Des classes surchargées et 4 suppressions de postes à effectif constant
Suppressions de postes, réduction de moyens ont des effets à l’échelle des établissements, comme au lycée Victor Hugo de Château Gontier où la baisse de la DHG – à effectif constant – génère colère et incompréhension. L’établissement perd 36,5 heures (et connait donc un alourdissement des HSA) alors que les prévisions pour la rentrée 2026 sont de 546 élèves et 40 étudiants de BTS contre 545 élèves et 43 étudiants à la rentrée 2025.
Les représentants des parents et des enseignants élus au Conseil d’administration du lycée Victor Hugo dénoncent cette baisse de moyens et ses effets : des classes toujours trop chargées et suppression de quatre postes d’enseignants. « Cette année, les classes sont à 35 en seconde. On a dû supprimer des dédoublements dans plusieurs disciplines et les groupes en langues vivantes s’alourdissent. On peine à maintenir tous les enseignements et, il y a deux ans, on a déjà dû fermer des options » témoigne Sandrine Rolland-Boutin, professeure d’Histoire-Géographie et option cinéma. Les personnels élus au CA dénoncent la dégradation des conditions de travail, du fait des compléments de service toujours plus nombreux. Une professeure travaille sur 3 établissements différents à plus de 30 km les uns des autres. « Les personnels s’usent et c’est difficile de s’investir dans des projets pédagogiques pourtant porteurs pour les élèves » alerte JP Colas, professeur de SES.
Les représentants des enseignants dénoncent une logique de complexification du travail, qu’induisent les HSA au détriment des postes. A la dégradation des conditions de travail s’ajoute la menace sur les enseignements facultatifs qui s’accroit au cours des dernières années. Pour eux, cette situation les pousse à encore plus d’arbitrages internes, « créateurs de tensions ». L’équipe souligne que leur investissement dans les projets, nombreux dans ce lycée, a souvent un coût humain avec un travail sans rémunération et une usure qui pointe.
Françoise Quentin, professeure de SVT, souligne que le lycée est le seul lycée public d’un secteur rural : « Il se doit de proposer spécialités et options nombreuses, pas uniquement pour son attractivité face au secteur privé mais aussi pour offrir des possibilités variées, un goût de l’expérimentation ou des atouts pour le post-bac ». L’équipe pédagogique souligne le soutien à la mobilisation des familles, conscientes des difficultés : entre autres exemples, l’an dernier, après une seconde dans un autre établissement, une famille n’a pas pu scolariser son enfant en première au lycée, pourtant lycée de secteur, faute de place.
Mobilisation et refus de la résignation
« 35 élèves par classe, c’est beaucoup trop. C’est pour ça que ces suppressions sont incompréhensibles et inacceptables.» Un sentiment d’injustice est perceptible dans la communauté éducative qui n’entend pas se résigner mais « conduire ensemble des actions » : journée de grève, lycée désert, refus de siéger au CA.
Enseignants et vie scolaire étaient majoritairement en grève avec un taux de 83 % de grévistes. Une journée morte a été organisée Ie mardi 28 avril, seule une dizaine d’élèves était présente. Parents et élèves ont partagé un pique-nique sur le parvis, en présence de la presse locale pour se faire entendre. « Nous espérons que cette mobilisation permettra à la Direction académique de prendre la mesure de notre détresse et de notre détermination afin que le lycée retrouve les moyens horaires qu’il n’aurait pas dû perdre » concluent-ils.
La baisse des DHG est une dégradation de l’offre éducative et une détérioration des conditions d’enseignement qui ont des effets réels sur la réussite des élèves, leur orientation, leur avenir. C’est aussi une dégradation des conditions de travail avec des conséquences sur la santé des personnels, leur motivation, le sens du métier. Essentiels aussi, mais qui ne riment pas avec tableau Excel.
Djéhanne Gani
Dans le Café pédagogique
https://www.cafepedagogique.net/2026/03/16/dhg-en-baisse-la-colere-monte-dans-les-etablissements/
