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Entre la 6ème et la terminale, le nombre d’élèves licenciés dans une association sportive est divisé par 4 et celui des filles par 5. C’est pour lutter contre ce décrochage sportif que les députés Pascal Deguilhem et Régis Juanico ont présenté le 14 septembre aux ministres Najat Vallaud-Belkacem, Patrick Kanner et Thierry Braillard un rapport que le Café pédagogique s’est procuré. Il envisage une refonte de l’enseignement de l’EPS et des modèles des associations sportives.

Chargés de mission en octobre 2015 par le premier ministre, Pascal Deguilhem et Régis Juanico proposent des modifications substantielles à l’univers sportif et notamment au système éducatif.

Favoriser le continuum sportif

C’est que « pour les enfants et adolescents, le sport, vecteur de respect des autres et des règles, joue un rôle éducatif », soulignent-ils. « À l’école, autant qu’en dehors, les activités physiques et sportives peuvent être un lieu d’épanouissement des élèves, permettant de développer leur confiance en eux et de s’impliquer volontairement dans une activité. Une étude du Centre Hospitalier Régional de Lille montre que la pratique d’une heure d’activité physique quotidienne améliore les capacités de concentration des élèves. Par son impact sur la concentration, la confiance en soi et la motivation à l’école, le sport est un facteur de réussite scolaire », écrivent les auteurs.

L’objectif du rapport c’est de favoriser la poursuite d ela pratique sportive de l’école à l’université alors que la fin de la scolarité est marqué par un décrochage sportif massif. Ainsi la part de licenciés UNSS passe de 39% des élèves en 6ème à 10% en terminale. En université peu est fait pour la pratique sportive. Pour eux les enjeux de santé et d’intégration sociale sont trop important pour laisser faire.

Une Usep dans chaque école

Plusieurs préconisations concernent l’école. Les rapporteurs souhaitent rendre obligatoire la création d’une Usep dans chaque école, alors même qu’ils vantent aussi la proximité actuelle des Usep avec l’école. Ils appellent au respect des 2h45 d’EPS hebdomadaires. Il demandent un équipement des cours de récréation. Surtout ils misent sur le lien avec le périscolaire où 30% des activités sont sportives, pour développer la pratique. Pour cela ils appellent à la création d’un Conseil local chargé de coordonner les différents acteurs.

Réformer l’enseignement de l’EPS au lycée

Mais il y mettent une condition qui est un autre fil du rapport : les activités sportives doivent s’adresser à tous et pour cela il faut rééquilibrer la part de l’animation et celle de la compétition. Il faut aussi que les activités proposées puissent convenir aux publics particuliers et aux filles, ce qui est loin d’être toujours le cas. Il appellent nommément l’UNSS à avancer en ce sens.

Pour préparer la prolongation de la pratique sportive au delà de la scolarité, plusieurs préconisations visent aussi le lycée. Pour les auteurs, « c’est le rôle du lycée, et notamment sur l’année de Tale, d’inscrire les lycéens dans une démarche autonome et responsable de prise en charge de leur vie physique et de leur permettre de construire, avec plaisir et convivialité, un style de vie actif et solidaire. » Pour cela ils préconisent de positionner les épreuves d’EPS en première ce qui permettrait d’offrir en terminale  » une EPS modulaire, avec différents parcours de formation : répondant aux différents besoins et appétences des lycéens ; les armant davantage pour poursuivre une pratique physique de manière autonome ». En échange l’horaire d’EPS en 2de et 1ère passerait à 3 h au lieu de 2h.

Compétition ou animation ?

Tous ces efforts nécessiteront des équipements. Le rapport préconise de les financer en poursuivant le prélèvement effectué sur les gains de la Française des jeux pour équiper de l’école à l’université.

Ces propositions sont aussi une critique forte de l’Unss et du désintérêt fréquent de l’Ecole envers les pratiques sportives. Au moment où le ministère met en avant le Comité olympique, le rapport demande un sport adapté aux envies et besoins des jeunes et moins axé sur la compétition.

François Jarraud

Le rapport