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C’est aujourd’hui, à 15 heures, qu’Edouard Philippe présente le plan de déconfinement du gouvernement devant l’Assemblée nationale. Une partie du plan concerne la réouverture des établissements scolaires. Le premier ministre devra surtout rassurer les parents, les enseignants et les élus locaux sur la sécurité sanitaire des enfants et des personnels. Il devra donc rentrer dans les détails de la reprise. Or bien des points restent à établir. Le premier ministre confirmera t-il les orientations données par JM Blanquer ? Suivra t-il les recommandations du Conseil scientifique ? Quels arbitrages fera t-il ? Suivez cet événement sur le fil Twitter du Café pédagogique en direct à partir de 15 heures.

Ce qui est acquis

Malgré la multiplication des déclarations, du président de la République, du premier ministre et du ministre de l’éducation nationale, bien des points restent à arbitrer sur le redémarrage des écoles. Les récents avis du Conseil scientifiques donnent des orientations que le pouvoir politique peut suivre. Ou pas. Le gouvernement bénéficie aussi de l’expérience des pays étrangers qui ont déjà pris leurs décisions sur la réouverture des écoles. Quel modèle suivra t-il ?

Ce qui semble acquis, c’est la date de début de la réouverture des écoles et établissements : le 11 mai. Mais cela ne veut pas dire que les élèves reprendront les cours ce jour là ni que toutes les écoles rouvriront.

Cela parce que l’autre point acquis c’est que seuls les parents qui le voudront, ou qui ne pourront faire autrement, enverront leur enfant à l’école. Ceux qui souhaiteront garder leur enfant à la maison pourront le faire. Un récent sondage annonce que deux parents sur trois suivront ce dernier avis. Il n’y aura donc pas besoin de rouvrir tous les établissements à partir du 11 mai.

Quel calendrier ?

Tous les autres points restent à établir, à commencer par le calednrier. Le 21 avril, JM Blanquer a présenté un calendrier très précis tout en parlant d’hypothèse. Pour le ministre, les enfants CP et CM2 rentreraient dans la semaine du 11 mai, par groupes de 15 élèves. Le 18 mai rentreraient les 6èmes et 3èmes ainsi que les premières et terminales. Finalement le 25 mai rentreraient tous les autres élèves. Ce calendrier amènerait beaucoup d’élèves très vite dans les écoles avec une progressivité très rapide. Il n’est pas certain que les établissements puissent accueillir tous ces jeunes ne respectant des règles d’espacement.

D’autres pays ont adopté des calendriers moins ambitieux. Ainsi en Belgique , la rentrée sera progressive mais au final chaque classe ne passera que 1 ou 2 jours par semaine à l’école. Certains niveaux, la maternelle par exemple, ne rentreront pas et continueront à suivre l’enseignement à distance.

La reprise sera-t-elle décidée nationalement ou localement ? Le gouvernement semble avoir beaucoup hésité sur ces points. Quel arbitrage final va s’imposer ? Certains départements vont-ils rouvrir avant les autres ?

Quelles conditions d’accueil ?

Les conditions d’accueil sont aussi à fixer. JM BLanquer a annoncé 15 élèves par classe maximum, chiffre sorti d’une étude allemande. Le Conseil scientifique propose des règles d’espacement : un mètre de chaque coté de la table de l’élève. En Belgique, la ministre a décidé que chaque élève aurait droit à 4 m² et chaque professeur à 8m² d’espace propre. Concrètement cela ferait moins de 15 élèves par salle. Le conseil a aussi fixé des règles pourla circulation des élèves. Concrètement cela implique des horaires décalés. Comment les concilier avec les transports scolaires ? La question de la cantine se pose aussi. Faudra t-il que les élèves mangent dans leur salle de classe ? Ou réduire leur présnece à l’école à une demi journée ?

Avec ces questions on est déjà entré sur le terrain des collectivités locales. Ce sont elles aussi qui devront fournir l’équipement nécessaire aux personnels et aux élèves. Que décidera le premier ministre pour les tests, demandés par les syndicats, les masques, les points d’eau et le savon nécessaires à un lavage régulier des mains ?

Les collectivités locales auront-elles à organiser des services périscolaires pour décharger les écoles d’une partie des élèves ? JM BLanquer y a fait allusion avec son service « 2S2C » de sport et culture l’après midi.

Quelle crédibilité ?

Au-delà des choix régaliens qui devront être faits sur l’ampleur de la reprise, le premier ministre devra rassurer les parents, les enseignants et les collectivités locales. La tache sera difficile. Selon un sondage très récent, la grande majorité des français ne souhaite pas la réouverture des écoles le 11 mai. Et une large majorité ne croit pas le gouvernement capable de gérer la crise sanitaire. Jusque là la France se singularise en Europe par un taux de mortalité élevé et le sous équipement de la population et des hopitaux. Le premier ministre pourra t-il apporter des réponses aux attentes ?

La question de la responsabilité des chefs d’établissement, des maires et présidents des conseils départementaux et régionaux est posée. Quelle réponse apportera le premier ministre ? Beaucoup va dépendre de la capacité de l’Etat à fournir des masques, des tests, un appareil médical mis au niveau des besoins du déconfinement. Sans ces engagements précis, sans consignes fermes pour une vraie concertation, on voit mal comment la reprise pourrait se faire dans l’éducation nationale sans ajouter du traumatisme au traumatisme.

François Jarraud

Les hypothèses de JM BLanquer

Les avis du conseil scientifique

Comment la Belgique rouvre les écoles

Une majorité de français contre la réouverture des écoles