Par François Jarraud
Dans l’espace infographie, Véronique, une des membres du jury, nous commente l’épreuve du jour. Les 17 candidats devaient réaliser, en temps limité, une boite d’emballage rectangulaire, avec des dimensions précises et dans un matériau imposé, en la décorant de motifs évoquant des jeux d’enfants figurant dans une base de données fournie. C’est la première année qu’elle occupe cette fonction et elle estime que pour le jury aussi, c’est une épreuve d’endurance. Elle y est venue parce que son apprentie, Prisca, qui vient de finir son Bac pro en alternance, a été sélectionnée pour la région Midi Pyrénées, en raison de la qualité de son travail mais aussi de ses qualités personnelles de dynamisme, de volontarisme et de rapidité.
En art floral, Isabelle est jury pour la région Aquitaine. Formatrice en CFA, elle a été recrutée il y a quelques années et a constamment participé. Selon elle, le niveau des candidats est assez hétérogène. Cela dépend en grande partie de leur âge, estime-t-elle, et aussi de leur maître de stage. La plupart d’entre eux travaillent pour des rayons de grands magasins où les objectifs sont totalement différents de ceux des concours. Il se trouve qu’elle a entraîné Elodie, la candidate d’Aquitaine (qui obtiendra une médaille de bronze) titulaire d’un CAP et d’un Bac pro. Les épreuves ici mêlent imagination et technicité : il fallait entre autres créer un jardin évoquant les volcans, mettre en valeur une production locale, créer un écrin à couteau. Les candidats doivent faire preuve de beaucoup de précision et de confiance en eux. Mais cela n’est pas forcément visible par le grand public qui a souvent une appréciation des compositions florales différente de celle du jury.
Ces jeunes, médaillés d’or des sélections régionales, vivent pendant 3 jours une épreuve d’endurance et de technicité très élevées. Ils viennent de 27 régions, la Martinique participant pour la 1ère fois. Les délégations les plus importantes (où il y a des candidats dans la presque la totalité des métiers) viennent d’Aquitaine, du Nord Pas de Calais, des Pays de la Loire. Les métiers où les candidats sont les plus nombreux (au-delà de 20) sont plutôt des métiers traditionnels (plomberie, installations électriques, peinture) tandis que dans des métiers plus récents (web design, maintenance aéronautique), les groupes sont souvent inférieurs à 10. « De toutes façons, on n’organise pas le concours, sauf exception, s’il n’y a pas de candidats provenant d’au moins 6 régions » explique Laurence Gates, déléguée générale du Cofom, le comité français des Olympiades.
Si le conseil régional d’Auvergne a décidé de s’engager dans cette aventure, c’est parce qu’il investit très fortement dans la formation des jeunes et a besoin de faire vivre un partenariat fort avec les branches professionnelles, de façon à pallier les difficultés d’un territoire rural et le manque de main d’œuvre qualifiée. « Le travail en amont est énorme » affirme Arlette Arnaud Landau. Plus de 7 000 personnes se sont impliquées, avec une mobilisation très importante des missions locales. |
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