Une circulaire, pas encore une loi !
Amusant de constater que la mise en œuvre de cette circulaire est suspendue à une loi qui devrait être votée prochainement (ils espèrent avant la rentrée scolaire prochaine, mais probablement plus tard). Bien sûr on parle d’un « usage raisonné » (https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo28/MENE2519904C ) qui était défini et préfiguré par la Circulaire : du 10-7-2025 ( MENE2519904C ). De plus un Vademecum accompagne la circulaire d’interdiction. Ce Vademecum est à destination des chefs d’établissements qui seront en première ligne (concertation avec les équipes, consultation des Conseils de Vie lycéenne). Il devra aussi servir aux équipes pour tenter de trouver des portes d’entrée pour « éduquer aux médias et à l’information ». Et surtout le Vademecum donne des moyens presque clé en main pour rédiger un règlement intérieur.
Ce texte : un constat d’échec
Les ministres de l’éducation qui, dès le début des années 1980, avaient identifié l’ampleur de la vague informatique rappelée en 1997, n’ont jamais réussi à imposer une réelle place au numérique dans l’Ecole. Alors que la loi de 2005 imposait le B2i et que plusieurs discours incitaient au développement des compétences numériques (PIX, SNT, etc…), le texte publié hier est en fait un constat d’échec. Non l’école n’est pas le moteur des projets de notre société. On peut même constater que, comme nous l’avions observé dès le début des années 2000, c’est dans les familles, dans la rue, dans la société en dehors de l’école, que le numérique a trouvé sa place, pas dans le monde scolaire ! Instruire n’est pas éduquer diront certains ! D’autres diront qu’interdire à l’école fera réfléchir dans les familles, la société etc… Mais il y a un trou noir, voire un gouffre de plus en plus grand entre une conception traditionnelle de la forme scolaire et la « forme sociale ».
La fin du grand écart ?
Chaque établissement va pouvoir décider, mais à nouveau dans un cadre contraint par le politique. Alors que la compétition économique et technologique n’en finit pas de faire des ravages dans nos sociétés, nous sommes incapables de proposer autre chose à nos jeunes que « d’aller voir ailleurs ». Alors que la légitime méfiance et conscience vis à vis d’un emploi non conscient et addictif des moyens numériques (et non pas des écrans !!!) devrait être intégrée au nom du principe de précaution cognitive, le ministère à choisi le repli sur soi. Quant à la filière professionnelle de l’informatique et du numérique elle n’a plus qu’à aller voir ailleurs. Nous pensons ici aux EdTech si souvent vantées lors des salons (Vivatech mais aussi Ludovia ou encore Educatech) qui vont devoir se mettre au diapason de l’injonction (qui n’est plus paradoxale) ministérielle.
A suivre et à débattre à la rentrée dans les établissements scolaires
Bruno Devauchelle
Interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés au lycée
