« Un traitement indigne et humiliant » pour le syndicat IDFO
La principale a dû se soumettre à une prise d’empreinte et de photo, dénonce l’organisation syndicale. « Idfo dénonce le traitement indigne et humiliant infligé à notre collègue et adhérente principale du collège Auguste Dédé à Rémire-Monjoly en Guyane ». Les parents de l’élève ont porté plainte contre elle suite à la mesure disciplinaire.
« Il est devenu trop fréquent que les personnels de direction soient pris pour cible : attaque verbales, pressions, rumeurs malveillantes, menaces », déplore IDFO dans son communiqué de presse. Il demande l’intégralité des droits pour la protection fonctionnelle, de faire la lumière sur « les responsabilités qui ont conduit au traitement humiliant », d’établir si d’autres cas ont eu lieu.
Des soutiens et réactions politiques
La principale du collège Auguste Dédé a demandé à l’élève de rédiger une lettre de réflexion suite aux propos racistes qu’il aurait tenus : « les Noirs, vous n’êtes bons qu’à être dans les champs de coton ». La famille de l’enfant, venue de l’hexagone, a porté plainte. Le sénateur Georges Patient a apporté son soutien à la principale, estimant que « l’un des parents a choisi d’exercer des pressions inacceptables abusant de sa fonction pour [la] convoquer à la gendarmerie ».
La situation fait réagir la sphère politique, comme le récapitule la 1ereFranceInfo. le 2 octobre, tout en relevant le silence du rectorat et du maire de la commune concernée.
Dans un communiqué relayé par 1ereFranceInfo, « le parquet travaille en lien avec le rectorat afin d’apporter une réponse adaptée qui permettra l’apaisement au sein de la communauté éducative constituée du corps enseignant, des apprenants et des parents d’élèves du collège Auguste Dédé, une mobilisation d’importance tant médiatique que politique ayant pu être observée ».
Une lettre ouverte au Premier ministre du député Jean Victor : « une manifestation de plus de la réalité coloniale que subit la Guyane »
Pour le député de Guyane Jean Victor, la principale est « victime de pression et intimidation […] s’est retrouvée traitée comme une délinquante ». Il « condamne fermement ces propos racistes, cette attitude de menace et cette inversion des responsabilités qui conduisent à humilier une professionnelle respectée en l’exposant à des mesures indignes ». Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre le 1er octobre, il dénonce « une récidive, une manifestation de plus de la réalité coloniale que subit la Guyane ». Il demande « comment accepter que, chez nous, des représentants de l’Etat utilisent leur position pour intimider et renverser la charge, au détriment d’une cheffe d’établissement qui n’a fait que son travail ? »
Gabriel Serville, le président de la collectivité territoriale de Guyane demande une enquête et condamne les propos racistes « qui offensent notre mémoire collective, heurtent la dignité des élèves et bafouent les valeurs qui fondent notre société ».
Le mouvement de décolonisation et d’émancipation social (MDES) déclare dans un communiqué du 1er octobre que « les vagues de racisme et de haine qui se déversent en France n’ont pas leur place en Guyane ». Pour le MDES, « cette affaire n’est pas isolée. Depuis quelques années, nous constatons une recrudescence d’actes racistes commis par des agents de l’Etat venus de France ». il exige une série de mesures, parmi lesquelles « des excuses de l’élève et des parents, des sanctions pénales contre les parents », l’abandon des poursuites contre la principale, et « une enquête pour abus de pouvoir si un parent a utilisé sa position pour obtenir cette convocation ».
Djéhanne Gani
