Par François Jarraud
« Le projet de refondation de l’Ecole que nous portons est résolument inscrit dans notre temps« , affirme le ministre de l’éducation nationale. Il s’exprime le 13 décembre, à Paris, devant 300 invités, qui recouvrent les différents acteurs du numérique éducatif, éditeurs, cadres de l’éducation, entrepreneurs, élus territoriaux. Pour V. Peillon, le numérique participe de la refondation de l’Ecole car « il provoque une rupture profonde » dans le système éducatif. « L’Ecole se doit d’accompagner les élèves dans la société numérique, par pour s’y plier mais pour porter ses valeurs et sa mission éducative ». Il s’agit de « porter les valeurs de l’Ecole dans les territoires numériques » à l’image de la devise républicaine inscrite par les Pères fondateurs au fronton des bâtiments scolaires de nos villes.
Pour les élèves, le ministre annonce la mise à disposition par le CNDP de ressources numériques sur les apprentissages fondamentaux dès septembre 2013. Il s’agit notamment de films audiovisuels libres de droit sur l’apprentissage de la lecture, les maths, l’éducation civique etc. En janvier 2013, Eduscol proposera de corrigés du brevet et du bac. Mais la principale offre c’est un service d’accompagnement pour 30 000 élèves de 6ème de l’éducation prioritaire à partir de septembre 2013. Ce service d’accompagnement scolaire proposé par le CNED concernera les maths, le français et l’anglais. Un « référent » encadrera les élèves dans les établissements pour leur utilisation de ce service qui ne devrait donc peut-être pas être accessible hors établissement. Des espaces de travail partagés seront développés sur les ENT. Un service en ligne d’orientation pour les décrocheurs, annoncé il y a quelques jours, sera proposé par l’Onisep dès le début 2013.
Ce doute porté sur la capacité d’évolution de l’Education nationale a été relevé par tous les invités de la table ronde qui a précédé le discours de V. Peillon. Henri Verdier, directeur de Cap Digital, a insisté sur la nécessité « de changer la nature des rapports hiérarchiques pour que le numérique change l’Ecole » et demandé « la réforme du système ». Anne Delannoy, une enseignante documentaliste collaboratrice du Café pédagogique, a insisté sur le fait que « l’innovation ne doit pas redescendre mais être construite et partagée » et souligné la concurrence entre services au sein de l’Education nationale. Henriette Zoughebi vice-présidente de la région Ile-de-France et animatrice du groupe de travail sur le numérique lors de la concertation, appelé « à un vrai partenariat au niveau de la gouvernance générale ». Elle a rappelé que pour rendre possible le changement et par exemple la maintenance des équipements « il faut en donner les moyens aux régions ».
Il y a de vraies réticences chez certains enseignants. Il faut choisir les équipements en concertation avec eux et prévoir les besoins de formation. Mais il y a aussi des freins dans les services municipaux qui doivent prendre en charge la maintenance de nouveaux matériels alors que les effectifs n’augmentent pas et que les budgets ne sont pas extensibles. La solution sera sans doute de mutualiser la maintenance dans l’agglomération et d’intégrer davantage de maintenance en ligne. Certains élus, peu au fait du numérique, peuvent aussi freiner le mouvement.
Sur certains points on va dans le bon sens. Ainsi j’ai pu écrire qu’en France « on ne prenait pas au sérieux » le numérique. Par exemple les questions de maintenance sont réellement prises en compte aux Etats-Unis où un collège ne vas jamais attendre plus de 8 heures pour obtenir une réparation. Les débits sont aussi beaucoup plus élevés que les débits des serveurs pédagogiques français. Quand V Peillon annonce qu’il règle la question de la maintenance c’est une bonne chose. C’est bien aussi quand il parle du très haut débit et qu’il montre qu’il a compris le problème des écoles rurales. Cela va dans le bon sens. La formation aux usages va également dans le bon sens. |
Sur le site du Café
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