Des conditions de travail difficiles
Les nombreux articles du Café pédagogique soulignent que beaucoup détablissements restent mal préparés aux fortes chaleurs, avec des salles de classe insuffisamment isolées ou ventilées. Les enseignant.es témoignent de conditions de travail difficiles et d’une baisse de concentration des élèves lorsque les températures dépassent certains seuils. Cette enseignante de collège évoque l’envoi seulement d’ « un mail aux familles de la part de la direction, pour rappel d’évidences (gourde, casquette), ou pour « tenue adaptée « concernant les filles en particulier. Je suis dans une des salles les plus chaudes d’après les élèves (dernier étage, plein sud, bardage métallique, pas de courant d’air possible, fenêtres oscillo-battantes), nous avons l’interdiction d’ouvrir grand le matin avant l’arrivée des élèves pour des raisons de sécurité, nous n’avons pas les clés de déverrouillage« . Ces conditions d’enseignement illustrent la réalité de nombreuses classes.
De leur côté, les collectivités territoriales sont appelées à accélérer les travaux de rénovation thermique des bâtiments scolaires. Il est question de 3 milliards d’euros qui correspondent à l’ensemble des financements mobilisés en faveur de la rénovation du bâti scolaire sur la période 2023-2027. « Ils comprennent, d’une part, les prêts accordés aux collectivités territoriales dans le cadre du programme EduRenov porté par la Banque des territoires et, d’autre part, les dotations de soutien à l’investissement versées aux collectivités au titre du Fonds vert », indique la rue de Grenelle.
Fermetures : « C’est au niveau local que ça se décide »
Quid des consignes ministérielles diffusées lors des alertes météorologiques ? Ces consignes évoquent l’opportunité de fermer certains établissements lorsque les températures deviennent incompatibles avec les apprentissages. Certaines communes ont pris les devants dès ce mercredi 17 juin 2026. « La Ville du Blanc (Indre) ferme toutes les écoles l’après-midi du vendredi 19 et lundi 22 juin », indique Ici Berry. En Tourraine, « Neuillé-Pont-Pierre a d’ores et déjà signalé la fermeture de ses classes les lundi 22 et mardi 23 juin 2026« , écrit La Nouvelle République. Des écoles publiques parisiennes appellent aussi les parents à garder leurs enfants chez eux dans la mesure du possible.
« Le cadre est fixé au niveau national, il est connu, travaillé, anticipé, tout le monde l’a. Ensuite, c’est au niveau local que ça se décide », indique Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale sur France info. L’an dernier plus de 2000 écoles avaient été fermées. Rappelons que le ministère de la Santé indique que les enfants de 2 à 6 ans sont considérés comme vulnérables face à la chaleur, le même ministère précise que « les scolaires » sont classés parmi les populations surexposées.

Quels oraux du bac seront impactés ?
« Dans l’hypothèse où la température dans tel ou tel centre d’examen serait trop importante, nous nous autoriserons localement à décaler de quelques jours ou de quelques heures les épreuves qui se dérouleraient l’après-midi dans des établissements qui seraient trop chauds », indique Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale. Concrètement, les lycéens (et les enseignant.es du jury) convoqués le jour du pic de chaleur (lundi 22 juin) recevront un message ce jeudi ou ce vendredi (avant midi !) pour un report. « Si (et seulement si) des décisions de report sont prises localement, ce sera sous les prochaines 48h. Le cas échéant, effectivement, de nouvelles convocations seront envoyées aux candidats concernés », cadre le ministère. D’autres oraux décalés sont possibles mais la rue de Grenelle reste encore floue sur les journées concernées déléguant la décision localement.
Edouard Geffray n’hésite pas à communiquer sur ses réunions avec les recteurs, type salle de crise, tout en précisant que les décisions se prennent localement… « J’ai réuni l’ensemble des recteurs d’académie pour leur demander de prendre, dès à présent, toutes les dispositions nécessaires afin de protéger nos élèves et nos personnels face à l’épisode de canicule », écrit le ministre sur X. « Notre priorité est claire : anticiper et protéger ». En parallèle de la canicule, le ministre qui n’en finit plus de sa tournée médiatique, soulève un autre sujet (tactique ?), celui de l’interdiction du smartphone au lycée.
A quand des cours d’école végétalisées ?
Certains établissements disposent d’espaces végétalisés, de cours ombragées ou de bâtiments récents, tandis que d’autres subissent de plein fouet les vagues de chaleur. Les initiatives locales sont nombreuses mais loin de gagner encore tous les établissements : végétalisation des cours, désimperméabilisation des sols, création d’îlots de fraîcheur ou réorganisation des emplois du temps. Antoine Maldonado témoignait cette semaine dans nos colonnes de son initiative profs en transition. « La végétalisation des cours d’école, les Cours Oasis en sont le meilleur exemple pour réduire significativement les îlots de chaleur », indique-t-il.
Des parents prennent les devants en Loire-Atlantique. Du côté de Nantes, une pétition vient d’être lancée par des parents d’élèves « pour réclamer des travaux d’isolation thermique (volets, ventilateurs) et des kits canicule dans les écoles. Ils appellent aussi les enseignants à mesurer la température dans les classes », indique Ouest-France. Le sujet n’est pas nouveau. Déjà en 2019, la FCPE demandait une végétalisation des cours d’école à Paris notamment.
Au-delà de la gestion de crise, la nécessité d’une réflexion de long terme sur l’école face au changement climatique devient de plus en plus urgente. La canicule n’est plus considérée comme un événement exceptionnel mais comme une réalité appelée à se répéter. En attendant, la chaleur s’invite pour la fin d’année scolaire des plus jeunes, les oraux de français en 1re, le grand oral du bac et certaines épreuves du DNB.
Djéhanne Gani
