Par François Jarraud
Si les disciplines des sciences exactes et de technologie ont été plus rapidement introductrices de ces technologies et en particulier de l’informatique, les autres disciplines ont eu beaucoup plus de difficulté à situer la place prise par le numérique dans leurs programmes. Nous mettrons bien évidemment ici à part les programmes professionnels et techniques des filières de ces domaines. En effet aux antipodes des autres enseignements, les enseignements professionnels et techniques ont parfaitement mis en place le numérique au coeur de leurs enseignement et ce dès le démarrage de « l’envahissement » de l’informatique dans la société. De fait c’est dans le monde professionnel tertiaire et industriel que le numérique a fait son irruption comme technique modifiant la nature du travail et donc les enseignements nécessaires pour y accéder. Les mécaniciens se souviennent tous de l’arrivée des tours à commande numérique et du changement radical que cela a introduit dans les ateliers d’enseignement. Les plus jeunes se sont emparés de cette évolution avec entrain et même plaisir, y voyant un renouveau réel de métiers qui avaient parfois une image de marque un peu désuète et qui, du fait, devenaient à la pointe des évolutions techniques et technologiques.
Du coup le développement des projets autour des réseaux sociaux numériques ressemble à s’y méprendre aux tentatives de développer le travail de groupe antérieur. Même la correspondance scolaire, relayée par les défis internet ou par les échanges entre classe désormais appuyés par les espaces collaboratifs voire même les visioconférences, sont des pratiques de groupe, ou au moins collectives, désormais instrumentées. Mais comment se fait-il que ces pratiques si habituelles dans la sphère amicale sont si peu développées dans les modèles de classe. On objectera que souvent les enseignants le font par eux mêmes et qu’on ne le voit pas. Il suffit pourtant de regarder l’organisation géographique des salles de classe pour se rendre compte qu’elles sont plutôt organisées pour le travail individuel que pour le travail de groupe. Il y a des exceptions en particulier dans l’enseignement technique, des techniques et professionnel pour lesquels l’analogie avec les situations professionnels a amené à ce travail de groupe. Et il y a aussi les « occasions », les « essais », les « audaces », que certains s’autorisent en classe, avec les groupe classe. Car c’est surtout comme cela que le travail de groupe se développe. Quelques échecs cuisants, ou encore quelques remarques désobligeantes de collègues sur le niveau sonore introduit par de telles pratiques ou encore l’apparent désordre de ce type d’activité ont souvent fait reculé certains.
La classe immersive « fait appel à tous les sens pour apprendre : le toucher, la vue, l’ouïe ». Dans cet espace modulable, les murs, le sol, le mobilier sont interactifs. Il y a un TBI et des tablettes bien sur. Mais aussi des tables interactives, un mur relié à une Kinect, un écran de projection en réalité augmentée et bien sur le fameux tapis interactif dont a parlé Sandra.
Avec la classe immersive, les enfants jouent à trier des déchets avec la table interactive. Elle sert aussi à trier des photos pour construire des chronologies. Le tapis interactif permet de jouer de la musique en sautillant ou d’apprendre des mots d’anglais ou de localiser des régions. La Kinect donne la possibilité d’interagir avec ses mais sur des objets virtuels. Le professeur utilise aussi des manuels numériques avec réalité augmentée qui sont projetés sur un mur. Ces usages sont suivis par l’inspection locale mais aussi par les chercheurs de Compas ou du groupe Edugame Lab. Et la classe immersive est prête à accueillir d’autres classes. |
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