Déroulement
Dans un premier temps, les élèves, en groupes, transforment le texte romanesque en texte théâtral : la réécriture les amène à se confronter à ses résistances et à en livrer une première interprétation qui enrichira les analyses ultérieures.
Les élèves comparent ensuite les différentes recréations, dont une a été en réalité demandée à Mistral AI par l’enseignante. La confrontation s’avère éclairante : les élèves perçoivent rapidement la singularité du texte IA : il « se distingue des autres productions par la longueur des didascalies et la prise de liberté à l’égard du texte original, par le niveau de langue utilisé avec des termes dont ils demandent la signification, et par le découpage en scènes auquel ils n’avaient pas pensé ».
La réécriture IA escamote surtout la portée du texte de l’Abbé Prévost : on n’y perçoit guère « comment l’Abbé Prévost orchestre cette scène autour d’une dissimulation à plusieurs fonds, où la légèreté du ton mondain ne fait que mieux masquer la profondeur des calculs ». Cela va devenir la problématique de la lecture linéaire à venir.
Une ultime séance orchestre un retour réflexif sur l’usage des IA génératives.
Bilan
L’entrée dans la lecture par l’écriture d’appropriation et par l’exploitation de l’IA s’avère particulièrement formatrice. Sabrina Champagne Taochy souligne combien « les élèves ont constaté qu’il faut soi-même maîtriser le sujet pour adopter une posture critique vis-à-vis du texte produit par l’IA et relever les éventuelles erreurs. ». L’enseignante conclut : « C’est en identifiant les incohérences du texte de Mistral IA que la classe a affiné sa compréhension du passage et aiguisé sa perception des enjeux dramaturgiques de la scène. Les élèves ont également pris conscience de leur capacité à corriger l’IA par leur « agentivité forte » et de la nécessaire maîtrise du sujet pour co-créer avec l’IA. »
Jean-Michel Le Baut
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