premiers documents circulent sous le manteau à propos des nouvelles évaluations de CE1 (passage du 25 au 30 mai) et de CM2, le Snuipp dénonce la "mise en concurrence des écoles".
Les évaluations 2009 sont radicalement différentes des épreuves précédentes. Celles-ci visaient à effectuer un diagnostic permettant de repérer les élèves en difficulté. En conséquence elles n'évaluaient que les compétences de base sur des exercices simples. Les nouvelles évaluations de français et maths visent à faire un bilan mesurant les acquis des élèves. "Toutes les compétences du programme sont évaluées sur des exercices de difficulté variée" affirme le document officiel que le Café s'est procuré. Avec ce bilan, le ministère entend disposer "d'un instrument de pilotage du système éducatif, du niveau local de l'école jusqu'au niveau national".
Les évaluations seront nettement plus difficiles. En CE1 par exemple on demandera aux élèves d'écrire un texte de 5 à 10 lignes, de distinguer verbes, noms, articles, pronoms personnels et adjectifs qualitatifs. Dans une dictée ils devront marquer les accords du verbe avec le sujet, de l'adjectif avec ke nom qu'il qualifie. En CM2 ils devront passer en maths d'une écriture fractionnaire à une écriture à virgule. Ces difficultés ne manqueront pas d'interroger les enseignants sur les finalités de l'évaluation. Là où le ministère voit la mise en place d'un indice d'évaluation des résultats de l'école, des enseignants verront peut-être la volonté de montrer les faiblesses de l'Ecole.
Mais c'est la communication des résultats qui soulève des réserves. Les parents auront accès aux résultats globaux de la France, des académies et des départements. De plus ils auront accès aux résultats de leur enfant et de l'école de leur enfant. Ils pourront donc situer cette école par rapport à la moyenne départementale sur des résultats bruts. Ceux-ci ne montreront pas la plus-value apportée par l'école par rapport à des résultats attendus, comme c'est le cas pour les lycées.
Le Snuipp dénonce le risque de concurrence entre établissements. Il "rappelle son opposition totale à la publication des résultats école par école : le faible nombre d’élèves concernés dans de très nombreuses écoles comme la multiplicité des facteurs à analyser (environnement social, rôle de l’enseignant et de l’équipe pédagogique, activités péri-scolaires, facteurs individuels,…) rendent extrêmement complexe toute interprétation des résultats. Cette publication provoquerait en outre une concurrence entre écoles et introduirait une logique de marché dont les conséquences seraient défavorables à l’ensemble des élèves. Elle remettrait en cause un des fondements de l’école publique. La mixité sociale et le brassage constituent des garanties pour une meilleure réussite des élèves".
Plusieurs pays publient les résultats des écoles directement sur Internet. C'est le cas par exemple de l'Angleterre ou de certains états des Etats-Unis. Cette publication s'accompagne d'une mise en concurrence des écoles qui existe également en France mais de façon nettement moins organisée. Quand elle n'est pas encadrée par des dispositifs favorisant la mixité sociale, cette concurrence joue toujours un rôle ségrégatif. Le Snuipp annonce dès maintenant qu'il demandera l'interdiction de la publication des résultats.
Communiqué Snuipp
Présentation des évaluations CE1 CM2 (document ministère)
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Avis de changement de cycle ?
X. Darcos est-il en train de perdre la main ? Alors que ses indéniables capacités de communication semblaient avoir un temps mis ses opposants en difficultés, tant les personnels semblaient abasourdis sous le flot des "réformes", les derniers jours laissent penser que rien n'est jamais acquis en politique.
D'abord, la mobilisation : plus de 200 000 signatures pour les RASED, une grosse manif parisienne un dimanche mi-octobre, puis un succès indéniable de la grève du 20 novembre, avec des défilés denses et décidés. Tellement que le ministère se sent obligé d'annoncer un taux de grévistes qui fait rigoler jusqu'aux renseignements généraux. Le mammouth groggy s'st réveillé, avec un seul mot à la bouche : non au mépris. Du coup, l'avisé ministre fait un choix brusque : pas question d'ouvrir un nouveau front avec la réforme du lycée, tuée dans l'oeuf pour ne pas trop irriter tout le monde en même temps. Et au passage retrouver une fracture entre les organisations, un peu trop unies dans le premier degré. On a beau vilipender les syndicats sur les plateaux médiatiques, on n'oublie pas la prudence.
Ensuite, les élus. Surtout UMP. La fin de semaine a été chargée porte de Versailles avec la fronde des élus contre le service minimum d'accueil. Et le recul que l'on sait sur les petites communes qui pourront déroger à la règle, même si les villes (plus souvent à gauche) devront "appliquer la loi"...
