Un département « à un point de bascule »
Dans leur communiqué, les syndicats décrivent une situation critique dans le département le plus pauvre de France hexagonale. « Il faut réparer notre école, alors qu’elle ne cesse de s’enfoncer dans une crise majeure », écrivent-ils, estimant que la Seine-Saint-Denis se trouve aujourd’hui « à un point de bascule ».
Les organisations rappellent également la mobilisation de 2024, marquée par « cent jours de grève historique », qui avait permis de mettre en lumière « la réalité d’un abandon structurel » du département. Selon elles, la dissolution de l’Assemblée nationale avait interrompu le mouvement sans répondre aux revendications portées par les personnels.
Des établissements qui « manquent de tout »
L’intersyndicale dénonce un manque chronique de moyens humains dans les établissements du département. « Pendant que l’État parle d’“excellence”, nos établissements manquent de tout », affirment les syndicats, citant notamment le déficit d’enseignants, de remplaçants, de personnels de vie scolaire, de psychologues, de personnels médico-sociaux ou encore d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Les organisations pointent également les perspectives de la rentrée 2026. 67 supression de postes dans le 1er degré, estimation de 25 équivalents temps plein manquant dans le 2d degré.
Un sous-investissement dénoncé
La question budgétaire constitue également un point central des revendications. Selon les syndicats, la dépense publique consacrée à un élève de Seine-Saint-Denis s’élève en moyenne à 6 200 euros par an, contre 8 840 euros au niveau national, soit « un rabais de 30 % sur le dos de nos élèves ». Cette situation se traduit concrètement par des classes surchargées, des absences non remplacées et des difficultés accrues pour la scolarisation des élèves en situation de handicap.
L’exigence d’un plan de rattrapage
Lors de l’audience, l’intersyndicale affirme vouloir défendre « un plan de rattrapage massif » pour l’école publique dans le département. « L’égalité n’est pas une option budgétaire », écrivent les organisations, qui assurent que la Seine-Saint-Denis ne doit pas devenir « le laboratoire du démantèlement de l’école publique ».
Djéhanne Gani
Un établissement sur deux sans infirmière scolaire dans le 93
