Des écarts toujours marqués en sciences
À la rentrée 2025, les lycéennes restent particulièrement sous-représentées dans plusieurs disciplines scientifiques. Elles ne représentent que 14,2 % des effectifs en sciences de l’ingénieur et 15 % en sciences informatiques et numériques. Leur présence demeure également limitée en éducation physique (32 %), en mathématiques (41,8 %) et en physique-chimie (47,5 %).
Dans l’enseignement optionnel de « mathématiques expertes », elles ne constituent qu’un tiers des inscrits, alors qu’elles sont majoritaires en « mathématiques complémentaires » (64,1 %).
Globalement, les mathématiques restent la spécialité la plus choisie en terminale (44,8 % des élèves), devant les sciences économiques et sociales (34,9 %) et la physique-chimie (32,9 %).
Des choix d’orientation encore très genrés
À l’inverse, les filles sont nettement majoritaires dans les spécialités littéraires et artistiques. Elles représentent 79,6 % des élèves en arts plastiques et 89,1 % en danse. Elles sont également surreprésentées en humanités, littérature et philosophie (82,2 %) ainsi qu’en littérature, langues et cultures de l’Antiquité (80,2 %). Les sciences de la vie et de la Terre comptent aussi une majorité de filles (64,8 %).
Dans le détail, la spécialité la plus choisie par les lycéennes à la rentrée 2025 est les sciences économiques et sociales (37,1 %), suivie des mathématiques (33,7 %), de l’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (28,7 %), des sciences de la vie (28 %) et de la physique-chimie (27,4 %).
Chez les garçons, les mathématiques dominent largement (58,8 %), devant la physique-chimie (38,9 %) et les sciences économiques et sociales (32 %). Ces tendances évoluent peu par rapport à l’année précédente.
Un objectif de parité d’ici 2030
Face à ce constat, le ministère a lancé en mai dernier le plan « Filles et maths », une « énième annonce sans moyen ni action à la mesure du problème », afin d’encourager les lycéennes à choisir et à conserver la spécialité mathématiques jusqu’en terminale. L’objectif affiché est d’atteindre 50 % de filles dans cette spécialité à l’horizon 2030. La ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, avait appelé les chefs d’établissement et les enseignants à se mobiliser en ce sens.
Le retour en force des mathématiques
Après la suppression des mathématiques du tronc commun en 2019 par le ministre Blanquer, une décision qui avait suscité de vives critiques dans la communauté éducative et politique, la discipline a été réintroduite en première générale sous la forme d’un enseignement obligatoire d’une heure et demie hebdomadaire depuis la rentrée 2023.
Par ailleurs, une épreuve anticipée de mathématiques sera désormais organisée en classe de première générale et technologique. Annoncée en décembre 2023 par l’ancien ministre Gabriel Attal, puis confirmée par sa successeure, cette réforme vise à renforcer le niveau global des élèves en mathématiques au lycée.
Malgré ces ajustements structurels, l’étude montre que les choix d’orientation restent fortement différenciés selon le genre, soulignant l’ampleur des efforts encore nécessaires pour féminiser durablement les filières scientifiques.
Djéhanne Gani
Dans le Café pédagogique
Plan filles / sciences : « Une nième annonce sans aucun moyen ni actions à la mesure du problème »