Et cette semaine, dernier développement avec les associations et mouvements pédagogiques. Menacées dans leur devenir même par la brutale baisse des subventions 2008 de 25% et la suppression annoncée de leurs postes au nom des économies, elles ont fait appel au Président Sarkozy, celui qui vantait il y a quelques mois leur utilité pour accompagner les élèves après la classe.
Chacun sait que le Président n'aime pas avoir à "s'occuper de tout"... Est-ce la crainte de tomber en disgrâce comme sa consoeur Garde des Sceaux ? Toujours est-il qu'il semble que le ministre soit désormais prêt à donner quelques gages aux associations sur l'avenir de leurs postes...
Chacun sait la nécessité, pour les agents de Bourse, de se délester d'une mauvaise position avant d'être touché par la crise. Si on en juge par la détermination montante des personnels à ne plus s'en laisser compter (actions multiples reconduites, montée des "résistances" de tous ordres et à tous les niveaux, nouvelle action unitaire le 10 décembre), l'Elysée est peut être en train de se dire que la dose est dépassée. Si on en juge par tous les "signaux faibles" qui bruissaient cette fin de semaine dans les couloirs du Salon de l'Education, quelques amis de la même majorité que M. Darcos se verraient peut-être bien à sa place. A suivre, dans les prochaines semaines...
C'est par où, la sortie ?
M. Sapiès
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Les syndicats reçus cette semaine par X. Darcos
Le ministère publie une édition rectifiée de l'agenda du ministre pour la semaine du 1er au 5 décembre. Trois rendez-vous justifient cette modification subite : des rencontres avec la Fsu, l'Unsa Education et le Sgen CFdt.
L'agenda
Qu'évalue le nouveau livret d’évaluation pour le primaire ?
Publié dans le dernier B.O. le nouveau livret d’évaluation suscite déjà des interrogations. Totalement recentré sur une fonction sommative, il comporte des items qui semblent difficilement évaluables par un simple « oui » ou un « non » comme c’est désormais demandé.
Quelques exemples au CE1 :« S'exprimer clairement à l'oral en utilisant un vocabulaire approprié »; « Lire silencieusement un texte en déchiffrant les mots inconnus et manifester sa compréhension dans un résumé, une reformulation, des réponses à des questions »; « Copier un texte court sans erreur dans une écriture cursive lisible et avec une présentation soignée »; « Identifier la phrase, le verbe, le nom, l’article, l’adjectif qualificatif, le pronom personnel (sujet) »; « Orthographier correctement des formes conjuguées, respecter l’accord entre le sujet et le verbe, ainsi que les accords en genre et en nombre dans le groupe nominal »; « Résoudre des problèmes relevant de l’addition, de la soustraction et de la multiplication »; « Résoudre des problèmes de longueur et de masse »; Appliquer les codes de la politesse dans ses relations avec ses camarades, avec les adultes à l'école et hors de l'école, avec le maître au sein de la classe ». Comment répondre par "oui" ou "non" à ces questions ?
Au CM2 est-il plus facile de répondre par oui ou non à ces items ? « Comprendre les notions de droits et de devoirs, les accepter et les mettre en application »; « Maîtrise des connaissances dans divers domaines scientifiques et les mobiliser dans des contextes scientifiques différents (sic) et dans des activités de la vie courante - Le ciel et la Terre (oui ou non) - La matière (oui ou non) - L’énergie (oui ou non); « Distinguer les grandes catégories de la création artistique (littérature, musique, danse, théâtre, cinéma, dessin, peinture, sculpture, architecture) »; « Pratiquer le dessin et diverses formes d’expressions visuelles et plastiques ».
Le Café souhaite bon courage aux inspecteurs, conseillers pédagogiques et formateurs qui vont tenter dans les prochains mois de travailler avec des enseignants sur la thématique de l’évaluation, en maternelle comme en élémentaire...
Le livret au BO
Quel avenir pour les maîtres des Rased ?
"L'action des 8 000 maîtres spécialisés structurés en Rased va être réinvestie spécifiquement pour intervenir sur les difficultés comportementales et psychologiques des élèves". Dans une lettre adressée à un député des Charentes, Xavier Darcos évoque le sort des maîtres des Rased.
8 000 d'entre eux seraient donc maintenus dans des fonctions spécifiques. Les 3 000 maîtres dont le poste est supprimé seront affectés "au sein de l'aire géographique d'intervention du Rased". Il s'agira de maîtres travaillant en ville car "les Rased des zones rurales éloignées… ne seront qu'exceptionnellement concernés par cette mesure" (de suppression de postes). D'autre part le ministre promet que "la qualifi