Par François Jarraud
« On ne peut plus faire reposer la réussite de l’Ecole sur les seules épaules des chefs d’établissement », écrit sans complexe Ghislaine Matringe en ouverture du dossier. C’est que partout le nouveau management public pousse en avant le rôle du chef d’établissement et particulièrement en direction des enseignants. Dans cette nouvelle optique, il est le leader d’un établissement doté de l’autonomie avec une double mission de leader pédagogique et de manager.
Le cas le plus intéressant est surement celui de la Suède. Le pays a totalement appliqué les thèses du New Public Management. Les parents ont une liberté totale de choix de l’école, assurée par des chèques éducation, y compris dans le privé, ce qui entretient la concurrence. L’établissement ne dépend plus que d’autorités locales qui fixent le curriculum et salarient les personnels. Le Rektor, chef d’établissement, fixe les salaires et licencie les enseignants. L’école centralisée et étatique a été totalement gommée. C’est sans doute le pays qui est allé le plus loin sur cette voie, nous explique la Revue. Mais le rêve a tourné au cauchemar. Les résultats dans PISA se sont dégradés. Le métier de chef d’établissement tout puissant n’attire pas; le chef d’établissement « primus inter pares » est devenu, nous dit avec humour Dan Collberg, l' »ultimus inter superiores ». Le grand chef n’est plus que le dernier des petits chefs de l’administration communale. Il a perdu la noblesse que lui donnait la fonction étatique. Le pays réfléchit à recentraliser et refonctionnariser son système éducatif. |
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