Certains en viennent actuellement à penser que la « refondation » serait un projet ( ‘’sui generis’’ ? ) du ministre de l’Education de l’Education nationale Vincent Peillon dans lequel le président de la République François Hollande ne serait pas engagé ( ne se serait pas engagé ? ). Alors, qui a parlé de « refondation » ? Et en quels termes ?
D’abord Martine Aubry, dès le début des « primaires socialistes » ( alors qu’elle avait pour « référents éducation », dans son équipe de campagne, Bruno Julliard et Claude Lelièvre ) : « une loi-cadre pour refonder l’Ecole de la République ». Dans le même temps François Hollande annonçait sa mesure phare de 60 000 recrutements supplémentaires durant le quinquennat et une « loi de programmation ».
Ensuite François Hollande, lors de la campagne des présidentielles ( alors qu’il avait pour ‘’référents éducation’’, dans son équipe de campagne, Vincent Peillon et – de fait- Jean-Paul Delahaye ).
Extraits de la principale intervention publique de François Hollande sur l’éducation ( à savoir son discours d’Orléans de février 2012 centré sur cette question ). « Je ne suis pas de ceux qui pense qu’il y a eu une école mythique, un âge d’or. Il ne s’agit pas pour moi d’entretenir une nostalgie, de cultiver une illusion qui n’a jamais existé. Et , en même temps je veux une refondation. Pas une restauration : une refondation de l’Ecole [ …]. Chacun le sait : les premières années de scolarité sont déterminantes. Lorsque des difficultés ne sont pas traitées dès les premiers apprentissages, il est très difficile de les corriger ensuite. Certes la France dispose d’écoles maternelles qui nous sont enviées dans le monde entier. Or la maternelle a été attaquée depuis cinq ans, et peut-être davantage. Le taux d’accueil des moins de trois ans est passé de 35% à 13%. La formation initiale et continue, si nécessaire, des enseignants a été supprimée, mise en cause. Et la France compte maintenant un taux d’encadrement dans l’enseignement primaire de 15% inférieur à la moyenne des pays développés. Cette situation a été aggravée, ces dernières années, par une certaine réforme des rythmes scolaires – invention terrible qui consiste à réduire l’années scolaire, ce qui fait que nous avons une année sans équivalent dan aucun autre pays : 140 jours de classe par an ! […].
J’ai donc décidé de faire de l’école maternelle et de l’enseignement primaire une priorité. D’abord le taux de scolarisation chez les enfants de plus de deux ans sera relevé, en priorité dans les zones de grande difficulté scolaire. Pour la maternelle, il y aura obligation d’accueil , pour le service public, à partir de l’âge de trois ans, dans l’enseignement public. Je ferai respecter cette obligation.
L’encadrement scolaire, notamment dans les écoles qui cumulent le plus de difficultés – sociales, familiales, territoriales – aux moments clés de la scolarité, sera là encore renforcé. Et je m’engage sur le principe : plus d’enseignants que de classe […]
Les rythmes scolaires seront réformés, en allongeant le temps sur l’année et en diminuant les surcharges journalières, sans diminuer bien sûr le temps passé à l’école […]. Il existe désormais un socle commun de connaissances et de compétences, inscrit dans la loi. Nous ne reviendrons pas sur ce principe. Et les programmes de l’école primaire et ceux du collège devront, en concertation avec les personnels, être revus afin d’être en cohérence avec ce nouveau socle qui sera lui-même repensé […].
Les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui assurent une formation initiale et continue des professeurs de qualité […]. Donc je rétablirai la formation initiale et continue des professeurs. Les universités auront la responsabilité de cette formation. Les actuels IUFM se transformeront en Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation. Je souhaite que tous les professeurs, quels que soient leurs niveaux de recrutement, partagent un moment de formation commun dans ces écoles supérieures. C’est cela la République ! C‘est l’échange entre la théorie et la pratique, la recherche pédagogique, l’expérience et les niveaux de formation. L’année de stage sera rétablie […].
Depuis longtemps, la France accumule sans cesse des réformes, bouleverse son école. Mais la vision d’ensemble manque, la stratégie n’est pas comprise et les progrès ne sont pas au rendez-vous. Tous les personnels de l’éducation sont fatigués de cette remise en cause permanente, de ces injonctions, de ces dispositifs – chaque fois nouveaux -, de cette accumulation d’obligations sans grand dessein, qui finissent par donner l’impression de n’être là que pour habiller des renoncements et des manques. Voilà pourquoi je fais de la refondation de l’Ecole un engagement devant les Français. On me dit : vous courez un risque. On court toujours des risques ».
Eh bien , comme disait l’autre, engagez–vous, rengagez-vous !
Claude Lelièvre
