Des chiffres préoccupants dès le primaire
Selon l’enquête nationale sur le bien-être des enfants, 16 % des enfants scolarisés en école élémentaire sont des victimes probables de harcèlement. Parallèlement, 18 % présentent des comportements agressifs. « L’agressivité peut être un mécanisme de protection contre leur propre détresse émotionnelle » relève l’étude : près de 6 % cumulent les deux situations, étant à la fois victimes de harcèlement et auteurs de comportements agressifs. « Les filles sont plus souvent identifiées comme des victimes probables de harcèlement et présentent moins souvent des comportements agressifs que les garçons », précise Santé Publique France. Ces résultats confirment que le harcèlement s’installe dès les premières années de scolarité.
Un enjeu majeur de santé publique
Le harcèlement figure parmi les principaux facteurs susceptibles d’avoir des effets durables sur la santé mentale des enfants, avec des répercussions possibles à long terme sur leur bien-être, leur parcours scolaire et leur vie sociale. À ce titre, Santé publique France souligne qu’il s’agit d’un enjeu de santé publique majeur, appelant des réponses précoces et structurées.
Renforcer la prévention, développer les compétences psychosociales
Parmi les recommandations formulées, l’agence insiste sur la nécessité de renforcer la prévention, notamment à travers le développement des compétences psychosociales : empathie, gestion des émotions, coopération, résolution non violente des conflits.
Des vulnérabilités identifiées
L’enquête met également en évidence plusieurs facteurs de vulnérabilité. Les enfants présentant des troubles des apprentissages, ceux bénéficiant d’au moins un dispositif d’accompagnement à la scolarité, nés prématurément, en situation de surpoids ou d’obésité, sont plus fréquemment concernés par des situations de harcèlement, en tant que victimes ou auteurs de comportements agressifs.
Par ailleurs, un antécédent de violence ou d’agression subie – notamment de la part d’une personne âgée de plus de 15 ans – est davantage associé à l’adoption de comportements agressifs chez les enfants.
Enfin, l’enquête souligne le poids des inégalités sociales et familiales. Comparés aux enfants non impliqués dans des situations de harcèlement, ceux qui sont victimes probables ou présentent des comportements agressifs sont plus souvent issus de familles monoparentales, vivent dans des foyers où le parent répondant possède un niveau de diplôme inférieur ou égal au baccalauréat, et déclarent une situation financière perçue comme difficile.
Ces résultats rappellent que le harcèlement scolaire ne peut être dissocié de son contexte social et familial, et qu’il nécessite des politiques publiques articulant prévention, éducation et réduction des inégalités.
Djéhanne Gani
