Des clés pour dispenser l’EVARS
Les journées nationales de l’APBG ont rassemblé davantage d’enseigant.es que les années passées à Paris du 21 au 23 novembre. « La 45ème édition est parrainée par l’INSERM », souligne David Boudeau, président de l’APBG. « Partout dans le monde, la recherche médicale avance. Il apparaît nécessaire de faire le point pour mettre à niveau nos connaissances ».
D’ailleurs des futurs enseignants venus de La Rochelle sont ravis des 3 journées de conférence. « Les intervenants s’inscrivent dans des thématiques des programmes scolaires », se réjouit Jade Salembier, étudiante en Master MEEF. Idem pour Nicolas Massaud, actuellement en stage au lycée. « J’ai beaucoup aimé la conférence sur l’évolution ». Il faut dire que le programme des 3 jours était dense avec 11 conférences. La présence des éditeurs scolaires et des fabricants de matériel de laboratoire en a ravi plus d’un.
Le samedi matin, la conférence sur l’éducation à la sexualité des adolescents tombait à point nommé avec la mise en place de l’EVARS dans les établissements depuis la rentrée. Clémentine Denieuil, professeure de biotechnologie santé-environnement et conseillère en santé sexuelle, a fait sensation dans l’amphithéâtre Binet du centre universitaire des Saints-Pères. La spécialiste a décrypté tout le programme EVARS du collège au lycée.
« Avoir le code civil sur la table »
Pour faire les séances en classe, la conseillère insiste sur l’aspect juridique « pour montrer le cadre réglementaire ». Elle invite carrément à « avoir un code civil sur la table, ceci évite les propos homophobes, transphobes… ». Clémentine Denieuil fait le constat que les professeur.es de SVT sont en première ligne sur ces sujets. « Soit les profs sont des bénévoles, soit ils ont une direction qui est un peu partante. Nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne ! Cependant plus de 9 parents sur 10 sont pour les programmes ».
Lors des séances EVARS, l’enseignante conseille de « ne pas exposer le groupe classe aux questions particulières voire gênantes. Il est préférable de garder les réponses de questions précises qui ne sont pas adaptées pour la fin de l’heure ». La présence de deux enseignant.es en même temps lors des séances est fortement conseillée.
L’idée d’organiser une journée de la santé chaque année fait consensus pour proposer différents ateliers. « Les intervenants doivent être agréés Education nationale. Ce sont des associations qui sont en fonctionnement depuis au moins 2 ans », souligne Clémentine Denieuil. Pour le consentement, la spécialiste renvoie aussi vers la célèbre vidéo de la tasse de thé. « Une formule à retenir : alcool + oui = non ! » L’intervenant conseille aussi les ateliers du CRIPS.
Un test salivaire pour détecter l’endométriose
Cette conférence sera suivie d’une autre sur l’endométriose et sa détection. Marie Carbonnel, gynécologue obstétricienne, a détaillé le sous-diagnostic de la maladie qui concerne 10% des femmes. « Le cout sociétal de l’endométriose est comparable à celui du diabète de type II ». La maladie systémique inflammatoire, hormonodépendante a été largement illustrée par des documents médicaux. « Le profil est proche d’une maladie auto-immune. Il y a un échappement à l’immunité innée. »
Les enseignant.es apprendront qu’une équipe japonaise a mis en évidence une surreprésentation de Fusobacterium dans les lésions d’endométriose. « C’est une hypothèse intéressante. Cette infection pourrait être l’allumette chez une patiente qui a un risque génétique ».
Les enseignant.es ont aussi découvert pour beaucoup le test salivaire Ziwig qui permet de « détecter la signature micro RNA. C’est un bon espoir ! », souligne la spécialiste qui conclut « qu’il n’y a pas de traitement curatif de l’endométriose. La seule chose que l’on sait faire aujourd’hui, c’est mettre en aménorrhée avec la contraception continue ». Le site Endo-idf.fr est conseillé comme ressource.
« Si les pigeons racontaient l’évolution : peut-être que le vol serait une innovation majeure ! ».
Le chercheur balaye les méthodes de classifications des espèces vivantes en partant d’Aristote, en passant par Lamarck sans oublier Darwin. « Le problème est que l’on articule l’histoire du vivant autour de notre histoire à nous… », résume-t-il. « En phylogénie, il n’y a que des hypothèses ! ». Les enseignant.es sont invités à distinguer un discours de valeurs des faits. « Si les pigeons racontaient l’évolution : peut-être que le vol serait une innovation majeure ! ».
L’APBG donne désormais rendez-vous en octobre 2026 pour son congrès annuel à Paris.
Julien Cabioch
