La réforme du lycée et du bac Blanquer avait renforcé les inégalités sociales et de genre. Elle avait supprimé les mathématiques du tronc commun, réintroduites depuis, entérinant l’échec de cette réforme. Quelles spécialités ont choisies les élèves à la rentrée 2024 ? Les matières scientifiques, les SES, l’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques restent les plus choisies par les élèves. La note de la Depp publiée en mars 2025 « Les choix d’enseignements de spécialité et d’enseignements optionnels à la rentrée » en classe de première et de terminale générale montre que les choix de spécialité restent semblables à ceux de leurs prédécesseurs, toujours marqués par les origines sociales et le genre.
Les spécialités les plus choisies en Terminales : mathématiques, physique-chimie, SES
Les mathématiques (suivies par un peu moins d’un élève sur deux), les SES (34,6%) et la physique-chimie (31,7%) sont les spécialités les plus choisies. En terminale générale, les « doublettes » les plus choisies sont d’abord mathématiques/ physique-chimie (21%), soit l’ancienne filière scientifique, puis HGGSP/ SES (12,9%) et physique-chimie/SVT.
Le ministère relève que « l’abandon de la spécialité mathématiques entre la 1re et la terminale recule, chez les garçons et plus encore chez les filles ». On observe une légère hausse de la part des lycéens de terminale en spécialité mathématiques (+1,1 point), soit 59% : « moins d’élèves qui ont opté pour l’enseignement optionnel mathématiques complémentaires ».
Près de 38 % des élèves ont choisi un des trois enseignements optionnels en classe de terminale : 14 % en « mathématiques expertes », 8 % « droit et grands enjeux du monde contemporain » et 16 % en « mathématiques complémentaires ». Près de la moitié des élèves arrêtent la spécialité « littérature, langues et cultures de l’antiquité » en latin ou en grec (LLCA) entre la classe de première et la terminale.
Des filles sous-représentées en mathématiques
Les filles sont toujours sous-représentées dans les matières scientifiques. Si les garçons ont choisi principalement en 2024 les mathématiques (58%), les sciences physiques (38%), les filles choisissent d’abord les sciences économiques et sociales (37%), puis les mathématiques (34%). Elles sont en revanche surreprésentées dans les enseignements artistiques ou en sciences de la vie et de la Terre (63%).
Les filles choisissent davantage que les garçons les enseignements plus littéraires : elles représentent 82% des inscrits en HLP, 80% en arts plastiques, 71% en LLCER. « Pour les filles, l’enseignement de spécialité le plus choisi est SES (37%), suivi de mathématiques (34%), HGGSP (28%), SVT (27%), physique-chimie (27%) et LLCER (23%) [ …] ; pour les garçons, le trio de tête est mathématiques (58%), physique-chimie (38%) et SES (32%) ».
La Depp note une faible augmentation des filles dans les spécialités scientifiques mais « la part des filles dans chacun des enseignements de spécialité de terminale générale reste globalement stable par rapport aux années précédentes ».
Des inégalités
La note de la Depp souligne le rôle de l’origine sociale dans le choix des spécialités : les élèves d’origine sociale très favorisée sont surreprésentés parmi les élèves ayant choisi en spécialité les « mathématiques » (47 %) ou la « physique-chimie » (46 %). A l’inverse, les élèves d’origine sociale défavorisée sont surreprésentés en LLCA (28 %), en « éducation physique, pratiques et cultures sportives » (27 %), en HLP (26 %) et en LLCER (25 %).
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