Le 27 janvier passé, sur France Inter, à 13 h 30, deux invités membres du collectif « pour les littératures en langues régionales à l’école », Marie-Jeanne Verny, professeure émérite en langue et littérature occitanes Université Paul-Valéry Montpellier et Paul Molac, député LIOT du Morbihan, rapporteur d’une loi en faveur des langues régionales, adoptée le 8 avril 2021. Ils étaient invités pour faire le point sur la pétition à l’adresse du Ministre de l’Education Nationale : « Pour une vraie place des littératures en langues régionales dans les programmes scolaires ! » Initiée en avril 2023, elle rassemble à ce jour plus de 16 000 signatures, ce qui est significatif pour une pétition touchant à un sujet pointu et spécifique.
Elle commence par ces termes : « Le patrimoine littéraire français ne se limite pas aux productions écrites en langue française. Depuis des siècles, la création poétique, narrative, théâtrale, argumentative en langues dites « régionales » est abondante et éminemment digne d’intérêt. Or, comme ce fut longtemps le cas de la littérature féminine, tout cet archipel de créations écrites est aujourd’hui largement ignoré par les programmes scolaires de notre pays. Et donc par la majeure partie des Français. »
Signée par la majorité des actrices et acteurs de ces langues, mais aussi par celles et ceux qui pensent que l’enrichissement littéraire et culturel des élèves n’est pas un vain mot, elle a pris un tour nouveau en décembre 2024, quand Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l’Académie française, institution connue jusque-là pour sa froideur, voire son opposition aux langues de France recevait des membres du collectif portant cette pétition. Pour le secrétaire perpétuel le combat devrait être facile à gagner, car, si l’idée d’une langue unificatrice pour faire nation a eu longtemps cours, aujourd’hui, on arrive enfin à comprendre la différence entre langue unique et langue commune.
Il ne s’agit pas de prendre position pour l’enseignement des langues « régionales » mais de se concentrer sur la littérature en langues « régionales ». En ciblant sur la question des programmes de littérature, la cause défendue pourra avancer. A suivre donc, dans un contexte que l’on ne sait pas très favorable aux enrichissements des programmes, surtout en matière de langues « régionales ».
Joan-Miquèu Espinasse
