Quels sont les effets de la réforme des groupes de niveau-besoin dans les collèges et dans quelles proportions et selon quelles modalités a-t-elle été effectuée ? Le SNES publie les résultats de sa deuxième enquête sur l’application de la réforme et ses effets dans les collèges. Le ministère a annoncé la phase 2 de la Réforme et son élargissement aux classes de 4e et 3e. Selon une enquête du SNES toujours ouverte aux personnels publiée le 19 novembre 2024, ce sont 26% des collèges qui ont mis en place des groupes de niveau, la formule du regroupement par niveau (homogène) n’a donc pas été retenue massivement par les établissements. Le syndicat souligne et alerte sur les effets négatifs de cette réforme. Pour le SNES, la « grande diversité d’organisation […] sonne comme un échec pour le ministère ».
Une mesure de tri rejetée
La mesure-phare de la réforme du Choc des savoirs n’a pas été appliquée dans sa formule présentée par le ministre Gabriel Attal en 2023. Depuis cette présentation, et le rejet de la communauté éducative dans son ensemble, la formule « groupe de besoin » a a été retenue par le ministère. Cependant, le SNES-FSU regrette une progression des formes de tri scolaire (au moins 50 % des collèges), mais « dans au moins 44 % des établissements, le tri n’est pas appliqué dans les établissements. C’est un camouflet pour le ministère. La mobilisation de la profession contre cette réforme, même là où elle n’a pas pu aboutir, a été très soutenue » révèle l’enquête. Le syndicat relève la disparité géographique, qui peut être liée aux positions des DASEN et aux mobilisations locales.
Dans 77% des cas, des groupes hétérogènes mis en place grâce à la mobilisation des personnels
« À la veille de l’Acte 2 de la réforme du « choc des savoirs » , il faut se souvenir que la mobilisation des personnels est souvent efficace, d’autant plus quand elle est collective » écrit le SNES. Le syndicat rappelle les effets de ségrégation sociale de la mesure des groupes de niveau comme la dégradation des conditions de travail qu’elle induit pour les professeurs. Pour le SNES, « cette organisation expose davantage aux pressions hiérarchiques pour prendre en charge les élèves des collègues absent·es, à l’instar ce qui existe dans le premier degré. Certain·es personnels de direction veulent en effet répartir les élèves d’un·e professeur·e de mathématiques ou français absent·e dans les autres regroupements du même niveau. »
Groupes de niveau : moins d’inclusion ?
L’enquête du SNES révèle que dans 37% des collèges qui appliquent des regroupements de niveau homogène, « les élèves relevant de l’École inclusive sont regroupé·es dans le groupe « en difficulté ». « Peut-on encore parler d’école « inclusive » quand on met tous ces élèves dans un groupe à part sur plus d’un tiers de leur emploi du temps ? » demande le SNES.
Groupes de niveau : moins de dédoublements et d’option
La majorité des établissements n’ont pas eu de moyens supplémentaires pour appliquer la réforme. La mise en place des groupes en français et mathématiques a eu des effets sur les autres disciplines, l’enquête révèle que dans 38 à 44% des établissements, des dédoublements ont été supprimés, en langues vivantes, sciences expérimentales. Selon l’enquête du SNES, près d’1 collège sur 10 a réduit ou supprimé des options dont le latin. Qu’attendre de l’acte 2 et de ses effets ou dommages collatéraux dans les collèges ?
Djéhanne Gani
